Cusset | Olivier Letard un pédocriminel multirécidiviste enfin condamné à de la prison

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Présenté par le parquet de Cusset comme « un prédateur qui chasse des gamines », le prévenu condamné
photo d'une adolescente tendant la main pour échapper a l'agression
L’homme de 35 ans, qui s’était fait passer pour un adolescent sur les réseaux sociaux, avait agressé sexuellement une fille de 14 ans dans une forêt de l’Allier où ils s’étaient donné rendez-vous.

La tête basse, les mains jointes, le verbe ampoulé, le prévenu tourne autour du pot. Interrogé par un assesseur du tribunal correctionnel de Cusset, puis par le procureur de la République, l’homme de 35 ans qui comparaissait détenu, jeudi 2 décembre, dans le box du tribunal correctionnel pour répondre des faits d’agression sexuelle imposée à une mineure de moins de 15 ans, reste évasif sur ses motivations.

Pourquoi avoir fait 50 km de voiture pour aller rencontrer une fille de 14 ans dans une forêt proche d’un petit village de l’Allier ? Pourquoi, aussi, avoir engagé avec l’adolescente des discussions sur les réseaux sociaux en se faisant passer pour un jeune de 16 ans ?

Déjà 4 antécédents

Pour le rendez-vous, la jeune Bourbonnaise a pris la précaution de venir avec une copine. L’entrevue tourne court. L’adolescente dira plus tard aux gendarmes que l’homme, d’abord mutique, a tenté de l’embrasser. Puis, devant son refus, il lui a touché les seins et s’est frotté à elle. Des faits niés par le prévenu pendant l’audience.

Pourtant, les antécédents judiciaires de ce trentenaire célibataire laissent peu de doutes quant à ses motivations. Son casier fait état de 4 condamnations pour détention d’images pédo-pornographiques et corruption de mineurs.

Entre 2009 et 2011, il a même eu des relations sexuelles régulières, avec une mineure de 15 ans. Mais il a toujours échappé à la prison, écopant seulement de peines de sursis et d’obligation de soins.

L’attitude du prévenu irrite

Dans le box du tribunal de Cusset, l’attitude du prévenu irrite.

« Il y a chez lui une absence totale d’analyse critique de ses comportements, une absence d’empathie envers ses victimes »,

regrette MeCauro, qui a souligné les conséquences de cette agression pour la jeune fille :

« elle a subi un choc post-traumatique avec une perte de confiance en elle et envers les autres, une baisse des notes dans sa scolarité. »

Le procureur de la République, Éric Neveu, a quant à lui relevé la dangerosité du prévenu.

« C’est un prédateur qui chasse des gamines »,

a-t-il lancé, ajoutant avec dépit que les 8 ans de sursis cumulés prononcés à son encontre n’ont servi à rien.

« Il n’y a aucune garantie qu’il ne reproduise pas les faits. »

Pour Me Benalikhoudja, c’est le système judiciaire qui a failli. Dressant le portrait d’un homme « enfermé dans une solitude affective », l’avocat de la défense a interrogé le tribunal :

« Faut-il rendre une décision d’élimination ou une décision qui va lui tendre la main ? »

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en condamnant Olivier Letard à 5 ans d’emprisonnement avec maintien en détention. Les juges ont également prononcé un suivi socio-judiciaire de 3 ans avec injonction de soins ainsi qu’une interdiction d’exercer, pendant 10 ans, une activité impliquant un contact avec des mineurs. Il sera inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.

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