Chartres | Un couple aux assises pour viols et actes de barbarie sur leurs 4 enfants

Le couple de Chartrains, jugé pour viols et actes de barbarie sur ses quatre enfants, se perd dans ses explications. Cependant, les deux parents semblent heureux d’être de nouveau réunis.

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Illustration – L’écho Républicain

Même s’ils étaient encore leurs tuteurs avant le placement de leurs quatre enfants par les services sociaux, en 2016, le couple de Chartrains a été déchu de ses droits parentaux durant sa détention.

Ils se sont expliqués sur leurs parcours, mais aussi sur la façon dont ils vivaient, avec leurs quatre enfants, avant la révélation des actes qui leur sont reprochés, ce mardi 15 octobre 2019, devant la cour d’assises d’Eure-et-Loir.

La liste est interminable : tortures et actes de barbarie, viols incestueux, agressions sexuelles incestueuses, privation de soins et de nourriture, corruption de mineurs, violences sur mineurs avec incapacité temporaire de travail supérieure à huit jours…

Un insoutenable inventaire à la Prévert dont auraient été victimes leurs deux garçons, de 12 et 14 ans, et leurs deux filles, de 8 et 10 ans.

Une partie de la matinée de mardi, au procès, a été consacrée à l’interrogatoire sur la personnalité de la mère de famille, 34 ans : une petite femme mince, blonde aux yeux bleus, au visage émacié, qui se départit rarement d’un petit sourire.

« C’est vrai que je suis quelqu’un de décalée, faut dire ce qui est », reconnaît-elle lorsque la présidente de la cour d’assises, Jeanne Duye, lui rappelle les flots de grossièretés et d’insultes proférées à l’adresse des éducateurs des services sociaux et des directeurs d’écoles dans lesquelles étaient scolarisés ses quatre enfants.

Loin de l’image de la femme soumise à son mari, qu’elle avait décrite au cours de l’enquête.

Son mari, visage rond, cheveux rares, avec une voix fluette et un léger zozotement, n’est pas en reste.

« Je suis un gros nounours », explique-t-il, tout en reconnaissant être jaloux, bagarreur et impulsif.

Tous deux décrivent une enfance difficile, avec un père autoritaire, parfois violent et « obsédé sexuel » pour elle ; des parents alcooliques et une mère qui l’aurait obligé à lui prodiguer des faveurs sexuelles, pour lui.

Tous deux précisent avoir rejeté les conseils que pouvaient leur prodiguer les services sociaux et les éducateurs :

« On aurait mieux fait de les écouter.

On n’en serait pas là. »

Mais le naturel, semble-t-il, revient au galop.

À une question de Me Xavier Torré, l’avocat des enfants, à laquelle il pensait déjà avoir répondu, le père de famille s’emporte :

« Vous me prenez le chou.

Ce procès commence à me saouler. »

Souvent, les explications du couple font bondir la présidente de la cour d’assises.

« Ce que vous nous racontez est absurde », relève-t-elle lorsque la mère de famille lui explique la raison pour laquelle il n’y avait plus de portes intérieures dans leur appartement chartrain :

« On avait prêté notre appartement à un ami d’enfance de mon mari.

Il a enlevé toutes les portes et il les a mises à la poubelle.

Il ne nous a pas dit pourquoi. »

Un ami d’enfance auquel le mari a d’ailleurs cassé quatre côtes quand il a appris qu’il avait eu « un accident sexuel » avec son épouse.

Le sexe semble d’ailleurs tenir une place importante dans la vie du couple.

Ce qui pousse un expert psychiatre à émettre l’hypothèse « d’une hypersexualité dérivant sur des pratiques incestueuses. »

Détenus tous les deux depuis plus de trois ans, avec l’interdiction d’entrer en contact l’un avec l’autre, ils semblent heureux d’être de nouveau réunis, durant le procès.

L’accusé se fend d’une déclaration d’amour à son épouse, qui au passage a demandé le divorce avant le procès, assurant qu’il était prêt à lui faire un enfant « pour repartir d’un nouveau pied à notre sortie de prison ».

Aujourd’hui, les enfants vont témoigner en visio-conférence, pour ne pas être face à leurs parents.

Sans doute un moment charnière de ce procès hors-normes, qui fait dire à Me Xavier Torré, à la sortie de l’audience :

« C’est un voyage au bout de l’horreur. »

Source : L’écho Républicain

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