Calvisson | Condamné à 9 ans par la Cour d’Assises pour viols et agressions sexuelles sur sa belle-soeur

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Jugé 14 ans après le dépôt de plainte de la jeune femme
La partie civile avait fait appel d’un non-lieu. Quatorze ans après le dépôt de plainte d’une toute jeune femme, pour des faits de viol et d’agressions sexuelle sur mineure à Calvisson, l’accusé était jugé ce vendredi 10 avril par la cour d’assises du Gard.

Citée en qualité de témoin, la demi-sœur de la victime est revenue sur les sévices infligés par François Grau. 42 ans aujourd’hui, par sa soeur, non sans manifester ses regrets.

Des faits qu’elle a volontairement ignorés il y a plus de 15 ans.

« Ce n’est pas son procès dont il est question, mais peut être sa vie », lance Hugo Ferri, avocat de la victime, face à sa sœur qui savait, mais qui n’a rien dit.

« Qu’est-ce que vous vouliez que je fasse ? », lance la sœur de la victime et ex-compagne de l’accusé, François Grau.

C’est dans le cadre d’une affaire concernant des viols incestueux que cette femme témoigne devant la cour d’assises du Gard.

Sa sœur, assise à quelques pas d’elle, dit avoir été victime d’attouchements et de viols de la part de son beau-frère, de ses 14 à ses 17 ans.

Période pendant laquelle l’enfant, élevée dans des foyers et des familles d’accueil, a été accueillie par sa demi-sœur et son conjoint de l’époque ; l’accusé.

« J’ai rien vu ou entendu lorsqu’elle vivait chez moi », explique la demi-sœur de la victime.

Pourtant, elle reconnaît à la barre avoir eu connaissance des agissements de son compagnon.

« J’avais des doutes, mais j’avais peur », explique-t-elle.

« J’ai rien fait à cette époque-là et je regrette », dit-elle, secouée d’un sanglot.

Interrogée par les forces de l’ordre au moment des faits, elle a défendu son conjoint, remettant en doute les paroles de sa demi-sœur, qui s’est pourtant confiée à elle sur les agissements de son beau-frère, dès 2009.

Dans une lettre soumise au juge d’instruction en 2019, elle explique même que son conjoint lui aurait demandé d’atténuer des actes dont il se serait rendu responsable, sans toutefois les reconnaître face à elle.

« Il m’a préparé pendant toute la nuit avant mon interrogatoire par les gendarmes », explique le témoin.

La main roulante sur une balle anti-stress, la victime tente tant bien que mal de retenir ses larmes. Ne souhaitant pas briser le couple de sa sœur avec son bourreau et étant menacée par ce dernier d’être renvoyée en foyer, elle s’est donc tue.

« Je leur ai dit (…) qu’ils allaient avoir des soucis »

Citée par la défense, la sœur de l’accusé s’est aussi exprimée à la barre, non sans avoir des propos tranchés concernant la personnalité de la victime.

« Je leur ai dit que s’ils prenaient cette gamine, ils allaient avoir des soucis », raconte-t-elle crûment.

Elle s’est ensuite adonnée à dépeindre une image très défavorable de la jeune adolescente, aujourd’hui mère de trois enfants.

« Elle est désinvolte, manipulatrice, elle n’écoute rien », dit-elle, soulignant que le couple l’appelait régulièrement à l’aide pour gérer l’enfant.

Aujourd’hui retraitée, la sœur de l’accusé a tenté de dédouaner son frère en décrivant la victime comme une aguicheuse :

« Elle était toujours en short, vraiment très très court. »

Des propos qui semblent contraster avec ceux portés par la sœur de la victime, réfutant qu’elle ait eu des comportements séducteurs auprès de son compagnon.

« Elle était pas du tout rebelle, elle était gentille », ajoute la sœur de la victime, avec tristesse.

Les témoins ont ensuite défilé à la barre, tantôt pour dédouaner l’accusé, tantôt pour soutenir la victime. De quoi éclairer les débats des sept jurés et des trois magistrats de la cour quant à la réalité de ces viols, toujours contestés par François Grau.

L’instruction va se poursuivre dans la matinée, avec notamment l’audition des parties civiles et l’interrogatoire de l’accusé sur ces faits. De quoi désépaissir le brouillard qui plane toujours après une journée d’audience.

Source 1

Comparaissant libre devant la cour d’assises du Gard, François Grau, 42 ans, été conduit derrière les barreaux pour une durée de 9 ans à l’issue de son procès pour le viol de sa belle-sœur, mineure lors des faits.

« Il disait que quoi qu’il arrive, je ne suis qu’un enfant de la Dass, donc personne ne me croirait ».

C’est ce que rapporte la victime à la barre du palais de justice lorsqu’elle est interrogée sur les faits qu’elle dénonce et les menaces qui lui auraient été susurrées à l’oreille.

Son bourreau, François Grau, comparaît depuis jeudi devant la cour d’assises du Gard, présidée par Maryline Aristide.

Le quadragénaire est accusé d’avoir agressé sexuellement et violé sa belle-sœur, lorsque cette enfant, issue des foyers, habitait chez lui et sa compagne de l’époque.

Cette seconde journée a notamment été l’occasion de confronter les versions dissonantes de l’accusé et de la victime.

« Il disait qu’il nous aimait toutes les deux, que ce n’était pas de sa faute », raconte la victime, aujourd’hui âgée d’une trentaine d’années.

Décrivant ce qu’elle a vécu, elle ne parvient pas à refouler ses larmes. Scènes de caresses intimes, puis de pénétrations avec les doigts puis le sexe, la trentenaire peine à raconter l’horreur qu’elle soutient avoir subie.

C’est par le biais d’un journal intime tenu à la période des faits que l’adolescente a pu se confier.

« Il m’a violée (…), je faisais semblant de dormir », y a-t-elle écrit entre deux descriptions de journées festives à la piscine.

Une nouvelle fois, elle est accusée d’avoir menti, voire d’avoir voulu créer des preuves a posteriori.

« Moi aussi, je peux écrire n’importe quoi », rétorque l’accusé aux côtés de son avocat.

Pressions et menaces

Malgré l’apparente somnolence de l’enfant, l’accusé aurait poursuivi dans ses gestes jusqu’à ce qu’elle feigne de se réveiller en sursaut. Le tout, en lui chuchotant que si elle parlait, elle serait renvoyée au foyer.

« Je faisais semblant de me réveiller d’un cauchemar », explique la victime, qui relate que l’homme retournait alors vaquer à ses occupations.

« J’avais peur de sa réaction », dit-elle lorsqu’elle est interrogée sur son absence de réaction sur le moment.

La jeune victime a donc subi en silence de ses 14 à ses 17 ans. Une horreur qui a pris fin lorsqu’elle a pris la décision de fuguer, plus tard, de porter plainte, en juillet 2011.

« C’est un tissu de mensonges et de vengeance », se défend le prévenu, debout face à la cour.

Se décrivant comme un cadre structurant dans la vie de cette enfant « difficile », François Grau réfute toutes les accusations portées à son encontre. Une nouvelle fois en salissant l’image de l’enfant qui l’a un jour considéré comme sa figure masculine de référence.

« Vous ne la connaissez pas », dit l’homme avec amertume, en réponse à une question d’un assesseur sur les raisons de l’état de détresse affiché sur le visage de la trentenaire, installée derrière son conseil, un mouchoir humide en main.

« Elle n’est pas juste une victime, elle doit se défendre d’être une menteuse, une aguicheuse, une affabulatrice… », dit maître Hugo Ferri, avocat de la partie civile dans ce dossier, aux côtés de la victime, qu’il suit depuis 13 ans.

Rejoignant son contradicteur, maître Jérôme Arnal, intervenant pour la défense de François G., a souligné que « c’est un dossier parole contre parole, mais les pleurs ne valent pas condamnation ».

Témoin d’un dossier sans preuves, basé sur des vérités contradictoires. Insistant d’abord sur la longueur de la procédure, l’avocate générale lance à la cour :

« Votre délibéré devra vous conduire à rendre symboliquement à la victime son adolescence. »

Puis le couperet tombe : le ministère public requiert 8 ans à l’encontre de l’accusé, avec mandat de dépôt.

À l’issue d’un peu plus de deux heures de délibéré, le verdict est tombé. Prison immédiate. À la majorité des voix, la Cour a répondu favorablement à toutes les questions posées lors de ce procès de l’inceste.

En conséquence, François Grau a été déclaré coupable de l’intégralité des faits qui lui étaient reprochés et condamné à 9 ans d’emprisonnement ferme, avec mandat de dépôt.

Un verdict sévère au vu de l’ancienneté des faits et du manque de preuves à son encontre. Arrivé libre le matin même, le quadragénaire, jusqu’ici dépourvu de casier judiciaire, a été escorté par les forces de l’ordre à la maison d’arrêt de Nîmes.

Questionné sur un éventuel appel, maître Jérôme Arnal se dit y être favorable.

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