Armentières | Un frère condamné à une petite peine de prison pour les viols de sa sœur

non

Des faits de viols qui ont été correctionnalisés en agressions sexuelles…
Mercredi, un Fort-Mardyckois comparaissait devant le tribunal de Dunkerque pour atteintes sexuelles sur mineure. En 2005, à Armentières, il a violé sa jeune sœur de 8 ans.

« Je n’ai dérapé que deux fois »

Une petite phrase dure à entendre par la victime quand on sait que le prévenu parle ainsi de viols sur sa petite sœur de 8 ans. Les faits remontent au printemps 2005.

Suite à la séparation de leurs parents, M. vit chez son père, et Clara (1) chez sa mère. A l’occasion des vacances scolaires de février, Clara va chez son père, à Armentières, pour une semaine. Elle n’a alors que 8 ans et son frère en a 20. Il embrasse sa sœur sur la bouche, la déshabille et la viole.

« Si tu en parles ; je te referai la même chose », lui lance-t-il.

Ce n’est qu’en mars 2013 que Clara révélera les faits. Elle avait alors 15 ans et elle s’est confiée à un professeur après un cours où ont été abordées les relations sexuelles. Ce jour là, et aussi le jour où elle dépose plainte au commissariat de Douai, elle évoque un deuxième épisode similaire :

« Aux vacances de Pâques, il a recommencé, dans le canapé… »

En garde à vue, le prévenu a reconnu le premier viol. Pour le second, il déclarait :

« Je pense que mes pulsions m’obligeaient à faire comme la première fois (…) Je n’ai dérapé que deux fois. »

Deux fois de trop pour une victime qui, adolescente, a fait plusieurs tentatives de suicide et qui présente toujours des signes de détresse psychologique. Une victime qui, à la barre, entend de la bouche de son frère qu’à l’époque des faits il était amoureux d’elle, et qui, en même temps, qualifie de « mascarade », la procédure qui l’a amené jusqu’au banc des accusés.

Devant les juges, M., aujourd’hui âgé de 37 ans, a montré le visage d’un homme qui vit dans le déni et qui souffre d’une grande solitude sociale et sexuelle.

Le tribunal l’a condamné à une peine d’emprisonnement de 4 ans, dont 2 ferme.

(1) Le prénom a été modifié pour protéger l’anonymat de la victime.

 

Depuis une loi votée en mars 2004, la correctionnalisation des viols est devenue légale. Elle permet à une chambre correctionnelle de juger un violeur qui relève normalement de la Cour d’assises, puisqu’il a commis un crime.

Le crime de viol est alors correctionnalisé en délit d’agression sexuelle ou d’atteinte sexuelle sur mineur. C’est ce qui a eu lieu pour les faits jugés ce mercredi au tribunal correctionnel de Dunkerque.

La correctionnalisation permet, en principe, de raccourcir et simplifier la procédure. Ce ne fut pas le cas ici puisque l’affaire n’est arrivée devant le tribunal que plus de 9 ans après le dépôt de plainte du 26 mars 2013 !

« C’est regrettable. Ce délai n’est pas tolérable », a reconnu mercredi le ministère public en évoquant cette longue procédure.

Source(s):