Ancenis | Le gendarme téléchargeait des images pédoporno

oui

Pédocriminel En liberté

“Il prenait en photo sa belle-fille quand elle dormait”
Un ancien gendarme du Peloton motorisé d’Ancenis a été condamné par le tribunal correctionnel de Nantes pour « détention d’images pédophiles ». Il avait été piégé par sa compagne.

Cette mère de famille de Mésanger avait eu des doutes sur son compagnon après que sa fille de 15 ans, née d’une première union, ait révélé les « agressions sexuelles » de celui-ci. L’homme l’aurait « prise en photo pendant qu’elle dormait » en « soulevant sa couette au niveau de ses jambes ». Elle se souvient d’un « flash » dans la nuit alors qu’elle était « peu habillée ».

Ces premiers faits avaient donné lieu à un « signalement du collège » de l’adolescente.

La mère de la collégienne était venue porter plainte le 10 mai 2024 à la gendarmerie d’Ancenis.

Sur le « compte Google » de son compagnon, qui était encore en poste au moment des faits mais qui a depuis été mis « à la retraite » par la gendarmerie nationale, elle avait découvert une quinzaine d’images pédocriminelles de filles âgées de 10 à 12 ans.

Cet homme de 54 ans se connectait pour cela sur l’ordinateur de sa compagne : il avait « jeté » le sien « à la déchetterie » après les premières accusations de sa belle-fille.

Dans ces conditions, les enquêteurs avaient donc « exhumé la procédure pour agression sexuelle » de sa belle-fille, a recontextualisé la présidente du tribunal. L’adolescente avait aussi révélé que son beau-père lui aurait « caressé le mollet en remontant la cuisse », un soir, alors qu’elle faisait une « crise d’angoisse ». Il l’aurait aussi « embrassée contre son gré ».

La présence de son téléphone « en mode caméra » au sol des « vestiaires de la piscine » municipale, un jour qu’il l’accompagnait, l’avait aussi intriguée.

« Elle a toujours été une enfant perturbée : elle consultait un psy avant-même que je connaisse sa mère », s’est défendu le prévenu, qui ne nie pas les faits, mais qui juge qu’ils ont été « mal interprétés » par sa belle-fille. « Sa mère voit ces images sur mon appareil, mais elle a continué d’avoir des relations avec moi », a-t-il fait observer.

Sa compagne le piège en ligne

Reste que la mère de la collégienne était revenue à la gendarmerie d’Ancenis le 21 mai 2024, moins de deux semaines plus tard. Elle s’était entre-temps connectée sous un faux nom sur un site de rencontres pour « échanger » avec son compagnon.

« Elle va vous piéger et se rendre compte que vous êtes intéressé par les jeunes filles »

, a résumé la présidente du tribunal à l’attention de ce père de cinq enfants.

« J’aime les jeunettes »

, avait-il confié en ligne.

C’est dans ces conditions que les gendarmes avaient passé au peigne fin ses « comptes Google » et « Apple » : on y voyait des « fillettes de 5 à 15 ans » faire « des fellations à des adultes » ou encore « des bébés de 1 mois ».

« Je me fais gerber »

Placé une première fois en garde à vue le 31 mai 2024, puis une seconde le 14 janvier 2025, le gendarme avait expliqué avoir voulu « mettre un peu de piment dans sa vie sexuelle », qu’il trouvait « monotone » avec sa compagne rencontrée cinq ans plus tôt.

« Je me fais gerber. Je salis l’uniforme que je portais, mon nom et celui de ma famille », avait-il lâché.

Mais il s’est inscrit en ligne :

« pour avoir d’autres relations » avec des femmes ou des hommes

, a-t-il précisé au tribunal. `

Il n’a « pas du tout » le sentiment d’appartenir à un réseau pédocriminel, comme le lui a demandé la magistrate.

« C’était juste de la curiosité mal placée, exclusivement virtuelle. C’est la bêtise de ma vie. »

« Vous êtes bien conscient que vous encourez une peine de prison et un suivi socio-judiciaire ? » a insisté la présidente du tribunal. « Le fait que vous soyiez gendarme a dû interpeller les enquêteurs. »

Cet ancien agent de police judiciaire jusqu’alors inconnu de la justice – qui travaille à présent comme « chauffeur poids lourds » – a admis avoir « dévié », mais a certifié qu’on « ne le reverra plus pour ce type de faits » en justice.

« Et pour d’autres non plus. »

18 mois de prison avec sursis requis

Le procureur de la République avait relevé pour sa part que l’intéressé avait lui-même dit, en garde à vue, avoir été « exclu à deux ou trois reprises par les modérateurs » du site après avoir « échangé des photos de mineurs ».

« Je payais ou j’attendais quelques semaines pour revenir »

, avait alors expliqué le gendarme.

Le représentant du ministère public, qui n’était « pas sûr » que l’homme ait « pleinement conscience » des « préjudices considérables » qu’il a pu causer, avait donc requis 18 mois de prison avec sursis probatoire au vu de la « dangerosité » de ce prévenu et du « risque évident de réitération » des faits.

« Quand sa femme le teste sur le site, il tombe dans le panneau »

, avait relevé le magistrat.

La présidente avait pour sa part fait remarquer au prévenu que son métier de l’époque était « presque une circonstance aggravante ».

« C’est un homme qui a dédié son existence à l’aide à nos concitoyens », avait plaidé en défense son avocat, Me Stéphane Marché. « Il est toujours un bon père de famille », avait-il ajouté avant de souligner les « problèmes de santé assez importants » de ce client qui souffre d’une « cardiopathie assez sévère ».

Condamné à trois ans de prison avec sursis

Le tribunal a finalement prononcé trois ans de prison avec sursis probatoire à son encontre : pendant deux ans, il sera obligé de suivre des soins. Il aura aussi interdiction définitive d’exercer toute activité auprès de mineurs et son nom a été inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).

Le prévenu devra enfin verser 500 € à son ex-compagne pour son « préjudice moral » : elle a perdu des photos et vidéos personnelles « d’une valeur sentimentale inestimable » avec son ordinateur. Mais l’appareil et son disque dur lui seront « restitués » après avoir été « expurgés » des images téléchargées par son ancien compagnon.

Source(s):