Ancenis | Le gendarme téléchargeait des images pédoporno
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
oui
Pédocriminel En liberté
- 09/04/2026
- 12:48
Cette mère de famille de Mésanger avait eu des doutes sur son compagnon après que sa fille de 15 ans, née d’une première union, ait révélé les « agressions sexuelles » de celui-ci. L’homme l’aurait « prise en photo pendant qu’elle dormait » en « soulevant sa couette au niveau de ses jambes ». Elle se souvient d’un « flash » dans la nuit alors qu’elle était « peu habillée ».
Ces premiers faits avaient donné lieu à un « signalement du collège » de l’adolescente.
La mère de la collégienne était venue porter plainte le 10 mai 2024 à la gendarmerie d’Ancenis.
Sur le « compte Google » de son compagnon, qui était encore en poste au moment des faits mais qui a depuis été mis « à la retraite » par la gendarmerie nationale, elle avait découvert une quinzaine d’images pédocriminelles de filles âgées de 10 à 12 ans.
Cet homme de 54 ans se connectait pour cela sur l’ordinateur de sa compagne : il avait « jeté » le sien « à la déchetterie » après les premières accusations de sa belle-fille.
Dans ces conditions, les enquêteurs avaient donc « exhumé la procédure pour agression sexuelle » de sa belle-fille, a recontextualisé la présidente du tribunal. L’adolescente avait aussi révélé que son beau-père lui aurait « caressé le mollet en remontant la cuisse », un soir, alors qu’elle faisait une « crise d’angoisse ». Il l’aurait aussi « embrassée contre son gré ».
La présence de son téléphone « en mode caméra » au sol des « vestiaires de la piscine » municipale, un jour qu’il l’accompagnait, l’avait aussi intriguée.
« Elle a toujours été une enfant perturbée : elle consultait un psy avant-même que je connaisse sa mère », s’est défendu le prévenu, qui ne nie pas les faits, mais qui juge qu’ils ont été « mal interprétés » par sa belle-fille. « Sa mère voit ces images sur mon appareil, mais elle a continué d’avoir des relations avec moi », a-t-il fait observer.
Sa compagne le piège en ligne
Reste que la mère de la collégienne était revenue à la gendarmerie d’Ancenis le 21 mai 2024, moins de deux semaines plus tard. Elle s’était entre-temps connectée sous un faux nom sur un site de rencontres pour « échanger » avec son compagnon.
« Elle va vous piéger et se rendre compte que vous êtes intéressé par les jeunes filles »
, a résumé la présidente du tribunal à l’attention de ce père de cinq enfants.
« J’aime les jeunettes »
, avait-il confié en ligne.
C’est dans ces conditions que les gendarmes avaient passé au peigne fin ses « comptes Google » et « Apple » : on y voyait des « fillettes de 5 à 15 ans » faire « des fellations à des adultes » ou encore « des bébés de 1 mois ».
« Je me fais gerber »
Placé une première fois en garde à vue le 31 mai 2024, puis une seconde le 14 janvier 2025, le gendarme avait expliqué avoir voulu « mettre un peu de piment dans sa vie sexuelle », qu’il trouvait « monotone » avec sa compagne rencontrée cinq ans plus tôt.
« Je me fais gerber. Je salis l’uniforme que je portais, mon nom et celui de ma famille », avait-il lâché.
Mais il s’est inscrit en ligne :
« pour avoir d’autres relations » avec des femmes ou des hommes
, a-t-il précisé au tribunal. `
Il n’a « pas du tout » le sentiment d’appartenir à un réseau pédocriminel, comme le lui a demandé la magistrate.
« C’était juste de la curiosité mal placée, exclusivement virtuelle. C’est la bêtise de ma vie. »
« Vous êtes bien conscient que vous encourez une peine de prison et un suivi socio-judiciaire ? » a insisté la présidente du tribunal. « Le fait que vous soyiez gendarme a dû interpeller les enquêteurs. »
Cet ancien agent de police judiciaire jusqu’alors inconnu de la justice – qui travaille à présent comme « chauffeur poids lourds » – a admis avoir « dévié », mais a certifié qu’on « ne le reverra plus pour ce type de faits » en justice.
« Et pour d’autres non plus. »
18 mois de prison avec sursis requis
Le procureur de la République avait relevé pour sa part que l’intéressé avait lui-même dit, en garde à vue, avoir été « exclu à deux ou trois reprises par les modérateurs » du site après avoir « échangé des photos de mineurs ».
« Je payais ou j’attendais quelques semaines pour revenir »
, avait alors expliqué le gendarme.
Le représentant du ministère public, qui n’était « pas sûr » que l’homme ait « pleinement conscience » des « préjudices considérables » qu’il a pu causer, avait donc requis 18 mois de prison avec sursis probatoire au vu de la « dangerosité » de ce prévenu et du « risque évident de réitération » des faits.
« Quand sa femme le teste sur le site, il tombe dans le panneau »
, avait relevé le magistrat.
La présidente avait pour sa part fait remarquer au prévenu que son métier de l’époque était « presque une circonstance aggravante ».
« C’est un homme qui a dédié son existence à l’aide à nos concitoyens », avait plaidé en défense son avocat, Me Stéphane Marché. « Il est toujours un bon père de famille », avait-il ajouté avant de souligner les « problèmes de santé assez importants » de ce client qui souffre d’une « cardiopathie assez sévère ».
Condamné à trois ans de prison avec sursis
Le tribunal a finalement prononcé trois ans de prison avec sursis probatoire à son encontre : pendant deux ans, il sera obligé de suivre des soins. Il aura aussi interdiction définitive d’exercer toute activité auprès de mineurs et son nom a été inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS).
Le prévenu devra enfin verser 500 € à son ex-compagne pour son « préjudice moral » : elle a perdu des photos et vidéos personnelles « d’une valeur sentimentale inestimable » avec son ordinateur. Mais l’appareil et son disque dur lui seront « restitués » après avoir été « expurgés » des images téléchargées par son ancien compagnon.
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