Jonzac | Chirurgien accusé de viols et agressions sexuelles sur des patients mineurs

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Joël Le Scouarnec, soupçonné de centaines d’abus sexuels sur mineurs pendant 30 ans de carrière
un medecin flouté derriere son bureau
Le docteur Thierry Bonvalot, psychiatre, avait alerté dès 2006 sur la dangerosité du chirurgien, Joël Le Scouarnec qui avait déjà été condamné pour détention d’images à caractère pédopornographique. À ce jour, les enquêteurs ont identifié 349 autres victimes potentielles.

Un psychiatre de l’hôpital de Quimperlé avait alerté dès 2006 sur la « dangerosité » de Joël Le Scouarnec, le « chirurgien de Jonzac » suspecté de viols et agressions sexuelles sur des patients mineurs durant près de trente ans de carrière.

« Je me demande comment j’aurais pu être plus convaincant sur ce que je percevais de la dangerosité de Le Scouarnec »,

a déclaré à l’AFP le docteur Thierry Bonvalot, confirmant une information de franceinfo et la cellule investigation de Radio France.

« C’est un souvenir qui m’a accompagné pendant des années »,

a-t-il ajouté.

« Des propos complètement déconnants »

En 2006, ce psychiatre, alors président de la commission médicale d’établissement de l’hôpital de Quimperlé (Finistère), avait appris la condamnation de Joël Le Scouarnec pour détention d’images à caractère pédopornographique « par quelqu’un de proche du dossier ».

Quelques mois plus tard, Joël Le Scouarnec « avait tenu des propos complètement déconnants » quand il avait défendu un radiologue visé par des plaintes de patientes, selon Thierry Bonvalot.

« Cela m’a fait penser que cette personne était un type pervers »,

a-t-il expliqué.

Puis, le médecin « avait filé à l’anglaise sans voir la famille » après un « problème avec un enfant qu’il a opéré », a décrit le Dr Bonvalot.

Un courrier daté du 14 juin 2006

Le psychiatre dit alors avoir fait part de ses craintes au directeur de l’hôpital.

« J’ai mis par écrit ce qui était possible sans que je me retrouve moi-même au tribunal pour diffamation »,

a-t-il indiqué.

Dans un courrier au directeur, daté du 14 juin 2006 et publié par franceinfo, le Dr Bonvalot dit s’interroger :

« quant à la capacité du Dr Le Scouarnec à conserver toute sa sérénité lorsqu’il intervient auprès de jeunes patients ».

« Le directeur ne m’a pas informé des suites qu’il donnait à ce signalement »,

a précisé M. Bonvalot.

Intervention auprès du maire

Il dit en avoir ensuite parlé à Daniel Le Bras, à l’époque maire de Quimperlé et anesthésiste à l’hôpital, qui lui aurait assuré que M. Le Scouarnec serait accompagné lors des consultations de patients mineurs.

« Une mesure ni possible ni suffisante »,

selon le Dr Bonvalot.

« Je n’étais pas au courant qu’il y avait un problème »,

a de son côté affirmé mardi Daniel Le Bras dans le quotidien breton « Le Télégramme », se disant « très occupé à l’époque ».

Interrogée, la direction de l’hôpital n’a pas souhaité faire de commentaires. L’Ordre des médecins du Finistère et le parquet de Lorient n’ont pas donné suite.

En mars devant la cour d’assises de la Charente-Maritime

Soupçonné de centaines d’abus sexuels sur mineurs pendant trente ans de carrière, Joël Le Scouarnec, 69 ans, doit comparaître les 13, 16 et 17 mars devant la cour d’assises de la Charente-Maritime à Saintes dans un premier volet.

Une seconde procédure est en cours à Lorient.

À ce jour, les enquêteurs ont identifié 349 autres victimes potentielles du chirurgien dont 246 avaient porté plainte au 11 février, selon le parquet.

L’enquête porte également sur les informations dont sa hiérarchie et les autorités administratives pouvaient disposer après sa condamnation par le tribunal correctionnel en novembre 2005.

Le Dr Bonvalot a précisé avoir été convoqué « il y a quelques mois » à la gendarmerie pour apporter son témoignage dans cette affaire.

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