Villeurbanne | Le gérant d’une salle de sport condamné pour viol sur sa fille de 12 ans

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Un homme condamné à 12 ans de réclusion pour le viol de sa fille
Un homme de 49 ans a été condamné lundi 1er février à 12 ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Lyon, qui l’a jugé coupable de viol et d’agression sexuelle de sa fille aînée entre 2016 et 2017.

La victime, sa fille aînée aujourd’hui âgée de 16 ans, a évoqué une dizaine d’agressions incestueuses entre 2016 et 2017. La cour d’assises de Lyon a également prononcé le retrait de l’autorité parentale et une peine complémentaire de 5 ans de suivi socio-judiciaire, avec injonction de soins et interdiction professionnelle de contact avec des mineurs.

Ce père de 2 enfants a abusé de sa fille à l’époque où elle entrait au collège. Elle était alors âgée de 12 ans.

Aujourd’hui âgée de 16 ans, l’adolescente a décrit à la barre un processus progressif. D’abord des incitations à se baigner nue, dans la piscine d’un ami de son père, puis des caresses de plus en plus insistantes, et enfin plusieurs actes sexuels complets. La victime a évoqué une dizaine d’agressions incestueuses.

« À chaque fois, j’étais sidérée, je ne comprenais absolument pas ce qui se passait »,

a témoigné la jeune fille, expliquant la souffrance subie, physique tout autant que morale, alors qu’elle était prisonnière d’un système maintenu dans le secret familial.

Emprise

C’est une camarade de classe qui l’a poussée à se confier à une psychologue, avant qu’elle ne parvienne à déposer plainte en avril 2019. Elle avait alors 14 ans.

Selon les experts, le père a présenté des failles narcissiques anciennes et importantes, qu’il aurait voulu combler en utilisant sa fille comme objet sexuel.

Gérant de salle de sport à Villeurbanne (Rhône), l’homme a multiplié les relations sentimentales à l’époque où il abusait de sa fille.

« Une confusion indifférenciée », a pointé Xavier Renaud, expert psychologue. Selon lui, le père a imposé

« une posture totalitaire, idéologique et identitaire »,

en précisant que le mis en cause

« est dans un naufrage interne permanent, mais il emmène ses proches avec lui. Il a décidé qu’il ne souffrirait pas seul ».

Le psychologue et le psychiatre Jean Cantérino ont décrit le mécanisme de l’inceste. L’emprise de l’adulte provoque la distorsion de la relation, place l’enfant dans la culpabilité, et même dans une forme pervertie de demande affective.

« Un enfant peut être actif de quelque chose qui le détruit »,

a rappelé M. Renaud.

Carences affectives

« La parole se libère et c’est tant mieux, mais est-ce que nos oreilles sont prêtes à entendre tout ça »,

a interrogé l’avocate de la victime et de sa mère Catherine Bourgade.

« Ces affaires sont extrêmement nombreuses, ce qui se tolérait il y a cinquante ans ne passe plus aujourd’hui, la société a heureusement évolué »,

ont admis les avocats de la défense Florence Vincent et Hervé Banbanaste, faisant allusion aux récents livres de Vanessa Springora et Camille Kouchner.

Ces derniers ont insisté sur les carences affectives de l’accusé.

« Les fondations étaient tellement fragiles, l’édifice ne pouvait que s’effondrer. Pour en arriver là, il ne faut pas aller bien »,

a expliqué Me Banbanaste.

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