Lanquetot | Un récidiviste prend 5 ans ferme pour agression sexuelle sur une mineure handicapée
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
- 10/03/2018
- 00:00
Catégories :
Mots clés :
L’homme de Gonfreville-l’Orcher qui avait écopé de la réclusion criminelle à perpétuité dans les années 80 a récidivé sur une jeune femme qui ne peut ni parler ni se mouvoir.
Parce qu’il avait tué et tenté de violer une femme en 1982, Jean-Jacques L. P. avait été condamné en 1984 à la réclusion criminelle à perpétuité. La justice l’a malgré tout libéré des années plus tard. Et il n’était guère guéri.
Il a agressé sexuellement une jeune femme très lourdement handicapée, en mars 2017.
À maintes reprises, l’homme de 62 ans originaire de Gonfreville-l’Orcher assure ne pas comprendre son geste.
Pourtant, il offre lui-même des réponses aux juges du tribunal correctionnel du Havre.
« Si elle n’était pas handicapée, c’est vrai que je ne l’aurais pas touchée, a-t-il avoué en garde à vue.
Sinon elle aurait pu parler. »
Jean-Jacques L. P. a mentionné avoir « envie de toucher les seins des femmes dans la rue ».
Là, il passe sa pulsion sur la victime née en 1998 qui ne peut ni parler ni bouger.
L’après-midi du 4 mars 2017, il a remarqué que celle qu’il considère « comme [s]a petite-fille est devenue une petite femme ».
Parce qu’elle « a des formes ».
Le soir, à Lanquetot, on fête en famille l’anniversaire de la grand-mère.
Jean-Jacques L. P. a d’abord été le beau-frère de celle-ci, puis son concubin au décès de son mari.
Puisqu’il n’a pas de voiture, il dort sur place.
D’autant que de l’alcool a été bu pendant la soirée.
Au cours de la nuit, la grand-mère se relève.
Elle voit la porte de la chambre de sa petite-fille entrouverte.
Cela l’étonne ; elle approche. Jean-Jacques L. P. est là, penché sur le lit médicalisé, touchant les seins de la victime.
Son haut de pyjama a été remonté ; le bas est baissé.
« Tu n’as rien à faire là ! », intervient la grand-mère.
Elle s’occupe de sa petite-fille réveillée, puis de l’homme.
Aux policiers, elle rapporte qu’« il est déjà connu pour ça ».
Jean-Jacques L. P. parle aux juges de la correctionnelle d’un « étranglement » sur sa précédente victime.
« Vous avez été condamné pour tentative de viol », lui répète la présidente.
« Pardon ?
Ah, oui. Je n’ai pas pu montrer qu’on avait des relations sexuelles en temps normal », pense bon de préciser le prévenu.
L’expert-psychiatre le déclare totalement responsable de ses actes.
Surtout, il existe « une dangerosité criminologique majeure ».
Entre perversité et psychopathie.
« C’est un tableau très sombre », résume la présidente.
« Mhh », marmonne l’intéressé dans sa longue barbiche taillée en pointe.
La plupart du temps, sa voix est inaudible du tribunal.
Sauf quand il promet d’essayer de comprendre.
« Je ne peux pas m’expliquer, mais j’y travaille. »
« Avec le psychiatre, on cherche ce qui a déclenché. »
« On essaye de progresser dans ce sens-là pour savoir pourquoi. »
Jean-Jacques L. P. dit avoir eu « une envie spontanée » en passant devant la chambre de la victime après un passage aux toilettes.
Au sein de la famille, ça n’a été qu’une demi-surprise.
L’expert parle d’un « climat incestueux ».
Une tante de la jeune femme a même déclaré « ne pas être du tout surprise ».
Elle a subi la perversité de l’homme de Gonfreville-l’Orcher durant son enfance, par une pénétration digitale et une tentative de pénétration sexuelle.
Deux autres femmes mentionnent avoir été « touchées ».
Jean-Jacques L. P. lève les sourcils :
« Je n’ai pas souvenir. »
Toujours dans sa barbiche, il dit « avoir regretté devant le psychiatre ».
La présidente ne s’en satisfait pas :
« Dommage qu’on ne l’entende pas cet après-midi, à l’audience. »
Jean-Jacques L. P. :
« Bah non, je l’ai vu ce matin. »
Il pense que la présidente fait allusion à son psychiatre, et non à ses regrets bel et bien peu formulés à l’audience.
« C’est une grande misère, une grande tristesse.
Pour elle déjà, finit-il par lâcher.
Je les ai trahis. »
La défense rappelle que son client « est un être humain. Il n’est pas né comme ça… »
Les juges prononcent cinq ans de prison ferme.
Le parquet avait requis le maximum légal, soit sept années.
« Je ne vois pas d’autre solution », avait insisté le procureur.
Les juges l’ont trouvée.
Source : Paris-Normandie
Source(s):