Charleville-Mézières | Le tortionnaire de la petite Loana prend 30 ans ferme
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 18/09/2026
- 20:50
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Troisième et dernier jour d’un procès longuement attendu, et particulièrement éprouvant, à Charleville-Mézières (Ardennes). Après un rapide délibéré de deux heures, l’arrêt de la cour d’assises reconnaît la culpabilité de Jean-Baptiste M.
L’accusé est condamné à une peine de prison de 30 ans, assortie d’une période de sûreté de 20 ans. Le ministère public avait demandé une sanction plus lourde (la prison à vie). L’une ou l’autre des peines est significative pour Jean-Baptiste M., désormais âgé de 60 ans.
L’avocate de la défense, Pauline Vidal, a déclaré à France 3 Champagne-Ardenne qu’”on ne peut pas se satisfaire d’une peine aussi lourde. Bien sûr, elle était attendue; et bien sûr, elle est normale.” Elle ajoute que son client, Jean-Baptiste M., ne fera pas appel. Évitant une nouvelle tourmente à la famille de Loana.
“Ce qui me satisfait, au cours des débats de ce procès, c’est que j’ai l’impression qu’on a parlé autant de Loana – on ne l’a pas oubliée – que de [l’accusé]. De de ce qu’il a vécu, de tout ce qu’il a vécu pendant 57 ans, avant les faits. Ça, cela nous satisfait. Car j’ai l’impression qu’on n’a pas oublié, malgré l’horreur, que ça a été aussi un être humain.”
Bien que la perpétuité incompréhensible a été évitée, ce n’est pas un motif de réjouissance pour l’avocate. “Pour lui, ça ne changera pas grand-chose. Mais cette peine [de 30 ans d’emprisonnement] me paraît plus conforme au dossier et à [sa] personnalité.”
Des témoignages sordides
Du côté des parties civiles, Peggy Creton, la tante de l’infortunée Loana, confie son soulagement.
“On est très satisfait du jugement. Même le papa [de Loana]. On a très grand espoir que [Jean-Baptiste M.] ne fasse pas appel. Qu’il ne ressorte plus de prison, surtout.” Elle est très émue. Les trois jours d’audience étaient “très intenses”.
“À l’intérieur [de moi-même], je bouillonnais. Par respect pour la cour, et pour ma soeur et Loana, je ne devais pas intervenir ou faire ressortir ma colère. On va essayer de reprendre une vie à peu près normale… Même si on n’oubliera jamais tout ce qui s’est passé. On va pouvoir commencer à faire vraiment notre deuil. Peut-être que d’ici un an ou deux, on arrivera à passer le cap. Malgré la date-anniversaire, qui chaque fois revient.”
Tout au long de la semaine, la famille de Loana, 10 ans a pu entendre les pires horreurs concernant le destin atroce de la petite fille. Les experts (légiste notamment) ont apporté beaucoup de précisions macabres.
Le suspect, Jean-Baptiste M. (57 ans lors des faits), a d’abord reconnu des faits d’une exceptionnelle gravité : viol (y compris post-mortem) de Loana et son meurtre violent alors qu’elle tentait de s’échapper. Les sévices ont donc été terribles.
Le jury avait besoin de connaître toute la vérité pour se prononcer. Et la famille, pour faire son deuil.
L’avocate générale, Marlène Borde, a requis la perpétuité incompressible pour le suspect. Théoriquement, aucun aménagement de peine ne serait possible, et l’accusé devrait attendre 30 années avant de pouvoir formuler la moindre demande (il aurait alors pas loin de 90 ans).
Ce réquisitoire a été formulé eu égard au contexte atroce et violent des faits, aux atermoiements et contradictions de l’accusé, au fait qu’il a voulu cacher le corps et nettoyé une partie de la scène de crime, avant de vaquer à ses occupations.
Aucun mot de compassion pour la victime
La culpabilité et la peine ont été officiellement prononcées à l’issue du délibéré. On pouvait s’attendre à ce qu’il soit extrêmement sévère au vu des faits survenus rue Saint-Michel, à Sedan (Ardennes), en octobre 2023 (voir le lieu du crime sur la carte ci-dessous).
Au cours de la deuxième journée de procès, malgré ses aveux, l’accusé n’a prononcé aucun mot à l’égard de sa jeune victime. L’un des avocats des parties civiles, maître Mathias Darmon, représentant l’association Innocence en danger contre les violences perpétrées sur les enfants, a déclaré amèrement à Sébastien Valente, journaliste de France 3 Champagne-Ardenne, qu’il s’agit d’”une chosification de cette jeune fille”.
“C’est ce qui ressort parfois dans des dossiers similaires, où la petite fille est totalement déshumanisée. C’est en cela que le crime est absolument abject.”
Le matin du crime, le 17 octobre 2023, Loana avait acheté des bonbons et participé au cross de son collège.
La psyché de l’accusé a également été décortiquée par les experts. On le décrit comme “un être impulsif, très peu élaboré psychiquement”, “immature et profondément carencé”, “narcissique et borderline sur le plan clinique avec une incapacité d’introspection”.
L’enfance du suspect avait été explorée, rappelant qu’il était issu d’une fratrie de douze, avec un père violent et une mère alcoolique, a rappelé l’avocate de la défense Pauline Vidal, parlant non pas d’un “monstre” mais de quelqu’un qui a “commis un acte monstrueux”, appelant à le juger “comme un être humain”.
La cour d’assises a délivré son arrêt dès 12h30, ce mercredi 9 septembre. Il était très attendu par la famille de Loana, éprouvée par cette épreuve judiciaire attendue pendant trois années.
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