Cherbourg | Quatre ans de suivi socio judiciaire pour un accroc à la pédopornographie

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Pédocriminel En liberté

Il envoie des photos de sa nièce à des inconnus en échange d’images de filles dénudées
Mardi 8 septembre 2026, un Cherbourgeois de 44 ans était jugé par le tribunal correctionnel pour détention d’images pédopornographiques, et condamné à un suivi socio-judiciaire.

Jugé mardi 8 septembre 2026 dans la matinée par le tribunal correctionnel de Cherbourg pour une affaire datant d’il y a quatre ans, le prévenu reste penaud à la barre. Un délai qui s’explique par… la perte d’une partie du dossier « papier » retraçant la procédure, et sa difficile recomposition. Mais toutes les parties sont d’accord pour que le procès se tienne enfin.

Tout commence par un signalement de l‘Office central pour la répression de la traite des êtres humains (OCRTEH), qui surveille notamment les échanges informatiques. Identifié, un Cherbourgeois de 44 ans, habitant chez ses parents, est interpellé le 18 mai 2022.

Face aux enquêteurs, il reconnaît échanger des images à caractère pédocriminel.

« Vous avez conscience que derrière ces photos et vidéos, il y a des enfants qui sont exploités, qui subissent des attouchements, des agressions sexuelles, qui sont violés !? », l’interroge la présidente du tribunal.

Oui, il en est conscient et « honteux ».

Au fil de l’enquête, des photos de sa nièce de 15 ans (à l’époque) sont découvertes parmi les images échangées.

Précision importante : il s’agit de clichés pris dans le cadre familial, elle est donc habillée… Mais il les envoie par internet à des inconnus pour obtenir en échange des images de filles dénudées avec, entre autres,

« Des enfants de 8 ans, voire 7 ans, estime la juge. Il n’arrête qu’à partir du moment où un interlocuteur lui fait du chantage pour réclamer davantage de clichés de sa nièce ».

La mère de cette dernière, la sœur du prévenu donc, reçoit des informations sur ses dérives perverses et notamment sur une vidéo de lui en train de se masturber.

Elle met fin à leurs relations et en parle avec sa fille : s’il ne l’a jamais touchée, selon l’adolescente, « il avait des regards étranges » envers elle.

« Dans des échanges sur les réseaux sociaux, ajoute la présidente, il a affirmé qu’il voulait voir sa nièce dans un gang bang… »

Une expertise psychiatrique datant du 24 juillet 2023 brosse un portrait peu flatteur du prévenu :

« Des difficultés scolaires et d’insertion, un homme à l’intelligence limitée, très angoissé mais qui ne présente pas de troubles psychiques, une tendance pédomane avérée et une possible altération du discernement ».

Lors de ce rendez-vous, il confie d’ailleurs continuer à regarder des photos et vidéos pédocriminelles une à deux fois par semaine.

Mais après une nouvelle convocation, il a tout arrêté et a remplacé cette addiction par une autre : « Les jeux vidéo trois à quatre heures par jour, et je fais du sport dans une salle aussi. L’attirance, ce n’est pas qu’elle n’existe plus, c’est que j’ai peur des conséquences… ».

Et surtout de se retrouver avec d’autres détenus derrière des barreaux.

La substitut du procureur et l’avocat du prévenu s’accordent à dire qu’il faut qu’il soit cadré, avec un suivi socio-judiciaire strict.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en condamnant le quadragénaire à 4 ans de suivi socio-judiciaire, avec une peine de 12 mois de prison en cas de non-respect de cette mesure, une injonction de soins et une obligation de travail.

Il lui est interdit de nouer des relations ou de pratiquer toute activité en lien avec des mineurs, y compris bien sûr pour un éventuel travail.

Son nom est désormais inscrit au FIJAISV, le Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.

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