Brée-les-Bains | Un sexagénaire prend 18 ans pour viol et agression sexuelle sur mineurs
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 18/09/2026
- 21:18
Il n’y a plus deux, mais quatre victimes sur les bancs des parties civiles, ce mardi 8 septembre, devant la cour criminelle départementale de Charente-Maritime, basée à Saintes. « Ben », un habitant de La Brée-les-Bains, âgé de 57 ans, y répond de viols et d’agressions sexuelles commis de 1991 à 2016 sur de jeunes garçons. Combien ? Une bonne dizaine de noms ont été cités.
Il puisait ses proies auprès de ceux qui lui tendaient la main. L’homme, qui reconnaît les faits, a bénéficié de l’aveuglement de ses proches.
Un double coup de théâtre a marqué la fin de la première journée d’audience, lundi. Deux neveux de « Ben », cités comme témoins, ont crevé la chape de plomb familiale en décidant, à la barre, de se porter partie civile.
L’un témoigne de plusieurs séances de masturbation alors qu’il avait 11 ou 12 ans. Son frère évoque des premiers attouchements alors qu’il n’avait que 3 ans, une fellation à 5 ans, et d’autres actes ignobles à l’aube de l’adolescence.
Vies abîmées
Ce mardi, ils sont donc assis sur le banc des victimes, au milieu des deux trentenaires qui ont courageusement exposé leur calvaire, la veille. L’un a subi les assauts du pédophile pendant quatre ans, de 11 à 15 ans, alors que sa mère, faussement en couple avec le prédateur, le laissait dormir dans son lit. L’autre a aussi encaissé des viols quotidiens pendant deux étés et une année scolaire, à La Brée-Les-Bains et Paris, vers 12 ans.
Deux affaires portent sur des viols incestueux et des agressions sexuelles, une troisième concerne un viol commis sur mineur, une quatrième pour viol et agression sexuelle. Le cinquième se penchera sur des violences d’un fils sur ses parents, grièvement blessés
Leurs avocates montrent des photos des victimes, à cet âge-là.
« Ça veut dire des cauchemars en permanence, des toxicomanies qui se développent, une perte de confiance, d’estime de soi, du décrochage scolaire. Toutes les sphères de la vie sont abîmées », pointe Me Claire Priou, le conseil du premier.
Me Anne-Laure Blouin, qui soutient le deuxième, retient la transformation de son client, qui a semblé libéré par sa prise de parole.
« Toile d’acceptation »
En détention provisoire depuis mai 2023, « Ben » a reconnu sa pédophilie. À l’audience, il a fini par admettre que ces relations ne pouvaient être consenties de la part des enfants. Son avocate souligne ses regrets, même s’ils sont maladroitement formulés.
« Il y a probablement quelque chose dans son passé qui explique ce qu’il est devenu. Oui, on peut le qualifier de prédateur. Mais il n’est pas que ce monstre. Il est autre chose. »
Me Nathalie Arnoult fustige aussi le climat familial qui a tissé une « toile d’acceptation » alors que ses penchants étaient connus de ses proches.
« Tout le monde a fermé les yeux dans une culture infernale du secret. »
« Moi-même, en lisant ce dossier, je suis extrêmement étonné de voir que des parents acceptent qu’un adulte partage le lit de son enfant. Mais il ne faut pas se tromper de cible. Ce ne sont pas eux qui ont corrompu cinq enfants », veut corriger l’avocat général, Nicolas Petriat.
Les faits sont passibles de 20 ans de réclusion. Il requiert une peine de 18 ans. C’est le quantum adopté par la cour criminelle, qui l’assortit d’une obligation de suivi sociojudiciaire et l’interdiction de paraître sur l’île d’Oléron.
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