Mulhouse | Il comparaissait devant le tribunal judiciaire pour détention et consultation d’images et vidéos pédocriminelles.

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Les enquêteurs ont découvert près de 11 000 fichiers illicites accumulés pendant plus de 20 ans.
Haut-Rhin -France : Signalé en 2022 par une plateforme d’hébergement de fichiers, un Haut-Rhinois de 31 ans comparaissait ce mercredi 13 mai devant le tribunal judiciaire de Mulhouse pour détention et consultation répétée d’images et vidéos pédocriminelles.

L’affaire débute en septembre 2022, lorsqu’un signalement est transmis aux autorités par la société DStorage, spécialisée dans l’hébergement et le contrôle de fichiers en ligne. Sur sa plateforme, les modérateurs détectent des contenus à caractère pédocriminel stockés par l’un de leurs utilisateurs. L’enquête permet rapidement de remonter jusqu’à une adresse IP liée au domicile familial du prévenu, où il réside toujours aujourd’hui.

« J’ai commencé à regarder des images pornographiques avant même mon entrée au collège, vers 8 ou 9 ans. »

À la barre du tribunal judiciaire de Mulhouse, mercredi 13 mai, le prévenu, âgé de 31 ans, peine à expliquer l’origine de cette addiction ancienne.

Lors de la perquisition, les enquêteurs saisissent plusieurs ordinateurs et disques durs contenant près de 11 000 fichiers illicites, dont environ 10 000 images et 1 000 vidéos. Une partie des contenus provenait du dark web. Certains mettaient en scène des mineurs victimes de viols et d’agressions sexuelles. 

À l’audience, le trentenaire reconnaît les faits.

« Je regardais ces fichiers quotidiennement jusqu’en 2022. À l’époque, je ne mesurais pas réellement la gravité de ce que je faisais », déclare ce développeur informatique, sans antécédent judiciaire.

Les investigations révèlent une organisation méthodique des fichiers : dossiers classés, mots-clés explicites dans l’historique de navigation, et deux disques durs de 512 Go entièrement dédiés à ces contenus.

Une expertise qui en dit long

Membre d’un club de gymnastique où il côtoie des mineurs, le prévenu nie toute attirance envers eux :

« Mon plaisir, c’est de les voir progresser. Je n’ai jamais eu de passage à l’acte. » 

L’expertise psychiatrique met en évidence un trouble de la personnalité ainsi qu’un léger trouble du spectre autistique. Selon l’expert, cette exposition précoce à la pornographie « a altéré sa construction psychique ». 

Depuis deux ans, le prévenu est suivi psychologiquement et affirme avoir cessé toute consultation de contenus illicites.

Pour la procureure Stéphanie Fernandes, « derrière chaque image se cache un enfant victime de violences extrêmes ». Elle requiert 15 mois d’emprisonnement, dont 12 assortis d’un sursis probatoire, ainsi qu’une obligation de soins

Le tribunal a finalement condamné le prévenu à 12 mois d’emprisonnement intégralement assortis d’un sursis probatoire de trois ans, avec obligation de soins et de travail, ainsi qu’à une interdiction définitive d’exercer toute activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs.

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