Meaux | Un père incestueux récidiviste prend quatre ans

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L’homme était toujours sous le coup d’un suivi sociojudiciaire.
Déjà condamné en 2019 à sept ans de prison pour l’agression sexuelle de sa fille cadette mineure, ce quinquagénaire de Meaux (Seine-et-Marne) a été jugé, ce 6 mai 2026, après la plainte de sa fille aînée âgée de 29 ans.

« Cet homme n’a pas beaucoup de chance. Il a mis au monde deux filles qui sont des menteuses » : Me Jean-Louis Granata a pris le parti de l’ironie au moment de prendre la parole pour sa cliente, ce mercredi 6 mai, devant le tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne).

Dans le box : un habitant de Meaux, âgé de 50 ans, jugé pour agression sexuelle incestueuse  et pour harcèlement sexuel . Des infractions que le quinquagénaire, déjà condamné en 2019 pour des actes incestueux sur sa fille cadette, a niées du bout des lèvres. Sans expliquer pourquoi il serait victime d’une dénonciation mensongère.

L’avocat de Tatiana (le prénom a été modifié) – qui a préféré quitter la salle d’audience au début du procès – est revenu sur le déroulé de la soirée du 8 mars 2026 :

« A 29 ans, parce qu’elle est une menteuse, elle a donc décidé de prendre le taxi et de quitter le domicile de sa grand-mère à Meaux, à 22h25, pour se réfugier à Trilport. Et toujours parce qu’elle est une menteuse, elle a décidé de solliciter la police municipale, pour leur raconter qu’elle venait de se faire agresser ».

« Pourquoi serait-elle devenue malveillante ? »

La jeune femme avait expliqué aux policiers que son père, habitué – selon elle – à se masturber en sa présence, l’avait poussée sur un canapé et avait tenté de l’embrasser. Le lendemain, Tatiana – qui s’était entre-temps confiée à deux proches – était allée déposer plainte au commissariat de Meaux.

« Il n’y a pas une virgule qui change entre ses deux déclarations. Elle n’a rien aggravé, elle n’a dit que ce qu’elle a vécu », a martelé Me Jean-Louis Granata.

Tout au long de l’audience, la présidente Armelle Lamouroux a bataillé pour obtenir des réponses du prévenu.

« Pourquoi elle dit ça, votre fille ? Pour s’amuser ? » Réponse lunaire du père de famille : « Ben, j’en sais rien, moi. Je suis pas voyant ».

Pourtant, c’est peu dire que Tatiana s’entendait plutôt bien avec son père. Lorsqu’il était en prison, elle venait lui rendre visite. Et ce, en dépit de la raison de son incarcération. À savoir une condamnation à une peine de 7 ans de prison, prononcée en 2019, pour agression sexuelle par ascendant. La victime, à l’époque, n’était autre que la sœur cadette de Tatiana, mineure au moment des abus.

Sorti de détention en 2022, le père de famille avait emménagé chez sa mère, à Meaux. Dans un petit appartement, où sa fille aînée venait dormir de temps en temps. C’est dans ce contexte que l’agression sexuelle du 8 mars s’est déroulée. La présidente ne comprenait pas pourquoi Tatiana aurait menti :

« Elle était bienveillante à votre égard. Pourquoi serait-elle devenue malveillante ? » Le prévenu n’avait aucune explication.

« Les preuves matérielles ne sont pas légion dans la sphère familiale »

Le procureur Jean-Baptiste Bladier a requis cinq ans de prison ferme, avec mandat de dépôt. Des réquisitions lourdes, eu égard à la situation du père de famille, en état de récidive et toujours sous le coup d’un suivi sociojudiciaire.

« Pour des raisons évidentes, les preuves matérielles ne sont pas légion dans la sphère familiale », a rappelé le parquetier. Avant de préciser que les circonstances de la dénonciation pesaient dans la balance, en faveur de la victime.

Le procureur est également revenu sur la loi du 6 novembre 2025 qui intègre le non-consentement dans la définition du viol. En clair : constitue une agression sexuelle tout acte sexuel non consenti, le consentement ne pouvant pas se déduire du silence ou de l’absence de réaction de la victime.

Du côté de la défense, Me Adrien Thiebaud s’est réjoui que le procureur ait requis « la relaxe au bénéfice du doute » concernant une agression sexuelle remontant au mois de janvier et les faits de harcèlement sexuel.

« La conviction, c’est la certitude fondée sur des preuves évidentes. On a fait les deux-tiers du chemin, je vous demande de faire le dernier tiers. Ce n’est pas à moi de vous démontrer qu’elle a menti », a plaidé l’avocat de la défense, qui demandait la relaxe totale de son client.

Les juges ont déclaré le père de famille uniquement coupable de l’agression du 8 mars. Le quinquagénaire, condamné à quatre ans de prison ferme, a été écroué à l’issue de l’audience.

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