Nord | Un père de famille condamné pour détention de fichiers pédopornographiques

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33 000 fichiers pédocriminels sont retrouvés sur différents supports multimédias
Ce père de famille de 35 ans, habitant de Sainghin-en-Weppes, a été condamné à quatre ans de prison, dont deux assortis d’un sursis probatoire pour consultation, diffusion et détention de contenus pédocriminels. Le père de famille avait notamment posté des photos de sa nièce sur le darkweb.

N. D.(1), c’est un peu monsieur Tout-le-monde. Pacsé, père de famille, un boulot à la métropole européenne de Lille…

Ça, c’est pour la face A.

La face B est plus sombre, inquiétante, délictuelle.

La vie rangée de cet homme de 35 ans bascule lorsque la police débarque à son domicile de Sainghin-en-Weppes, le 3 février.

Depuis le mois de novembre, N. D. est scruté par des policiers de la plateforme Pharos où sont signalés des contenus illicites.

Lui et d’autres internautes s’échangent des images et vidéos à caractère pédocriminel.

Sur des sites du darkweb, les propos tenus avec les autres utilisateurs sont crus, insoutenables.

Tout comme les images et vidéos échangées.

Et puis il y a cette conversation renommée « Je veux baiser et violer ma nièce », qui intrigue les gendarmes de La Bassée, en charge de l’enquête.

Dans ces échanges, dans lesquels le trentenaire semble chercher des conseils, les gendarmes s’arrêtent sur des photos d’une fillette en train de souffler des bougies, jouer au baseball…

Cette petite fille, c’est Martine(2), la nièce de N. D.

Encore plus préoccupant, il sous-entend vouloir passer à l’acte.

Sans oublier ces propos sur sa propre fille de quinze mois.

« Je vais en faire une star des réseaux pédopornographiques. ».

Dans la salle, son épouse baisse la tête et essuie discrètement ses larmes.

Le bilan de la perquisition menée à son domicile est accablant.

Au total, plus de 33 000 fichiers pédocriminels sont retrouvés sur différents supports multimédias.

« Des photos et vidéos horribles avec des enfants parfois très très petits, des contenus sadomasochistes », note la présidente du tribunal.

Pull marinière, lunettes rectangulaires, bouc soigné, le père de famille fait profil bas.

« Tout ça est immonde. Je le reconnais. Il fallait que ça s’arrête. » ;

« Sauf que ce n’est pas de votre fait », souligne la présidente.

En boucle, N. D. exprime ses regrets et présente ses excuses.

Pourtant, l’homme assure que ce n’est pas le contenu qui lui donnait satisfaction, mais le fait qu’il puisse satisfaire ses interlocuteurs, « les chauffer », dit-il, en leur envoyant les fichiers.

À peine reconnaît-il une attirance pour les ados.

« Ce n’est pas la photo, mais le fait qu’elle fasse jouir la personne à qui je la donnais »

, justifie-t-il.

En 2014, il avait fait l’objet d’une procédure pour avoir été sur un tchat d’images pédocriminelles.

« Ce n’est pas un prédateur sexuel, assure son avocate. Il s’est inscrit dans une spirale infernale qui est devenue une addiction. »

N. D. avance une carence affective durant son adolescence pour justifier ses actes.

« J’aurais pu choisir la drogue, l’alcool mais je ne voulais pas oublier mais combler. J’aurais pu être accro aux paris sportifs. »

L’expert psychiatre note l’absence « d’empathie à l’égard des victimes » et note un trouble pédophilique.

« Que moi-même je ne ressens pas »

, réagit le prévenu.

Le ministère public relève un « discours dénué d’empathie vis-à-vis de ce qu’il a fait » :

« Quelqu’un qui monte en épingle une armée de pédocriminels autour de lui ».

Depuis son incarcération, il est suivi par un psy.

Pour les parents de Martine, la trahison est trop grande.

« On a l’impression d’avoir fait entrer le loup dans la bergerie »

, lâche le papa.

« Elle a été une monnaie d’échange pour des pervers sexuels, ajoute leur conseil. Ils sont incapables de connaître l’ampleur de la diffusion des photos. »

Le tribunal condamne N. D. à quatre ans de prison dont deux ans avec un sursis probatoire de trois ans.

Il est maintenu en détention et inscrit au fichier des délinquants sexuels (FIJAIS).

Il devra verser 1 000 euros à chacun des parents de Martine et 4 000 euros à cette dernière pour leur préjudice.

1. Nous n’indiquons pas l’identité du prévenu pour préserver l’anonymat des victimes mineures.
2. Prénom d’emprunt.

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