Laon | L’oncle accusé de viol sur sa nièce écope de 10 ans de réclusion criminelle

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Pédocriminel En liberté

« Je me sentais obligée d’obéir »
Illustration | Cour Criminelle Départementale de l'Aisne - Photo : L'Union
Vendredi 3 avril 2026 a eu lieu le premier jour d’audience concernant une affaire de viol sur mineure et de viol conjugal devant la Cour criminelle départementale de l’Aisne, à Laon.

Le dépôt de plainte en 2022 d’une jeune femme sur des faits commis lors de son adolescence a révélé un système de violence et d’emprise orchestré par son oncle. 

Son récit, elle l’a livré à l’audience du vendredi 3 avril 2026 devant la Cour criminelle départementale, à Laon. Lorsqu’elle avait entre 14 et 15 ans, la victime vivait chez ses grands-parents, dans un climat conflictuel. Elle est amenée à se rendre au domicile de son oncle à plusieurs reprises pour « l’aider avec les travaux de la maison ».

Elle explique qu’il lui demandait de « mettre des tenues courtes », ce qu’elle refusait en premier lieu, avant de ne céder sous les insistances de l’homme âgé de 25 ans au moment des faits.

« Ensuite ça s’est aggravé. »

L’accusé l’attache à une chaise avec du ruban adhésif, lui couvre les yeux. 

S’il assure devant le tribunal qu’il s’agissait de jeux innocents et consentis, il se contredit ensuite en affirmant qu’il agissait pour :

« lui montrer l’enfer qu’elle faisait vivre à mes parents »

« Ça me faisait mal aux mains, mais je me sentais obligée d’obéir », explique à son tour la jeune femme.

Lors de ses premières auditions, l’homme avait néanmoins admis ne pas pouvoir contrôler ses « pulsions ». Et s’il a nié toute intention sexuelle, il a tout de même reconnu avoir pu avoir des réactions physiologiques.

Jusqu’au jour où il lui a imposé une fellation.

« Il n’a rien dit, je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Quand il m’a détachée, il m’a dit que c’était une brosse à cheveux, mais je ne l’ai pas cru, indique sa nièce. Je ne suis plus allée chez lui après. »

Ce témoignage s’inscrit dans un schéma plus large : la plainte a permis de révéler une situation qui dépasse largement sa propre expérience.

Un système d’emprise

Appelée à témoigner en tant qu’ancienne conjointe, la compagne de l’accusé (au moment des faits) confie également avoir été victime.

À la barre ce vendredi, elle décrit des pratiques sadomasochistes impliquant également l’usage de ruban adhésif. Présentées au départ comme un moyen de relancer leur vie sexuelle, ces pratiques se seraient progressivement imposées comme une norme.

« J’ai honte. J’acceptais parce que je pensais que c’était normal, je voulais lui faire plaisir », confie celle dont il s’agissait de la première relation amoureuse. Aujourd’hui je sais que j’étais sous emprise. »

Elle témoigne également de son viol :

« Cette fois-là, j’avais clairement dit que je ne voulais pas, mais il a continué quand même. »

Un témoignage réfuté par l’accusé. 

Une autre femme – avec qui il entretenait une relation extraconjugale – témoigne à son tour de ces pratiques. Si elle insiste sur le fait de ne pas avoir été violée, elle affirme n’y avoir participé que « pour faire plaisir » à l’accusé, sans en avoir envie.

Le second et dernier jour d’audience se tiendra mardi 7 avril. Il sera consacré à l’audition des derniers témoins et à la clôture des débats. La Cour devra ensuite examiner l’ensemble des éléments pour statuer sur la responsabilité de l’accusé et déterminer s’il est coupable ou non des faits de viol sur mineure commis par un ascendant, ainsi que de viol conjugal.

Mardi 7 avril 2026 a eu lieu le second jour d’audience à la Cour criminelle à Laon concernant le procès d’Olivier H. pour, notamment, viol BDSM d’un oncle sur sa nièce, 15 ans au moment des faits, ainsi que d’un viol conjugal. Il a été condamné à 10 ans de prison.

L’affaire a éclaté en 2022, après la plainte déposée par sa nièce pour viol. Les faits remontent à 2019.

Attachée avec du scotch ou du film plastique à de multiples reprises, forcée de revêtir jupes courtes et bottes en cuir, la victime se verra finalement imposer une fellation par son oncle. Ce dernier réfutant toujours l’aspect sexuel de ce qu’il décrit comme « un jeu ».

« Il a fait de sa nièce son objet sexuel, déclare l’avocate de la partie civile Mr Collin. À aucun moment elle n’a été consentante à un quelconque jeu sadomasochiste. Ces jeux, monsieur se les invente lui-même. »

« Nombreux actes d’humiliation et de sexualisation »

L’avocat général Mr Millot souligne également :

« une première confrontation à la sexualité extrêmement violente. On ne parle pas d’une pénétration unique, mais de nombreux actes d’attachement, d’humiliation et de sexualisation. » 

Sur ces faits, la défense -représentée par Mr Pierlot – affirme : « monsieur ne les a jamais contesté » et souligne que « toute victime a besoin d’entendre une reconnaissance des faits. il n’y a aucun doute au niveau du non-consentement, en revanche, concernant son ex-compagne, il y a un doute sérieux. »

D’abord entendue en tant que témoin lors de l’enquête, l’ex-compagne de l’accusé avait finalement confié avoir subi un de viol au courant de leur relation.

« J’ai honte de ce que j’ai pu accepter »

, avait-elle notamment énoncé à la barre le vendredi 4 avril.

Une phrase que la défense n’a pas manqué de souligner. Elle se saisit notamment de la façon dont l’enquête a été menée et appuie que le terme de viol est avancé par l’officier de police judiciaire, non par la victime.

Elle avance ainsi la possibilité d’une « identification avec les faits » concernant la nièce et d’un éventuel sentiment de culpabilité à son égard.

Néanmoins, le fait que la victime n’ait évoqué le viol conjugal qu’en réponse à une question est cohérent avec les mécanismes d’emprise et de honte, comme souligné par l’avocat général.

« La relation d’emprise est réelle » et le consentement ne serait pas défini selon lui. Il a requis, pour les deux chefs d’accusation, un total de douze ans de réclusion criminelle. Toutefois, en droit, « le doute doit profiter à l’accusé » (article 304 du code de procédure pénale).

Finalement, la cour a déclaré coupable Olivier H. de viol incestuel sur sa nièce et l’a acquitté du viol sur son ex-compagne.

Elle l’a condamné à une peine de dix ans de réclusion criminelle, avec une obligation de soins psychiatriques et son inscription au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles.

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