Charente-Maritime | Douze ans de réclusion pour Johnny Chauveau, 47 ans, beau-père incestue

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Quel beau-père offre à sa belle-fille de 13 ans un string et un godemiché ?
Photo illustration | Palais de Justice Charente
Cet habitant de Tonnay-Charente a été jugé coupable ce vendredi 3 avril de viols sur sa belle-fille, de violences sur sa mère et d’agressions sexuelles sur une fillette de 9 ans, remontant à 2003

La jeune fille de 16 ans qui sort de la cour criminelle départementale de Charente-Maritime, basée à Saintes, ce vendredi 3 avril, peut souffler. Son ancien beau-père, Johnny Chauveau, 47 ans, vient d’être condamné à 12 ans de réclusion criminelle, un suivi avec injonction de soins de huit ans et une interdiction de contact. Il est jugé coupable de viol sur sa belle-fille, à Tonnay-Charente, agression sexuelle sur une fillette âgée de 9 ans en 2003, et violences conjugales.

« Je sors de trois ans de peur. J’étais enfermée, j’étais une chose, un objet. Aujourd’hui, je suis une victime à part entière. Cela fait du bien qu’il soit condamné pour ça. »

L’adolescente avait 13 ans, en août 2023, quand elle a porté plainte, sur l’insistance de la compagne du fils de l’accusé, qui avait flairé une relation malsaine.

« Tout le monde avait conscience de ce qui se passait mais personne n’a écouté, jusqu’à cette jeune femme. On avait une jeune fille, entre 11 et 13 ans, qui se faisait sexualiser tous les jours dans la cellule familiale, et personne n’a rien dit.Johnny Chauveau appliquait un principe : ça reste en famille, on n’en parle pas »,

décrit Me Céline Adouzi, l’avocate de la victime.

« Quel beau-père offre à sa belle-fille de 13 ans un string et un godemiché ? »,

interroge l’avocat général, Frédéric Ebel.

La jeune fille avait rompu avec son père biologique et était en conflit avec sa mère, en proie à des soucis d’alcool. Johnny Chauveau a « tissé sa toile » en jouant sur sa quête de figure paternelle.

L’avocat général relève « une attirance pour les filles très jeunes, une orientation sexuelle que j’appellerai, moi, de la pédophilie ».

À 22 ans, Johnny Chauveau avait entamé une relation avec une collégienne de 15 ans. La sœur de celle-ci, neuf ans à l’époque, en 2003, a révélé une agression sexuelle qu’elle avait toujours tue en découvrant qu’il y avait une autre victime, en 2023.

« Elle n’avait aucun intérêt à venir s’infliger tout cela vingt ans plus tard. Elle parle parce qu’elle sait ce que coûte le silence », commente son avocate, Me Vanessa Chaleix.

« J’ai ouvert les yeux », confie l’ancienne compagne, enfin sortie de la spirale de l’alcool. Elle a fini par se déclarer partie civile face à celui décrit par tous comme un « manipulateur ».

Les experts n’ont pas décelé de pathologie mentale.

« Il dissimule consciemment des aspects profonds de sa personnalité »,

tempère une psychologue, qui n’a pas réussi à percer la carapace.

Me Nathanaël Ormillien tente d’épouser la ligne de défense de son client, qui nie tout en bloc. « Personne ne ment, toutes les versions sont compatibles », pose l’avocat de la défense. Oui, son client a commis des violences contre sa compagne, et des agressions sexuelles contre sa belle-fille.

Oui, c’est un manipulateur.

« Est-ce que c’est parce que c’est un manipulateur qu’il a commis une pénétration anale ? Quelles preuves vous avez ? », interroge-t-il, contestant les viols.

La cour a estimé avoir suffisamment d’éléments pour établir la culpabilité totale de Johnny Chauveau.

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