Les pédocriminels sont-ils des petits garçons violés qui reproduisent à l’âge adulte ?
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
non
- 20/03/2020
- 17:20
Quand on va dans les tribunaux (allez-y une fois au moins, c’est public, gratuit, fait avec vos impôts et en votre nom), la défense d’un pédocriminel passe bien souvent par la pleurniche et si possible l’inversion bourreau/victime.
C’est uniquement le cas si les preuves sont accablantes, sinon les accusés nient simplement en bloc.
Ainsi l’avocat du pédocriminel va instrumentaliser une supposée agression sexuelle dans l’enfance (parfois réelle, parfois inventée, prouvée ou non, prescrite ou non) pour transformer l’agresseur en ex-victime qui a reproduit ce qu’il a subi (sans le vouloir vraiment, sans se rendre compte, etc) à cause de son “milieu” et de son “déterminisme social”.
Ainsi il devient finalement une victime de son vécu, qui devrait en quelque sorte être une partie civile, il aurait plutôt besoin d’aide que de punition.
Les victimes évidemment le vivent extrêmement mal, elles sont quasiment accusées d’enfoncer encore un peu plus une ex-victime (pour qui elles devraient avoir de la compassion solidaire certainement) qui comme un robot reproduirait les sévices qu’il a subi.
Bien souvent l’aide apportée par la justice (suivi psychologique notamment) est bien plus importante et courante pour l’accusé que pour la victime.
Cela est justifiée par le fait d’éviter la récidive de l’accusé plutôt que le suicide de la victime, pour faire simple.
Cela est bien souvent sous-tendu dans l’esprit des juges par le préjugé que les pédocriminels sont majoritairement des “cas sociaux” pas très civilisés (ce qui n’est pas du tout vérifié dans les statistiques).
C’est très étonnant quand on voit le lobbying pro-pédo et les mœurs de nombreux individus des classes plutôt aisés.
C’est bien pratique de pouvoir pointer du doigt les “perdants de la société” et de les charger pour les “dérives” qui ne seraient dues qu’à leur côté “non-civilisés”, ou même “ensauvagés” si on glisse sur les rhétoriques médiatiques “anti-arabes” avec les réseaux de prostitutions de mineurs dont les proxénètes sont souvent des “racailles” (formés et fournis grâce aux foyers de l’ASE).
Cela mène facilement à des pensées eugénistes qui avaient pignons sur rue au 19ème siècle du genre, “il suffit de tuer ou de stériliser les pauvres pour que la société s’améliore”.
Cette pensée n’est plus moralement autorisée mais il ne faut pas croire qu’elle a disparu pour autant dans les classes dirigeantes.
Comme dans cet exemple (centre ressource pour les intervenants auprès des auteurs de violences sexuelles en Auvergne-Rhône-Alpes), on lit toujours les mêmes références scientifiques bien choisies à des études qui montreraient des taux entre 30% et 70% de victimes de pédocriminalité parmi les pédocriminels.

On remarquera déjà qu’une telle variabilité des résultats n’a scientifiquement aucun sens et prouve plutôt des biais d’études évident.
Il n’est pas possible d’étudier de manière rigoureuse le même phénomène et de trouver des résultats du simple au double ou même au décuple comme on le verra plus loin.
La réalité est unique et se fout bien de la manière dont on la regarde.
L’auteur (qui n’a pas honte) a quand même l’honnêteté partielle de citer une étude où ce taux descend à 12% (Salter et al., UK, 2003), sans se poser la question de la raison d’un tel écart.
Et il oublie toutes celles qui sont en-dessous et pourtant elles sont bien plus nombreuses et bien plus étayées.
Bref, dans n’importe quel autre domaine, ce genre de disparités de résultats invaliderait immédiatement les méthodologies utilisées.
Rappelons que la sociologie n’est pas une science, c’est juste de la statistique appliquée à des questionnaires rédigés par des humains et le plus souvent aujourd’hui remplis par Internet.
Ainsi la pédocriminalité ne serait qu’une affaire de victimes qui reproduisent, circulez y a rien à voir.
C’est le même argument que le fait de réduire fallacieusement la pédocriminalité à de l’inceste (seulement 30% de pédocriminalité commise dans le contexte intrafamilial selon le ministère de la justice et de l’intérieur).

Ainsi ma bonne dame, on ne peut pas mettre un policier derrière chaque Papa, n’est-ce pas ?
Mais qu’en est-il réellement ?
Cet article a pour but de présenter les résultats du peu d’études scientifiques sérieuses qui traitent de ce sujet.
Données
Nous allons nous intéresser à trois études toutes réalisées dans des pays anglo-saxons (Australie, UK, USA).
Si vous en avez d’envergure pour la France, on est preneurs, mais on n’a pas trouvé (nb de cas, nb d’années de suivi).
Ainsi au total c’est plus de 4.000 cas qui ont été étudiés parfois sur des décennies.
Deux techniques sont utilisées (parfois simultanément):
– on suit toute leur vie par des entretiens et des suivis judiciaires, des cohortes de victimes de viols dans l’enfance pour voir si elles commettent des délits/crimes par la suite (dont de la pédocriminalité).
– on interroge des pédocriminels pour savoir si ils ont été victimes de viols dans l’enfance.
Évidemment la première technique est bien plus fiable que la seconde puisque les réponses ne sont pas impactées temporellement par les actes pédocriminels déjà commis par la personne suivie (qui est un pédocriminel avéré en prison ou en hôpital psychiatrique).
L’étude australienne de 2012 est une méta-analyse de 18 autres études.
Résultats

Commençons par les résultats sur lesquels (presque) tout le monde est d’accord : le fait d’avoir été violé enfant augmente le risque de devenir pédocriminel à l’âge adulte.
On notera quand même que l’étude américaine ne trouve pas d’effet significatif avec pourtant un échantillonnage assez important (908 cas sur 46 années).
Cela interroge sur le lien direct de “cause à effet” supposé entre les deux (conclusion que les études essayent de prouver a priori et pour lesquelles elles sont financées).
C’est peut-être juste une corrélation (les deux arrivent simultanément mais pour une autre raison non étudiée).
Mais, grosso-modo, admettons que ce risque augmente entre deux fois plus et quatre fois plus selon les études.
Dit autrement, un pédocriminel a deux à quatre fois plus de chance d’être un enfant violé que dans la population “normale” (non-pédocriminelle ou groupe “témoin” ou groupe “contrôle”).
Deux études en particulier (Australie, 2012 et USA, 2015) prennent en compte des facteurs sociaux beaucoup plus larges et ne s’arrêtent pas simplement aux variables “enfant violé” et “pédocriminel adulte”.
Ainsi ils démontrent clairement que c’est l’insécurité physique vécu en tant qu’enfant (maltraitance/négligence) qui est la variable la plus explicative de la pédocriminalité.
Ils précisent que ce contexte familial (ou services sociaux) éduque l’enfant à ne pas prendre en compte autrui et que cela est intégré comme “normal” pour lui.
Il le subit en toute impunité de l’agresseur, donc il aura le droit de le faire plus tard devenu adulte ou adolescent sans risquer de se faire prendre.
En effet, l’âge moyen de passage à l’acte des 12% d’enfants violés qui deviennent pédocriminels est de 14 ans (étude UK, 2003).
Cela conduit à pleins d’autres formes de violences/délits/crimes pas forcément sexuels.
Pour le dire clairement, la souffrance subie en tant qu’enfant entraîne pour lui le droit/la possibilité de faire souffrir les autres une fois adulte.

Omission
D’accord, sauf que…
Ce qui n’est jamais dit est que l’immense majorité des enfants violés ne deviennent pas des pédocriminels (entre 88% et 97% des victimes).
Ils comprennent en grandissant que ce qu’ils ont subi n’est pas normal et/ou spontanément ils ne veulent pas le faire subir à autrui (sauf si on vit dans une “secte” ou un milieu apparenté isolée du monde extérieur pendant des décennies).
Donc l’immense majorité des enfants victimes s’émancipent de la soi-disante fatalité de la reproduction du crime subi.
La majorité va plutôt s’autodétruire et avoir énormément de mal à se construire une vie affective et sexuelle “normale” et “saine”.
On peut donc en déduire aussi la conclusion contraposée, l’immense majorité des pédocriminels ne sont pas des enfants violés.
Nombre d’entre eux sont juste des gens qui violent des enfants parce qu’ils aiment ça, qu’ils peuvent se le permettre (impunité, argent) et qu’ils se foutent de la vie des enfants qu’ils violent.
Le revue de presse quotidienne que nous tenons montre des pédocriminels “normaux”, intégrés à la société, père de famille, trentenaires aisés, etc.
Bien loin de l’image type du pédocriminel véhiculée par les médias : le cas social au RSA, alcoolique, obèse, issu d’une famille consanguine dans une banlieue ouvrière ou une ferme reculée.
Conclusion
C’est donc l’insécurité physique vécu enfant au sein du foyer familial ou ASE qui produit la possibilité pour le futur adulte de nier l’existence et donc la souffrance de l’autre en lui infligeant des crimes sexuels ou non.
Pour autant la majorité des pédocriminels n’ont pas du tout ce vécu, et sont surtout des enfants à qui on a appris que “l’autre” ou que les enfants en général ne valent rien.
Ce rapport déshumanisant à l’altérité ou à l’enfant peut-être le fait de logique de classes sociales, de religion, de xénophobie, etc.
Ou il peut aussi juste résulter d’un égoïsme radical (conscient ? assumé ?), encouragé par la société de consommation qui pousse sans cesse à la transgression du caractère sacré du vivant en général et des humains en particulier.
Elle est très bien symbolisée par la phrase méprisante de Macron : “les gens qui ne sont rien”.
Comme dit l’expression populaire : “c’est pas très catholique” tout ça, ou pas très “humaniste” si ça vous correspond mieux.
NDWP
La récidive vient selon nous surtout de l’impunité.
Un pédocriminel, victime dans l’enfance ou pas, vivant dans les classes sociales défavorisées ou pas, idiot ou non, sait très bien que la prison c’est nul et qu’il ne veut pas y aller.
La justice de ce pays a anéanti à dessein (économique, idéologique, destruction de la morale), la dissuasion produite par les peines de prison.
Un sursis ou un aménagement de peine fait surtout comprendre au pédocriminel qu’il l’a échappé belle, et qu’il faut qu’il prenne ses dispositions pour ne pas se faire choper une autre fois (changement de département, d’école, formation en hacking/anonymisation informatique, soumission/amnésie chimique de l’enfant, etc).
En France aujourd’hui, il est plus risqué de conduire en état d’ivresse que de violer un enfant.

Pourtant les ordis sont truffées de backdoors et par exemple l’entreprise “Palantir” sait déjà qui sont les pédos avec leurs activités de téléchargement qui passent toujours par une box physiquement identifiable ou grâce leur “nuage” de relations numériques.
Ces données sont achetées par les gouvernements qui préfèrent utiliser ces listes pour faire du chantage plutôt que de faire un coup de filet massif qui enverrait (peut-être) en taule quelques centaines de milliers de personnes (dont de nombreux individus puissants).
Les études citées :
L’équipe Wanted Pedo
On lache rien
Source(s):
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