Compiègne | Il exige des photos d’enfants nues et s’en sort avec du sursis
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
oui
Pédocriminel En liberté
- 06/03/2026
- 16:11
C’était en avril 2007. Ryan, un petit blondinet de 4 ans, était abandonné à Compiègne en pleine nuit, devant une maison aux lumières allumées. Une dame l’avait alors recueilli dans son pyjama Donald. « Maman, je veux ma maman », répétait en boucle l’enfant en pleurs. La police lançait alors un appel à témoins pour retrouver ses parents.
Rapidement, les enquêteurs découvrent que sa mère, Stéphanie F., a été tuée le soir même, après avoir refusé l’hospitalité à un marginal rencontré quelques jours auparavant et l’avait payé de sa vie. C’est Yoan Gorju, l’homme qui l’a poignardée, condamné en 2010 à 30 ans de prison, qui avait décidé d’éloigner l’enfant de la scène du crime, en voiture, et de le laisser seul dans la rue de l’église Saint-Germain.
Deux ans de prison avec sursis
Le « petit Ryan » est réapparu ce lundi 2 mars, 19 ans plus tard, à la barre du tribunal judiciaire de Compiègne. Le jeune homme de 23 ans se triture les mains de nervosité. Et de remords ? Il a été condamné à 4 ans de suivi socio judiciaire et deux ans de prison avec sursis pour avoir incité des enfants à lui envoyer des photos d’eux, nus, sur les réseaux sociaux du 16 mai 2023 au 21 janvier 2026.
En juillet 2025, alors qu’il croit parler à une enfant de 12 ans, il est en réalité en ligne avec la Team Moore, un mouvement citoyen qui débusque les délinquants sexuels sur Internet.
Le piège se referme alors sur Ryan. En garde à vue, il reconnaît contacter six ou sept fillettes chaque jour pour avoir des photos d’elles dans des poses suggestives, dénudées, pour « répondre à ses pulsions ». Il y en a à chaque fois au moins une qui lui obéit.
« Je dis que j’ai 14 ans, parfois, je dis mon vrai âge »
Ryan préfère les filles de moins de 15 ans, il n’est pas attiré par celles de son âge.
« Je dis que j’ai 14 ans, parfois, je dis mon vrai âge. Je demande ce qu’elle fait, ensuite je demande des photos et des vidéos. J’en envoie de moi aussi. Je leur dis que ce sera notre petit secret. Si elle ne veut pas, je la force en envoyant des photos de filles qui l’ont fait, que j’ai dans ma galerie. »
Ryan, qui a déjà été condamné en 2023 pour corruption de mineurs, explique avoir des pulsions difficiles à contrôler. « Je conserve les photos deux jours et je les supprime. » Quand les enquêteurs l’interpellent, ils retrouvent plusieurs comptes Facebook ainsi que huit photos de fillettes dans son téléphone.
« Je me suis retranché dans le porno, ça me permet d’oublier »
Ryan a été vu par un médecin psychiatre qui voit en lui un état de stress post-traumatique, une peur de la mort et de l’abandon ancrée en lui. À l’époque du meurtre de sa mère, il avait été dit que l’enfant dormait dans sa chambre à ce moment-là, qu’il n’avait rien vu. Mais Ryan l’affirme, il a été témoin de la mort violente de sa maman et n’a jamais eu de véritables soins.
« Depuis, j’ai des angoisses, je fais des cauchemars. Je me sens très seul. Je n’en ai jamais vraiment parlé, même pas à mon père. J’ai besoin d’aide. »
Confié à ses grands-parents, il habite chez son père depuis ses 18 ans, « sans emploi et tout aussi perdu que lui », précise son avocate, Me Mouna Taoufik.
« Je me suis retranché dans le porno, ça me permet d’oublier. Je voulais m’échapper de l’assassinat de ma mère. »
« Je n’ai plus de smartphone, mais un téléphone à clapet »
Ryan a arrêté l’école à 19 ans et a aidé son père à payer ses dettes avec les indemnités qu’il a touchées en tant que victime pénale. « Je n’ai pas eu mon Bac parce que personne ne m’a amené au rattrapage. » Pendant plusieurs années, il végète, n’a pas de travail, pas de vrais amis. Enfant, il se faisait harceler à l’école. Il est solitaire, se lève vers midi, joue aux jeux vidéo, contacte des jeunes filles pour avoir des photos, dîne, se couche. Les journées passent ainsi.
Mais il l’assure. Tout ça est derrière lui maintenant.
« J’ai été pris en charge par un psychiatre. Il m’aide à ne plus aller sur les écrans. Je n’ai plus de smartphone, mais un téléphone à clapet. Je fais de la marche aussi. Je veux être soigné, trouver un travail pour faire quelque chose de ma vie. »
Pour son avocate, son comportement « était un appel à l’aide ». « Il s’est mobilisé depuis, il veut s’en sortir. » En plus du suivi socio judiciaire de 4 ans, le tribunal va obliger Ryan à poursuivre ses soins. Il devra trouver un travail ou une formation avec interdiction de contact avec des mineurs pendant 10 ans.
Il a été privé de ses droits civiques pendant 4 ans et tous ses comptes sur les réseaux sociaux seront suspendus pendant un an. Ryan est désormais inscrit au Fijais, le fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.
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