Gironde | Un collectif dénonce une omerta concernant les viols sur 17 fillettes
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 18/01/2026
- 18:07
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Le collectif girondin Enfantiste a manifesté, pancarte à la main, ce mardi 13 janvier, à 7h45, à l’heure de la rentrée des classes, devant l’établissement catholique Saint-Genès-La Salle de Bordeaux-Talence, pour dénoncer l’omerta au sein de cette école.
“Quinze ans, c’est énorme.”
“Ce n’est pas possible que dans un regroupement de gens qui travaillent ensemble, que personne n’ait rien vu. D’autres savaient c’est évident “.
Le parquet a annoncé le renvoi de Gilles Delignac, un ancien instituteur de cet établissement catholique, âgé de 54 ans, devant la cour criminelle de la Gironde pour viol et violences sexuelles sur des enfants entre 2008 et 2023.
Pas moins de 36 victimes ont été identifiées dans cette nouvelle affaire de pédocriminalité hors norme, qui secoue l’institution catholique.
“D’autres savaient”
Pour Caro Fabre, porte-parole du collectif, l’omerta autour de l’enseignant ne fait aucun doute.
“Un enseignant n’a absolument aucun droit d’être seul avec un enfant.
Comment cet enseignant s’est-il retrouvé, plusieurs midis de suite, porte fermée, avec des enfants isolés ?, interroge-t-elle,
Les fillettes auraient été agressées pendant leur sommeil et lors du “jeu du goût”.
Déjà en 2011, dans un courrier adressé à la direction de Saint-Genès La Salle, une mère de famille avertissait que l’instituteur recevait des fillettes pendant les pauses, portes fermées, et leur bandait les yeux pour pratiquer le “jeu du goût”.
L’accusé en aurait profité pour imposer “des fellations” aux fillettes à leur insu.
La direction de l’époque n’a pas pris de mesures contre l’enseignant, se contentant d’une remontrance orale.
Une quinzaine de parents ont porté plainte contre le directeur adjoint de l’époque, qui n’aurait pas agi à la hauteur des évènements.
Omerta autour des agissements de l’enseignant
Selon Caro Fabre qui est par ailleurs enseignante, il s’agit d’un problème sociétal profond.
“L’omerta existe à tous les niveaux de la société, la parole de l’enfant n’est pas entendue.
Les enfants parlent rarement avec des mots, mais avec des attitudes des symptômes, avec des problèmes de comportement, etc.”
“C’est une société qui n’entend pas les enfants et qui va les sacrifier.
Au nom du confort familial dans les cas d’inceste et, ici à St Genès, c’est au nom du confort institutionnel.
“Chacun devra répondre de ses responsabilités”
“S’il y a eu omerta elle est absolument inacceptable, répond Olivier Riant, le nouveau directeur de l’établissement.
À titre personnel, je ne peux pas concevoir une seule seconde que quelqu’un ait pu avoir un soupçon et ait pu ne rien faire pour protéger les enfants.
C’est inconcevable.
Si c’est le cas, chacun devra répondre de ses responsabilités”.
Après l’affaire de Notre-Dame de Bétharram et celle du village des prêtres agresseurs de Riaumont, “c’est une affaire de plus qui sort, regrette Elisabeth Magne du Planning familial de Bordeaux, présente aux côtés de collectif Enfantiste.
Être là, c’est important car le silence, il n’y a rien de pire.
Dire à un enfant, on te croit, c’est la démarche qu’il faut avoir pour que les choses soient prises en charge le plus rapidement possible lorsqu’elles sont connues”.
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