Tréport | Le papy récidiviste bénéficie de laxisme judiciaire

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4 ans de prison pour trois nouvelles petites victimes…
Illustration - ©Pixabay
L’homme a déjà eu affaire à la justice pour des viols et agressions sexuelles sur ses propres enfants ou petits-enfants ce qui lui a valu 10 années de réclusion effectuées dans les années 2000.

Quatre ans de prison ferme pour le « papy » pervers du Tréport

Un septuagénaire habitant du Tréport (Seine-Maritime) a été condamné à 4 ans de prison ferme le 13 juillet 2022. Il a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur mineurs.

La perversité peut-elle avoir les traits de la banalité ? C’est en tout cas ce que l’on pourrait retenir de l’audience qui s’est tenue le 13 juillet 2022 au tribunal correctionnel de Dieppe, en Seine-Maritime.

À deux jours de fêter son 74e anniversaire, c’est ce qu’on pourrait appeler un petit grand-père comme on en croise tous les jours qui comparaît. Dans la salle, sa compagne est présente. Elle est à son image, si ce n’est que lui est arrivé menottes au poignet. Il est incarcéré depuis le 23 juin 2022.

Quelques jours plus tôt, une maman, voisine du couple dans une résidence du Tréport (Seine-Maritime), s’est présentée à la gendarmerie avec son fils âgé d’une douzaine d’années.

Le pré-ado explique que lors d’une visite chez le couple, l’homme l’a d’abord gratouillé sous ses vêtements, avant de lui pincer le sexe et de l’emmener dans une chambre où il lui a montré une jaquette de cassette pornographique.

Les gendarmes placent l’homme en garde à vue et ouvrent simultanément une enquête. Ils interrogent les voisins et les proches du couple. Les enfants, qu’une amie leur confiait régulièrement à garder, témoignent à leur tour de gestes à connotation sexuelle.

La petite fille âgée de 4 ans explique avec ses mots qu’il lui « caressait la nénette », le garçon d’une dizaine d’années évoque d’autres attouchements.

Rapidement, les gendarmes vont s’apercevoir que l’homme a déjà eu affaire à la justice pour des viols et agressions sexuelles sur ses propres enfants ou petits-enfants ce qui lui a valu 10 années de réclusion effectuées dans les années 2000.

À la barre, l’homme ne semble pas réellement prendre conscience de la gravité de ses actes, même s’il s’excuse auprès des victimes.

La représentante du Parquet relève que lors de ses auditions, il a indiqué aux gendarmes qu’il n’avait ni tué, ni volé…

L’homme explique qu’il a été abandonné à l’âge de 3 ans et a été lui-même victime d’agression sexuelle alors qu’il se trouvait en foyer. Mais il balaie le sentiment de pitié qu’il pourrait susciter, en expliquant pourquoi il y a plusieurs décennies, il s’en est pris à ses enfants :

« C’est la faute de ma femme de l’époque, elle était allée en voir un autre ».

Les mamans des enfants qui se sont portées parties civiles et leurs avocates soulignent combien leur confiance a été trahie. L’une explique qu’ils étaient devenus le papy et la mamie de l’immeuble, la seconde fond en larme en expliquant qu’elle a le sentiment de ne pas avoir su protéger ses enfants.

Toutes posent la question de la responsabilité de la compagne du prévenu.

La compagne du prévenu lui demandait d’arrêter, c’est donc qu’elle avait conscience de ce qu’il s’est passé. Il faut se poser la question d’une éventuelle complicité.

La substitut du Procureur de la République explique qu’en ce 13 juillet 2022, seul le prévenu est poursuivi mais que :

« Dès que je retournerai dans mon bureau, je ferai rouvrir un dossier pour déterminer si responsabilité il y a ».

Concernant le septuagénaire, la substitut souligne qu’au-delà des faits, des recherches sur internet concernant des sites pédopornographiques ou zoophiles indiquent une personnalité inquiétante, même si l’expertise psychiatrique n’a relevé ni anomalie mentale, ni anomalie psychiatrique, et estime qu’il n’y a pas d’altération du discernement.

Compte tenu des antécédents, de la gravité des faits et du risque de réitération elle requiert :

  • une peine de 6 années de prison,
  • une interdiction de contact et de paraître dans les communes où demeurent les victimes,
  • une interdiction d’exercer une activité en lien avec des enfants pendant 10 ans,
    et une peine d’inéligibilité de 5 ans.

Pour Me Bellet, avocat du prévenu, l’addiction de ce dernier aux films pornographiques explique sans doute qu’il ait une vision erronée de l’activité sexuelle. Il explique que selon lui, le remettre en prison n’est pas la solution :

« Il faut l’engager dans un suivi socio-judiciaire long qui lui permette de se soigner ».

Le tribunal n’est pas de cet avis, il condamne le « papy » pervers à une peine de 4 années de prison ferme et prononce son maintien en détention.

Condamnations non définitives : toutes les condamnations prononcées par le tribunal correctionnel sont susceptibles d’appel, dans les 10 jours.

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