Strasbourg | Jacques Edel un exhibitionniste pédocriminel multirécidiviste jugé pour s’être masturbé devant des adolescents

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Vous pensez que vous faites envie à un gamin de 14 ans, vous, un vieux monsieur ?
l a été condamné à deux ans de prison ferme, ce jeudi 27 août, par le tribunal correctionnel de Strasbourg. Il s’était exhibé devant des mineurs au plan d’eau de Plobsheim en juillet. Il s’agit de sa sixième condamnation pour des faits similaires autour de Strasbourg.

Les faits remontent au 11 juillet. Dans l’après-midi, quatre adolescents âgés de 14 à 15 ans s’amusent à sauter dans le plan d’eau de Plobsheim quand Jacques Edel les accoste.

Dans un premier temps, l’homme leur donne des conseils “pour ne pas faire de plat sur les testicules” ou “sur l’anus”. Une première interaction “bizarre” à laquelle les adolescents ne prêtent pas vraiment attention.

Plus tard dans l’après-midi, les jeunes aperçoivent le sexagénaire sur son bateau pneumatique, entièrement nu et le sexe en érection. Encore plus tard, l’un des adolescents, resté en retrait sur la berge, voit de nouveau Jacques Edel. Cette fois-ci, il est “caché” dans un buisson et se masturbe en le regardant.

Les adolescents préviennent alors des adultes, qui appellent la gendarmerie. L’exhibitionniste est interpellé dans la foulée et placé en détention.

Un regard qui “choque” et laisse au garçon un “sentiment de salissure”, rapporte Me Marie Elgard, avocate des parties civiles. À l’audience, aucune des victimes n’est présente. Les adolescents ont préféré ne pas faire le déplacement, trop “mal à l’aise”.

“Vu ce que monsieur a dit, je pense que c’est mieux”, fait remarquer la mère de l’un d’eux à la barre.

Pour cause, après qu’il a reconnu avoir “commis une erreur”, l’exhibitionniste n’a eu de cesse de rejeter la faute sur les adolescents.

“[L’un d’eux] m’a demandé si je voulais le masturber, j’ai dit pas question”, prétexte-t-il avant de préciser qu’il n’a commencé à se masturber qu’après que le garçon soit parti. Les adolescents l’auraient ensuite harcelé, violenté et même racketté.

“J’ai eu peur qu’ils me violent collectivement.”

Une défense qui ne passe pas auprès de la Cour, puisqu’elle contredit les autres témoignages.

“Vous pensez que vous faites envie à un gamin de 14 ans, vous, un vieux monsieur ?”, lui lance la présidente, Valentine Seyfritz. Dans le box des prévenus, l’homme, petit, trapu, hausse les épaules.

Malgré des propos très confus et une élocution difficile, le sexagénaire a toujours une bonne excuse pour expliquer ses actes : il aime le naturisme, il n’est pas pudique, il n’a été vu que de dos…

Un profil inquiétant

Jacques Edel est bien connu de la justice, avec neuf mentions à son casier judiciaire. Entre 2002 et 2025, il a été condamné à cinq reprises pour des faits d’exhibition sexuelle dans des piscines et plans d’eau de l’EMS, plusieurs fois pour détention d’images pédocrimininelles et même pour corruption de mineurs.

Une perquisition menée cet été au domicile du pédocriminel a mis au jour de nombreux diaporamas de photos de colonies de vacances, de cours de gym…

“J’étais animateur en colonies de vacances et moniteur de gym. J’ai toujours été proche des enfants. Ce sont des souvenirs”, justifie Jacques Edel. Il apparaît qu’il collectionnait aussi des articles de presse parlant d’enfants ou de pédocriminalité.

Une expertise psychiatrique de 2025 a conclu à une paraphilie (déviance sexuelle) de type pédophilie homosexuelle, tout en écartant un quelconque problème de discernement.

Pendant l’audience, le ministère public a relevé que le sexagénaire avait eu accès à des soins, sans succès. Pour atténuer le “risque qu’il représente pour la société”, Guillaume Splindler, substitut du procureur, a requis une peine de 18 mois d’emprisonnement ferme.

Malgré “l’évolution favorable dans la prise de conscience de la gravité des faits” soulignée par Me Josepha Tschan, avocate de la défense, la Cour a condamné Jacques Edel à deux ans d’emprisonnement avec maintien en détention.

Il a également interdiction de pratiquer une activité, y compris bénévole, en contact avec des mineurs. Déjà inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais), il devra continuer à justifier tous les ans de son lieu de domicile.

Les photographies d’enfants et les articles de presse retrouvés chez lui ont été confisqués. Il devra verser 700 et 500 euros à deux des victimes en réparation de leur préjudice moral.

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