Servian | Un quadragénaire condamnée à 5 ans ferme, il se fait passer pour un ado sur internet

L’homme a été condamné à cinq ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Béziers.

Il détenait des images de viols d’enfants de 6-8 ans.
PIERRE SALIBA

Le Serviannais qui se présente à l’audience du tribunal de Béziers ce 19 mai sort du Gasquinoy où il est détenu depuis février 2016 pour l’affaire examinée ce jour. Il est prévenu de détention d’images pédopornographiques, corruption d’une mineure (aujourd’hui 17 ans, absente de l’audience), corruption de la victime par “un réseau de communications électroniques”, soit Facebook et des sites de chat, le tout en récidive, pendant une période allant de février 2013 à février 2016. Bref, celui qui a l’apparence de Monsieur Tout-le-monde risque très gros, “20 ans de prison, et 20 ans de suivi sociojudiciaire”, rappelle le procureur Jean-Claude Miquel.

Dénoncé par un appel anonyme

Tout commence par un coup de fil anonyme au commissariat pour dénoncer sa détention d’images pornographiques et des propos indécents que l’homme tient sur un site de “chat” pour ados. Inscrit au fichier des délinquants sexuels, il est interpellé, placé en garde à vue. Il reconnaît avoir créé des faux profils d’adolescentes, dont un au nom de Sara, 13 ans, pour entrer en contact avec des fillettes de 12-13 ans, obtenir des confidences sur leur intimité, et des photos nues.

Des images et vidéos de viols d’enfants…

Dans son ordinateur, il détient cinq comptes Skype de faux ados pour 1 467 contacts. Dont Sara, qui a 44 amis, qui “chatte” énormément. Sur une clé USB, sur un fichier au nom de sa véritable fille, 141 documents pédopornographiques, 1 000 images, 200 vidéos. Dont des photos “d’adolescentes mettant en scène des actes sexuels, parfois des enfants de 6 -8 ans qui se font pénétrer vaginalement et annalement”, comme l’a rappelé le Ministère public. Sara détient aussi 25 photos de l’intimité de la victime. Il la connaît puisqu’elle était venue faire un stage dans le restaurant où il travaille. C’est en discutant avec elle sous un faux profil mais correspondant à une vraie adolescente, que la victime connaît, qu’il a obtenu les photos en question. Parallèlement, il discutait aussi avec sa victime par Facebook, cette fois sous son vrai profil. Il y a tenu des propos graveleux.

Intéressé par les ados de 12-13 ans

À la barre, le quadragénaire explique son comportement par une volonté d’entrer dans l’intimité des adolescentes de 12-13 ans, pas plus jeunes, et ne pas vouloir de contact physique. “Je regrette le mal que j’ai fait” à la victime. Sauf que le prévenu a déjà purgé deux ans de prison pour les mêmes faits (de 2008 à 2010), est sous le coup d’un suivi sociojudiciaire de 10 ans. Et que, deux mois après sa sortie, il a déjà acquis un nouvel ordinateur et recommence à se faire passer pour un ado, et tout ce qui s’ensuit.

Dans cette affaire, l’expert psychiatre dira qu’il est “accessible à une sanction pénale”. Pour le prévenu, s’il a recommencé, c’est la faute des médecins qui ne lui ont pas prescrit un traitement adapté. “Aujourd’hui, j’ai un vrai suivi avec un traitement médicamenteux”. Quand vient le tour du procureur, le verbe devient passionnel et passionné, ce qui est rare dans un tribunal. Il insistera sur la récidive, deux mois après sa sortie de prison, sur le caractère odieux des images…

De la prison ferme

Pour sa défense, Me Desbruères, rappellera le début de travail psychologique entamé par le prévenu. Un rappel qui n’a pas fait le poids face aux réquisitions du Ministère public, suivi par le tribunal : l’homme a été condamné à 5 ans de prison ferme, 10 ans de suivi sociojudiciaire, interdiction de fréquenter des lieux en rapport avec des mineurs, d’exercer une profession en rapport avec des mineurs, d’entrer en contact avec la victime, avec injonction de soins et indemnisation de la victime (5 000 €), inscription au fichier des délinquants sexuels. Comme il était déjà inscrit, une deuxième mention s’y ajoutera.

Source: Midi Libre

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