Drancy | Après avoir tué son fils, la mère l’a mis dans la machine à laver

Une étape supplémentaire dans l’insoutenable a été franchie avec le récit de l’infanticide du petit Haroun, 22 mois, à Drancy.
La mère, meurtrière présumée, 28 ans, a reconnu les faits pendant ses 48 heures de garde à vue.

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Drancy, samedi. La famille vivait dans ce quartier pavillonaire tranquille. Les voisins, qui n’ont jamais remarqué le moindre signe de violence, sont effondrés après le drame. (LP/Thomas Poupeau.)

Interrogée dans les locaux de la sûreté départementale depuis mardi dernier, elle avait confirmé les déclarations de son mari.
Le petit garçon de 22 mois avait été frappé violemment et projeté au sol. Elle a expliqué l’avoir «boxé ».

Elle a mis le corps inanimé dans le tambour et enclenché un programme

Après s’être déchaînée sur son enfant, elle a révélé un scénario encore plus atroce. Alors que l’enfant ne bouge plus, elle entreprend cet acte insensé.

Voulant faire disparaître les traces des violences, elle introduit le petit corps dévêtu dans le tambour du lave-linge puis elle enclenche un programme.
Elle sort l’enfant de la machine puis le rhabille et le dépose, inerte, dans son lit.

Lorsqu’elle réalise que l’irréparable a été commis, elle appelle son mari au téléphone. Celui-ci découvrira son bébé couvert d’hématomes, ne bougeant plus.

Le père prend le chemin des urgences de l’hôpital privé du Blanc-Mesnil.
L’équipe médicale ne peut que constater le décès de l’enfant. L’autopsie révélera que la petite victime était déjà morte quand sa mère l’a jeté dans le lave-linge.

La mère aurait frappé son enfant «par rage»

Le médecin a écarté l’hypothèse d’une crise de démence.
La mère a dit qu’elle avait frappé son enfant «par rage ».

Avant de se déchaîner sur Haroun, elle aurait expliqué qu’elle était rentrée d’un rendez-vous médical «de mauvais poil ». Seule à la maison, elle s’est défoulée sur le petit.

Cette famille présentée comme «socialement carencée », n’était pourtant pas suivie par les services sociaux. Lors de son audition, «elle pleurait surtout sur son sort », indique-t-on de sources proches de l’enquête.

Une femme «sympathique, rigolote» selon une voisine

Dans le voisinage de la famille meurtrie, une rue pavillonnaire très tranquille, on tombe des nues. «Je ne comprends pas ce qui s’est passé. C’est une femme sympathique, rigolote, qui ne présentait pas le moindre signe d’agressivité », raconte, effondrée, sa voisine, elle aussi mère au foyer.

« J’allais de temps en temps chez elle, mes enfants jouaient avec le sien, et parfois c’est elle qui venait à la maison. Elle était aux petits soins avec son fils, comme une maman tout à fait normale… »

Un autre couple de voisins confirme :

«Elle était aimable, et avec son mari, ils étaient discrets. Notre fenêtre donne sur leur jardin, on n’a jamais entendu aucun cri, aucune dispute ! »

Le père avait éloigné le fils aîné du foyer pour le protéger

Autre point troublant : le couple avait un autre enfant de 5 ans mais il ne vivait plus sous leur toit. Ce jeune garçon se trouverait actuellement en Algérie.

Il y a deux ans, le père avait pris l’initiative de l’éloigner du foyer familial, déjà à l’époque, pour le protéger des violences sa mère.

Aucun signalement n’avait été fait à ce moment. Vendredi, la mère infanticide a été écrouée. Le père a été remis en liberté, aucune charge n’a été retenue à son encontre.

Une information judiciaire a été ouverte.

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