Île-de-France | Deux jeunes de 18 ans écroués pour proxénétisme aggravé
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 13/05/2026
- 13:34
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Sylvain et Éric (les prénoms ont été changés) n’ont que 18 ans et leur agenda judiciaire est déjà bien chargé. Les juridictions de Bobigny (Seine-Saint-Denis) et d’Evry (Essonne) les ont dans le collimateur, leur reprochant d’avoir prostitué des jeunes filles mineures.
Mais ce vendredi 10 avril, c’est dans le box du tribunal correctionnel de Meaux (Seine-et-Marne) que les deux amis – qui se présentent comme des cousins – ont démarré leur périple. Jugés pour proxénétisme aggravé. Des faits qu’ils ont fermement contestés.
Leur interpellation remonte au 12 février, quand une patrouille de la Brigade anticriminalité (BAC) du commissariat de Chessy déboule dans un immeuble de la rue Buissonnière, à Bussy-Saint-Georges. Les policiers ont été alertés par un résident que des hommes vont et viennent dans les parties communes. Ce témoin suspecte qu’un des appartements abrite des activités illicites : soit un trafic de stupéfiants, soit de la prostitution.
« On profite de jeunes filles qui ne vont pas bien »
Les fonctionnaires vont croiser un client, qui reconnaît aussitôt le motif de sa présence : il vient d’avoir une relation sexuelle tarifée avec une prostituée, âgée de 19 ans selon lui. Pas vraiment en réalité, car la BAC va se retrouver face à trois adolescentes de 17 ans, qui vendent leur corps. Sylvain et Éric, présents, sont interpellés.
La perquisition effectuée dans l’appartement, loué via une plate-forme, va mener à la découverte de tubes de lubrifiants, de préservatifs et de lingettes, mais également à la saisie de deux grands couteaux de cuisine dans la salle de bains.
Visiblement, les proxénètes se cachaient dans cette pièce, pour « sécuriser » en toute discrétion les passes qui se déroulaient dans le salon.
« Je ne savais pas qu’elles se prostituaient. J’étais venu passer une bonne soirée »,
a assuré Sylvain à l’audience. Une explication que la substitute du procureur Léa Dreyfus avait du mal à comprendre :
« Vous faites souvent des soirées à quatre dans une salle de bains, pendant qu’une cinquième personne reste dans la chambre ? »
Et la parquetière de souligner que le nom des prévenus était lié à des annonces payantes publiées sur le site sexmodels. « Je ne comprends pas pourquoi », a lâché Sylvain pour toute réponse.
« On est partis voir des amis, c’est tout »
Éric est resté tout en sobriété pour expliquer sa présence à Bussy-Saint-Georges :
« On est partis voir des amis, c’est tout. Moi, je récupérais l’argent de personne ».
Pour lui aussi c’était : circulez, y’a rien à voir. Il a bien vu « deux préservatifs » mais n’y a pas vraiment prêté attention. La soirée, lui, il ne l’a pas passée dans la salle de bains mais plutôt sur le palier.
« Chacun son intimité », a-t-il justifié.
Me Pierre-Jean Toty représentait deux des adolescentes, la troisième étant elle-même renvoyée comme proxénète devant un tribunal pour enfants. Il a insisté sur la « fragilité gigantesque » de ces jeunes filles, « déscolarisées et en rupture familiale ».
La représentante de l’association d’aide aux victimes Avimej n’a pas pu les rencontrer non plus, avant de préciser qu’elles étaient « en fugue ».
C’est peu dire que la substitute du procureur Léa Dreyfus était remontée contre les prévenus, qui se sont enrichis grâce à l’exploitation de mineures.
« On profite de jeunes filles qui ne vont pas bien. Elles sont ciblées parce qu’elles sont malléables ». Et la parquetière, qui a requis jusqu’à quatre ans de prison dont trois fermes, de marteler : « Quand on a 17 ans et qu’on fait 30 passes par jour, on ne s’en remet jamais ».
Les juges ont prononcé des peines allant jusqu’à trois ans de prison, dont deux fermes, assorties d’amendes. Les deux prévenus ont été écroués à l’issue de l’audience. Ils sont en outre inscrits au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes.
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