Seine-et-Marne | Déjà condamné à 47 ans de prison, un homme de 69 ans retourne en cellule pour des relations avec des mineures placées en foyer
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 13/05/2026
- 13:51
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Déjà condamné à 47 ans de prison dont 25 réellement effectués, Guy va encore se retrouver en cellule. Vendredi 20 mars, il était jugé par le tribunal correctionnel de Melun pour recours à la prostitution avec une mineure, du 19 au 20 février 2024 à Provins. Carole avait 16 ans. Lui, 67.
Le prévenu, aujourd’hui âgé de 69 ans, était également poursuivi pour corruption de mineurs et incitation à la consommation de stupéfiants sur d’autres jeunes filles, Cléo et Léa, alors âgées de 14 et 15 ans, en février 2024, toujours à Provins. Il leur a montré des images et vidéos pornographiques sur son téléphone. Il les aurait conduites jusqu’à des dealers pour qu’elles achètent leur « fumette ».
Point commun de ces trois adolescentes : toutes étaient placées par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) au foyer du Service départemental d’accueil d’urgence de la cité médiévale.
Trois condamnations aux assises
Guy aussi a connu des foyers en raison d’une mère violente et d’un père absent. Sa vie est émaillée de seize mentions à son casier judiciaire dont trois condamnations aux assises, une fois pour viol sous la menace d’une arme et deux fois pour vol avec arme.
C’est une éducatrice du foyer qui a signalé à la police cet homme qui garait sa Mercedes devant l’établissement régulièrement. Le 29 février, il est interpellé. Dans son téléphone sont trouvées 1 050 images de femmes adultes dénudées et une trentaine de vidéos de nature sexuelle ou pornographique. Dans son ordinateur, 100 000 traces de sites pornographiques adultes sont également retrouvées.
Guy arrive à Provins en 2024 trois mois après une sortie de prison et loge à l’hôtel. Un soir vers 22 heures, il croise Léa et Cléo en ville.
« On était en galère de clopes, il nous a offert un paquet à chacune. Il a pris le numéro de Cléo. On l’a revu, il nous a payé des Mac Do, des clopes », a expliqué Léa aux enquêteurs. Elle confie qu’il a « essayé des trucs avec nous, on a refusé. Il parlait tout le temps de sexe, nous montrait des vidéos pornos dans son téléphone. On voyait qu’il avait faim. »
Dans le box, le crâne dégarni et la barbe blanche, Guy s’étonne :
« Je voyais qu’elles étaient en détresse. J’ai donné mon numéro pour qu’elles m’appellent en cas de besoin ». Il fait le taxi pour les conduire ici ou là. « Je rendais service », assure-t-il.
« On devait lui trouver une meuf »
Savait-il qu’elles étaient mineures ? Cléo, 14 ans, a dit qu’elle en avait 17, Léa 16. Il entend dire que Carole en a 19. Guy nie leur avoir montré des photos pornos :
« Ma parole d’homme que j’avais jamais vu ces images dans mon téléphone ! » Même « surprise » sur le contenu de son ordinateur.
« Le deal ? Il payait tout et on devait lui trouver une meuf », résume Léa. À l’audience, Carole admet s’être « portée volontaire pour devenir cette femme-là ».
Il l’invite au restaurant, elle boit un mojito. Il l’emmène à l’hôtel.
« Je lui ai fait comprendre que je n’avais pas du tout envie. Mais je n’avais pas le choix. C’était soit ça, soit je partais et je n’avais plus rien », souffle Carole. Au total, ils ont deux rapports sexuels.
Le lendemain il l’emmène chez Kiabi.
« Le but, c’était de le faire dépenser. Il a acheté ce que je voulais pour 178 euros ». La contrepartie des relations sexuelles ? « C’est dur à assumer encore aujourd’hui », admet Carole. « Elle avait l’âge d’être votre petite-fille », assène la présidente. Il évoque un « piège » tendu.
Évoquant sa « sexualité déviante et sa dangerosité sociale » selon un psychiatre, la procureure a requis cinq ans de prison ferme et quatre ans de suivi sociojudiciaire avec notamment interdiction de contacter les victimes et les mineurs et de paraître à Provins.
« Il n’a peut-être pas la capacité de rationalisation que tout homme devrait avoir. Quand on passe 25 ans ou 9 125 jours en prison, à force, les codes, on ne les a plus », estime Me Mathias Ferré, avocat de Guy.
« Il avait besoin de se valoriser, montrer qu’il est généreux. » L’avocat se tourne vers Carole : « Vous êtes victime à 100 % et il est responsable. Mais avait-il le projet de commettre un viol ou une agression sexuelle ? »
Guy a été condamné à quatre ans de prison avec maintien en détention et quatre ans de suivi sociojudiciaire avec obligation de soins et d’indemniser les victimes (5 000 euros à Carole, 2 000 à Léa et 2 800 à Cléo). Il a interdiction de les contacter, ainsi que des mineurs, interdiction de toute activité avec des mineurs.
Il risque deux ans de prison de plus s’il ne respecte pas ces injonctions. Il a été inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
« Sexualité déviante et dangerosité sociale »
« Le degré zéro de remise en question fait froid dans le dos »,
s’insurge Me Emmanuel Giordana, avocat de Léa. Il estime que les faits auraient pu être requalifiés en viol pour Carole qui décrit un rapport anal non consenti.
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