Saint-Omer | 18 ans de prison pour viols et agressions sexuelles incestueux

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“J’étais son esclave”
Un procès de cinq jours a pris fin à la cour criminelle de Saint-Omer. Ce vendredi, elle a statué sur le sort de L. D. et M. P. Le premier est condamné à dix-huit ans de prison, et la seconde, à sept ans.

La cour criminelle de Saint-Omer vient de mettre fin à cinq jours d’un procès éreintant. Éreintant pour les juges, les avocats, les suspects, mais surtout pour les enfants de ces derniers.

Quatre membres de la fratrie accusaient L. D. de viols, agressions sexuelles et violences. Quant à leur mère, M. P., les sept enfants lui reprochaient des faits de violences et de non-dénonciation.

Les faits dénoncés se sont produits à Fléchin et Gonnehem, entre 2015 et 2022.

Vendredi 16 janvier, les enfants ont été entendus, après des jours de pleurs et de malaises. Les juges ont reconnu L. D. et M. P. coupables pour l’ensemble des faits qui leur étaient reprochés.

L. D. est condamné à une peine de dix-huit ans de réclusion criminelle, sans période de sûreté. La décision est assortie d’une interdiction de contact avec les sept enfants, ainsi que d’un retrait de son autorité parentale concernant les plus jeunes.

« Un soulagement », lâche Olivier*, 17 ans. « J’étais son esclave », avait-il déclaré plus tôt cette semaine.

Cette victoire, la fratrie ne l’a soufflée qu’à demi-mot. En cause : la décision à l’encontre de leur mère.

M. P. est condamnée à sept ans de prison, sans période de sûreté, mais avec application immédiate de la peine. De même que l’autorité parentale lui est retirée.

Les victimes ont accueilli les mots du président de la cour, Hervé Vlamynck, avec des larmes et des visages graves.

Durant ce procès, leur plus grande peur était celle de ne pas revoir leur mère. « On envisage de faire appel », précise Me Alexandre Demeyère-Honoré, avocat au barreau de Lille, qui plaidait plus tôt dans la journée pour qu’elle n’ait « aucune peine de prison ferme ».

Peut-être la défense de L. D. a-t-elle su marquer le coup ? « Madame, vous n’avez pas été que victime, et monsieur n’a pas été que votre bourreau », a plaidé Me David Dhote, sachant que M. P. a obtenu la condamnation de L. D. en 2023 pour des violences à son encontre. « Les torts sont partagés », résumait-il ensuite.

Les parties civiles ont obtenu réparation des préjudices subis à hauteur de 133 000 euros, répartis de façon inégale entre les frères et sœurs. La somme est à régler de façon solidaire entre les parents.

Reste à savoir quel sort sera réservé à J. B., mari de M. P., et troisième accusé dans cette affaire. Il sera jugé par le tribunal correctionnel de Saint-Omer, à une date ultérieure.

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