Saint-Maurice-sous-les-Côtes | 24.000 images et 500 vidéos pédopornographiques

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C’est un souhait de ma part de voir ces vidéos et ça ne répond pas à une pulsion
Plus de 24.000 images et 500 vidéos pédopornographiques ont été retrouvées dans le matériel informatique d’un quadragénaire qui consultait et enregistrait sur des sites spécialisés depuis 2003. Il a été condamné à 18 mois de prison ferme, le procureur avait requis 30 mois ferme.

L’affaire remonte à la plainte d’une jeune femme à la gendarmerie de Vigneulles le 19 avril 2019, qui soupçonne son conjoint d’agression sexuelle sur leur fils. Elle a quitté le domicile familial dix jours plus tôt après avoir appris que ce dernier était inscrit au fichier judiciaire des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais). L’enquête a conduit à la garde à vue du suspect le 31 juillet 2019, qui a toujours nié les faits.

Dans le cadre d’une perquisition, son matériel informatique est saisi, ordinateur, disque dur, clé USB. Son exploitation permet de retrouver « un arsenal pédopornographique », décrit le procureur, Sofian Saboulard. Plus de 24.000 photos et 500 vidéos mettant en scène des mineurs, âgés entre 6 ans et 9 ans.

En détention provisoire depuis le 7 janvier 2020, l’individu a fait l’objet d’une information judiciaire qui vient d’aboutir à un non-lieu pour les faits d’agression sexuelle.

Mais il reconnaît la détention d’images et de vidéos qu’il téléchargeait depuis 2003. Depuis son domicile lorsqu’il était seul ou lors de déplacements professionnels.

Ses déclarations sont nauséeuses. Il se définit comme un

« boulimique du stockage qui agit par pulsion avec une envie de revoir ces horreurs ».

Il se dit

« attiré par les jeunes filles en formation ».

« Une dangerosité criminologique »

Plusieurs expertises psychiatriques mettent clairement en avant la « dangerosité criminologique » de cet homme qui a connu une addiction à l’alcool et aux produits stupéfiants.

Par visioconférence, l’intéressé développe un nouveau discours.

« C’est un souhait de ma part de voir ces vidéos et ça ne répond pas à une pulsion. L’incarcération me met face à la réalité et il a fallu que je sois honnête avec moi-même pour me libérer de ce problème. J’entreprends une thérapie de façon sincère ».

Le procureur nuance :

« J’ai rarement vu des expertises avec un tableau aussi sombre ».

« Je travaille sur mon égocentrisme, j’assume à 100 % les faits que j’ai commis », assure le détenu.

« Derrière l’image, il y a des enfants violés et abusés »

« Derrière l’image, il y a des enfants violés et abusés. Ces agissements sont abominables »,

dénonce avec force le procureur, qui requiert à titre de peine principale 30 mois de prison ferme avec un maintien en détention.

Représentant l’association La Mouette, dont la mission est la protection des enfants, Me Soriano réclame 3.000 € de dommages et intérêts qui contribueront à la mise en place de salles « Mélanie » dans les commissariats et les gendarmeries, des lieux d’écoute dédiés aux mineurs.

De son côté, Me Hel observe « une réelle progression dans le discours de son client » qui est, selon lui, « dans une thérapie sincère. Pour lui, la détention a été salvatrice. Il a besoin d’être dehors, soigné et avec son fils ».

Le tribunal a tranché en condamnant le prévenu à 18 mois de prison ferme assortis d’un suivi sociojudiciaire sur cinq ans, à un maintien en détention et à une interdiction d’exercer une activité en relation avec des mineurs. Il devra verser 1 € symbolique à La Mouette.

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