Affaire Fiona | Ouverture du procès de la mère et du beau-père de Fiona

Devant les caméras de la France entière et, pendant de longs mois de l’année 2013, Cécile Bourgeon avait montré son visage éploré, appelant à l’aide pour retrouver sa fille Fiona, 5 ans. Avant de tout avouer, acculée, confondue par les enquêteurs en raison de ses multiples mensonges et des incohérences de son récit.

Une spirale de mensonges que Cécile Bourgeon, 29 ans, avait entretenue pour protéger son compagnon, Berkane Makhlouf, 35 ans.

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Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, accompagnée de son avocat Me Gilles-Jean Portejoie le 5 septembre 2016, à Riom, dans le Puy-de-Dôme. | THIERRY ZOCCOLAN / AFP

La mère de la petite Fiona devra s’en expliquer à partir de lundi 14 novembre devant la cour d’assises du Puy-de-Dôme. Elle est jugée avec son ex-compagnon jusqu’au 24 novembre. Le couple est accusé de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineure de moins de 15 ans, par ascendant ou personne ayant autorité et en réunion, de non-assistance à personne en danger et de recel ou dissimulation de cadavre. Ils encourent trente ans de réclusion criminelle.

Makhlouf va « s’expliquer »

Cécile Bourgeon, métamorphosée par une prise de poids conséquente, est arrivée dans un fourgon vers 9 heures, tout comme Berkane Makhlouf. Sous une pluie fine, le père de Fiona, Nicolas Chafoulais, est arrivé au tribunal le visage enfoui sous la capuche de sa parka, cigarette à la main accompagné d’une jeune femme :

« Je veux savoir où est ma fille », a-t-il seulement glissé la voix tremblante.

Vêtue de noir, Cécile Bourgeon a pris place dans le box, les cheveux d’un blond délavé et coupés au carré lui cachant le visage. Berkane Makhlouf, visage émacié et glabre, porte une chemise sous un pull gris. Les deux accusés, séparés par un policier, ne se sont pas regardés.
Les dix jours de procès à Riom, pour lequel quelque 70 journalistes ont été accrédités, devront tenter de déterminer leurs responsabilités respectives dans la mort de la fillette et d’en savoir plus sur le sort réservé à sa dépouille, toujours introuvable malgré plusieurs campagnes de fouilles.

Les avocats de Cécile Bourgeon n’ont pas souhaité s’exprimer avant l’audience mais celui de Berkane Makhlouf, Me Mohamed Khanifar, a assuré que son client allait « s’expliquer ».

Accusations mutuelles

Le 12 mai 2013, la mère de Fiona avait déclaré sa disparition dans un parc de Clermont-Ferrand, alors qu’elle s’était assoupie. Un mensonge inventé de toutes pièces qui mobilisera, outre les enquêteurs, de nombreux habitants de Clermont-Ferrand partis à la recherche de l’enfant, émus par la détresse affichée de la jeune femme.

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Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, accompagnée de son avocat, Me Gilles-Jean Portejoie, lors d’une conférence de presse à la suite de la « disparition » de sa fille, le 16 mai 2013. | THIERRY ZOCCOLAN / AFP

Mais son attitude calme et détachée intrigue. Interrogé quatre mois plus tard dans un commissariat de Perpignan, le couple, connu pour toxicomanie, avoue le décès de l’enfant, la mère et son compagnon s’accusant mutuellement d’avoir porté les coups mortels.

Petite enfant martyre, Fiona serait décédée d’un « enchaînement fatal de violences », selon la juge d’instruction chargée de l’enquête. Les ex-concubins ont précisé aux enquêteurs l’avoir enterré, nue, à la lisière d’une forêt près du lac d’Aydat, à une vingtaine de kilomètres de Clermont-Ferrand. Mais ont-ils dit toute la vérité ?

« On espère toujours qu’il y ait une vérité, une vérité absolue. Ce sera avant tout, à mon avis, une vérité judiciaire.

Quand un père se constitue partie civile contre sa propre fille, c’est peut-être avant tout un certain désespoir.

Tous autant que nous sommes, nous souhaiterions retrouver le corps de Fiona », résume Me Maud Vian, avocate du père de Cécile Bourgeon, Gérard Bourgeon. Sept associations de protection de l’enfance se sont aussi portées parties civiles.

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