Puteaux | Le pédo qui échangeait des photos avec un jeune de 12 ans échappe à la prison !

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« La difficulté, ce n’est pas que vous ayez une tendance homosexuelle, mais pédophile »
©Illustration Archives actu.fr
Un homme de Puteaux a été incarcéré après avoir échangé des messages sexuels avec un mineur et détenu des images pédopornographiques. Le prévenu est condamné à trois ans d’emprisonnement dont deux ans avec un sursis probatoire de deux ans

En juillet 2018, un préadolescent de 12 ans reçoit une invitation sur Snapchat. L’émetteur n’est autre que le prévenu, alors âgé de 36 ans et résidant à Puteaux (Hauts-de-Seine).

La conversation dégénère dès les premiers messages.

Sur leur transcription, mardi 8 juin 2021, la présidente du tribunal de Nanterre lit :

« On peut parler un peu sexe alors ».

L’homme affirme être tombé sur le profil du jeune garçon via les suggestions de contacts sur l’application. Au fil de l’été, la conversation devient de plus en plus explicite.

Les participants s’envoient des photos de leurs sexes en érection. Ils parlent de se rencontrer, mais la date ne convient jamais aux deux.

La juge précise :

« Le jeune ne voulait pas le rencontrer ».

À l’époque, le père du préado est en train de perdre la vie.

L’avocat de la partie civile qui demande 5 000 € de préjudice matériel pour un éventuel suivi chez un thérapeute et 10 000 € de préjudice moral, défend :

« Le garçon a pris appui sur la mauvaise personne. Cette sale tache viendra polluer sa vie sexuelle et affective sur le long terme ».

Comme elle vérifie de temps en temps le téléphone de son fils, la mère de la victime tombe sur une photo compromettante et engage le dépôt de plainte.

Elle interroge à la barre :

« Je veux savoir pourquoi, je ne comprends pas, pourquoi des enfants ? »

Son fils de désormais 15 ans, présent à l’audience, n’a pas souhaité s’exprimer.

La plainte lance la Brigade de protection des mineurs sur les traces du prévenu.

Après une garde-à-vue du prévenu et une perquisition en 2020, les enquêteurs trouvent onze séquences de vidéos pédopornographiques, impliquant des enfants de 6 à 10 ans contraints, sur son téléphone.

La présidente compatit :

« Ce qu’on vous reproche, c’est que votre attirance sexuelle soit orientée vers ces enfants. Vous pensez qu’ils sont volontaires pour faire ce genre de choses ? On voit sur le visage de ces jeunes victimes qu’elles souffrent ».

Dans une autre conversation par SMS, le prévenu évoque aussi la possibilité d’avoir une relation sexuelle avec un enfant de 11 ans.

Concernant la victime, il explique avoir eu une « pulsion dans une mauvaise passe » mais qu’il n’envisageait pas de rencontre réelle.

Ce technicien dans un grand groupe automobile justifie ses actions par son insatisfaction professionnelle et sa consommation de cannabis, qu’il a désormais stoppée. Autre piste : le suicide de son père quand il avait 6 ans l’a traumatisé.

La juge insinue :

« Est-ce une façon de toucher à un bout de vous quand vous étiez jeune ? »

Il l’ignore :

« Ça m’a tellement travaillé pendant longtemps, que j’ai fait en sorte d’oublier toute mon enfance ».

Depuis son contrôle judiciaire en mars 2021, l’homme vivant chez sa mère a l’obligation de voir un psy mais n’a pas encore obtenu de rendez-vous.

Il affirme :

« Je regrette de ne pas avoir été interpellé plus tôt. Ça m’aurait permis d’avancer, psychologiquement ».

Son expertise pointe son « contact distant » et sa « froideur affective ». Elle décèle sa personnalité schizoïde (manque d’intérêt pour les relations sociales), malgré l’absence de pathologie psychiatrique.

La juge lui rappelle :

« La difficulté, ce n’est pas que vous ayez une tendance homosexuelle, mais pédophile. La pédophilie est une déviance condamnée par la loi ».

L’homme s’excuse :

« Je suis vraiment désolé pour lui, je n’avais pas mesuré les conséquences que ça pouvait avoir ».

Autrement, il n’a qu’une mention à son casier, pour conduite sous l’emprise de stupéfiants en 2005.

Le prévenu est condamné à trois ans d’emprisonnement dont deux ans avec un sursis probatoire de deux ans (comme requis par la procureure de la République) assorti des obligations de travailler ou de faire une formation, de suivre des soins psychologiques, d’indemniser la victime à hauteur de 1 500 € pour son préjudice moral et de 1 000 € pour les frais de procédure, et des interdictions de contact avec la victime et de pratiquer une activité en lien avec les mineurs. Il est également inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (Fijais).

**Cette peine est susceptible d’appel. Tout prévenu demeure présumé innocent tant que toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées.

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