Polynésie | Il agresse sa sœur et sa filleule et prend 7 ans

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7 ans pour lui, trauma à vie pour elles
Deux jeunes filles, mineures au moment des faits, ont subi les agressions répétées pendant plusieurs années d’un homme qui avait avec elles un lien de confiance et d’autorité. Le tribunal l’a condamné à 7 ans de prison.

C’est un homme à la forte corpulence, vêtu d’un tricot noir, qui s’exprime derrière le box vitré du tribunal. Le prévenu a agressé sexuellement sa demi-sœur et sa filleule alors qu’elles étaient mineures. Les victimes ont décrit des attouchements répétés, des pressions psychologiques, des menaces et des actes à caractère sexuel.

L’une des victimes a souffert de crises d’angoisse, de scarifications et de pensées suicidaires. Elle bénéficie toujours d’un suivi psychologique.

En parler

Pour maître Isabelle Nougaro, avocate de la partie civile, il est essentiel que les victimes puissent briser le mur du silence.

« Le fait d’en parler, c’est toute la prévention qu’on met en place depuis des années, et surtout en matière d’agression sexuelle ou de viol au sein des familles, au niveau de l’inceste. Le fait de faire sortir la parole de la victime en dehors du milieu familial reste la chose la plus difficile. Et ce que nous montre à nouveau ce dossier pour ces deux petites filles qui sont entretemps devenues des jeunes filles qui, pendant des années et des années, ont vécu au sein du milieu familial l’indicible et qui, en dépit, j’allais dire, de tout ce qui a pu être mis en place, n’ont pas réussi à dénoncer l’auteur », dit-elle.

Le prévenu a également évoqué avoir lui-même subi des violences sexuelles lorsqu’il était plus jeune. Il a demandé à pouvoir bénéficier de soins, mais ses explications n’ont pas convaincu le tribunal sur l’ensemble des faits.

“On doit avoir une décision qui soit équilibrée”

Pour la défense, maître Smain Bennouar, il est important que le tribunal prononce une peine mixte qui tienne compte de ce que lui-même a subi afin de trouver une peine juste et proportionnée.

« La décision est juste et équilibrée, que quand elle est comprise par le prévenu, eh bien elle est mieux exécutée, elle est admise et elle permet au contraire de pouvoir s’amender, c’est-à-dire reconnaître ses torts, changer et de ne pas réitérer. Donc il ne faut pas verser dans l’excès, parce que n’importe quelle décision, qu’elle soit prononcée, comme je l’ai indiqué, devant le tribunal correctionnel ou devant la cour d’assises, ne peut pas compenser la pénibilité et la souffrance d’une partie civile. Mais pour autant, la défense, eh bien on doit avoir une décision qui soit équilibrée, qui obéit à des règles de droit, mais aussi de bon sens », explique l’avocat.

Le tribunal l’a finalement condamné à 7 ans de prison, assortis notamment d’un suivi socio-judiciaire, d’une injonction de soins, d’une interdiction de contact avec les victimes et les mineurs, ainsi que d’une interdiction de se rendre à leur domicile.

Les deux victimes ont également obtenu 1,5 million CFP chacune en réparation de leur préjudice.

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