Polynésie | 6 ans de prison pour avoir violé sa fille de 12 ans contre un traumatisme à perpétuité
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 02/09/2026
- 16:17
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Malgré son traumatisme, celle que nous appellerons Elia a accepté un huis clos partiel pour son audience. La presse a donc pu y assister.
« Être victime d’inceste, c’est inscrit dans la chair toute une vie », plaide l’avocate de la victime.
Pendant plus d’une heure, la jeune fille, aujourd’hui âgée de 16 ans et qui entre tout juste en première, a été confrontée au calvaire qu’elle a vécu en 2022.
Une nouvelle étape douloureuse, mais nécessaire pour pouvoir, enfin, passer à autre chose.
Pendant l’audience, Elia est restée muette. Ses larmes ont parlé pour elle. Elle était accompagnée par sa mère, sa tante chez qui elle a été placée en 2024, ainsi que l’APAJ.
Elia avait 12 ans à l’époque des faits. La famille, aux moyens modestes, dormait dans la même pièce : ses parents sur un matelas, elle et son frère sur un autre.
Un soir, le père a attendu que tout le monde dorme pour abuser sexuellement de sa fille. Puis les gestes se sont répétés chaque week-end.
Il lui a imposé un cunnilingus, puis des pénétrations digitales. Des faits qui ont duré près d’un an.
La mère, souvent alcoolisée, n’aurait rien vu.
« Il me disait : ‘Laisse-toi faire’ ou alors ‘Laisse-moi te faire jouir’ (…). Des fois, c’était le doigt et ça me faisait mal. Puis il venait me voir pour me demander si j’avais aimé », avait relaté l’adolescente lors de son audition.
Et que dit le père pour sa défense ?
« Je n’ai pas agi en tant que père, je n’ai pensé qu’à moi (…). Dans mon esprit, c’était de lui faire connaître une partie des rapports sexuels qu’elle pourrait avoir avec des garçons », « si j’avais le choix entre me pendre et couper mes parties intimes, je couperai mes parties intimes » a-t-il argumenté, adressant tout au long de l’audience « oui, votre honneur » au président du tribunal.
Des explications « bizarroïdes et inentendables » pour le président.
« On ne voit pas le rapport entre faire un cunnilingus et protéger ses enfants », lui a-t-il lancé.
Le prévenu a alors rétorqué avoir « réagi bêtement », assurant qu’il ne recommencerait pas ses « bêtises ».
Des « bêtises » qui « sont en réalité des viols », a martelé l’avocate de la victime, Me Nougaro.
Des viols qui ont abîmé à jamais la vie de cette jeune fille, de cette famille.
« Elle n’arrivait pas à dire non. À l’époque elle n’avait pas les capacités intellectuelles et physiques nécessaires pour s’opposer à lui » poursuit l’avocate.
Le père a imposé le silence à sa fille et a également tenté les mêmes gestes sexuels sur sa nièce.
« Le silence, c’est ce qui détruit les enfants qui subissent l’inceste. Chez Elia c’est une caractéristique de sa personnalité aujourd’hui. Elle a de très bons résultats scolaires mais du point de vue de sa psychologie, ce n’est pas le discours du père qui va permettre de la reconstruire. » déclare Maître Nougaro, avocate de la victime
C’est finalement le petit ami d’Elia qui, quelques années plus tard, a dénoncé les faits auprès des services compétents de leur établissement scolaire.
C’est à ce moment-là, en mai 2024, que l’adolescente a été placée chez sa tante. Elle continuait à croiser son père, notamment à la chapelle, jusqu’au placement de celui-ci en détention provisoire.
L’affaire était jugée aujourd’hui en comparution immédiate et non en cour d’assises – qui traite généralement les faits de viols – pour permettre à Elia un procès plus rapide. Et ce, afin d’accélérer la procédure dans un contexte marqué par l’affaire Lyhanna, qui a mis en lumière les lenteurs dans le traitement des affaires de violences sexuelles sur mineurs.
Peine maximale de 10 ans requise
Peu convaincue par les explications du père, la procureure a requis la peine maximale encourue devant le tribunal correctionnel, soit dix ans de prison.
Imposer de tels actes sexuels à sa fille, « c’est un crime, ce n’est pas une erreur ou une bêtise », a-t-elle insisté, estimant que le prévenu « minimise la gravité de ses gestes ».
L’avocat de la défense, Me Peuillot, a insisté sur l’enfance difficile et les capacités intellectuelles limitées de son client pour demander une peine moins lourde.
« Dans son enfance, il y a beaucoup de violences, beaucoup d’alcool. C’est peut-être pour ça qu’il n’a pas la bonne éducation et les bons repères (…). C’est quelqu’un qui a un retard mental considérable et ne se rend pas vraiment compte de ce qu’il fait », a-t-il plaidé.
Après délibération, le prévenu a finalement été condamné à six ans de prison, avec maintien en détention.
Le tribunal a également prononcé le retrait de son autorité parentale sur sa fille, l’interdiction d’entrer en contact avec elle et une obligation de soins. Il a été inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles.
Devant une cour d’assises, le père aurait encouru jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.
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ndlr : La justice française doit cesser de correctionnaliser des crimes sexuels graves dignes des Assises ou d’une Cour Criminelle, au détriment de la reconnaissance de la gravité des faits et du droit des victimes à une protection et une sanction à la hauteur des violences subies.
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