Beaune | Un homme de 60 ans mis en examen et écroué pour avoir commandé des viols d’enfants

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Tout cela ne serait que virtuel pour lui
Un sexagénaire habitant à Beaune a été placé en détention préventive pour avoir commandité des viols en live-streaming sur deux enfants à Madagascar. La date du procès n’est pas encore communiquée.

Suspecté d’avoir payé une femme à Madagascar pour qu’elle se filme en train d’agresser sexuellement ses deux enfants, un Beaunois de 60 ans avait été interpellé début juillet et entendu en garde à vue par les policiers de Beaune et de l’Office des mineurs (OFMIN).

Ce sexagénaire habitant à Beaune aurait piloté ces crimes sexuels directement depuis son domicile, sans jamais se rendre sur place.

L’affaire remonte à septembre 2025. Un problème informatique a tout déclenché. En effet, le 12 septembre 2025, le concerné a déposé son unité centrale dans un magasin multimédia de Beaune pour une réparation.

Or en naviguant sur son ordinateur pour résoudre sa panne, l’informaticien a découvert des contenus pédocriminels et a tout de suite signalé aux forces de l’ordre les vidéos pédocriminelles.

Selon une source proche du dossier, le Beaunois ne comprendrait pas qu’on lui reproche de tels faits, estimant n’avoir commis aucun méfait, étant à distance et n’avoir « que regardé ».

Tout cela ne serait que virtuel pour lui.

Une enquête judiciaire a été ouverte, ayant amené à la mise en examen du suspect et son placement en détention préventive. Le parquet de Dijon, saisi de l’affaire, poursuit les investigations afin de déterminer l’ensemble des circonstances de cette affaire, ainsi que d’éventuelles complicités ou ramifications supplémentaires.

Une dangerosité sexuelle

Il se trouve que le profil du sexagénaire est inquiétant. Il a déjà été condamné en février 2008 par la cour d’assises de Côte-d’Or pour viol sur une personne vulnérable. Il est, depuis, inscrit au fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles et violentes (FIJAISV).

L’expert psychiatre, qui l’a examiné au moment de sa garde à vue, aurait estimé, selon nos informations, qu’il était dangereux d’un point de vue sexuel, n’ayant pas de limites. Il craignait aussi un risque de réitération à cause de son absence de conscience de la nuisance induite par ses actes.

Près de 18 000 € envoyés à la mère

D’après Le Figaro, « l’homme rémunérait une femme à Madagascar pour qu’elle se filme en imposant des rapports sexuels à ses deux fillettes ».

Selon nos informations, le sexagénaire est décrit comme « très particulier », ne prenant pas soin de lui, vivant dans un appartement sale, ne travaillant plus et s’étant coupé du monde extérieur.

Il souffre d’importants problèmes de santé dus à un gros accident médical quand il était enfant. Il aurait d’ailleurs été déclaré mort quelques instants, avant d’être sauvé. Depuis, il est porteur d’un lourd handicap et se déplace difficilement.

Divorcé depuis de nombreuses années, n’ayant plus vraiment d’attaches avec ses enfants, il semblerait, selon les éléments de l’enquête, que ses seuls liens sociaux soient sur internet.

C’est par ce biais qu’il aurait, ces dix dernières années, rencontré et payé plusieurs femmes, souvent venant d’Afrique, pour avoir des échanges sexuels.

Il aurait assuré, face aux enquêteurs, qu’il était en couple depuis trois ans, avec la fameuse Malgache, au cœur de l’affaire.

Entre 2022 et 2025, le Beaunois aurait envoyé près de 18 000 € à celle qu’il désigne comme sa compagne.

Si, au départ, leurs relations sexuelles, par caméras interposées, n’étaient qu’entre eux, cela a pris une tournure criminelle.

Au-delà des nombreuses vidéos à caractère pornographiques découvertes, les enquêteurs sont tombés sur des vidéos pédocriminelles mettant en scène la fille aînée de la femme.

Elle n’était âgée que de 8 ans au moment des premiers faits. Des live streaming qu’il aurait enregistrés.

Selon une source proche du dossier, le Beaunois aurait affirmé que c’est sa « compagne » qui lui aurait proposé de lui montrer sa fille.

Face aux policiers, le mis en cause aurait donc rejeté la faute sur la mère de l’enfant et assuré que cela ne l’avait jamais excité.

Pourtant, les enquêteurs ont aussi réussi à extraire, de ses nombreux disques durs, des échanges sans équivoques, entre la femme et lui, sur les sévices qu’il souhaitait imposer à la fillette mais aussi à son petit frère de 3 ans.

Il encourt alors jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

«Ce cumul de qualifications pénales illustre la complexité du dossier, qui mêle exploitation sexuelle d’enfants et réseaux de commande à distance via des outils numériques», selon Police & Réalités.

Depuis, il a été mis en examen et écroué pour traite d’êtres humains aggravée, complicité de viol aggravé sur mineurs de 15 ans et acquisition d’images à caractère pornographique mettant en scène un mineur.

Le dossier est actuellement entre les mains des magistrats instructeurs, qui devront établir précisément le rôle et la responsabilité du mis en examen dans ces faits.

Pour l’instant, les investigations se poursuivent dans l’attente d’un éventuel procès.

Les forces de l’ordre à Madagascar devraient de leur côté mener les investigations en vue de tirer au clair cette affaire à leur niveau.

Les investigations se poursuivent. Il doit notamment être expertisé par un psychologue et un psychiatre.

Pour la mère des enfants, qui a commis les viols, une commission rogatoire internationale doit être envoyée à Madagascar. Mais son exécution dépendra des autorités malgaches.

Il y a quelques jours, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a réagi à cette affaire :

« C’est tout simplement glaçant. Qu’un homme puisse payer pour assister en direct au viol d’enfants montre jusqu’où peut aller la déshumanisation et l’exploitation des plus vulnérables. Derrière ces actes, il y a des enfants victimes, des vies brisées. Il faut une justice implacable pour les responsables, mais surtout une mobilisation totale pour protéger les mineurs et traquer ceux qui financent ces réseaux. »

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