« Papa me faisait saigner »

« Papa me faisait saigner »

Quinze ans de prison et 10 années de mise à disposition du gouvernement, pour un père violeur et récidiviste.

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Père d’une famille de dix enfants (dont deux sont décédés), Jean-Claude a violé sa fille aînée durant plusieurs années, entretenant avec elle ce qu’il appelait «une relation amoureuse». Ces abus sexuels se déroulaient souvent en présence de Myriam, la mère de la victime, qui participait elle aussi aux ébats…

Pour ces faits abjects, le couple a écopé de cinq ans de prison. Mais par une décision incroyable, la garde de leurs enfants leur a été laissée. C’est ainsi que Caroline, la cadette de la famille, a subi elle aussi les assauts quotidiens de son père lubrique et pédophile.

Le couple de Jumet a donc été renvoyé pour la deuxième fois devant le tribunal correctionnel. Cette fois, Myriam était poursuivie «uniquement» pour non-assistance à personne en danger. «Elle est aussi détraquée que lui, a grondé Me Mohymont, tuteur ad hoc de Caroline, lors de la dernière audience. Elle a vécu un calvaire indescriptible, au-delà de l’humainement supportable. Dans ses déclarations, elle explique qu’il la violait jusqu’à la faire saigner. Elle dit avoir ressenti ça comme un couteau planté dans le vagin.»

Me Mohymont a finalement réclamé 25 000 euros de dommages, vu les séquelles irréversibles de sa jeune cliente. «Mais je sais qu’ils sont insolvables et que c’est la société qui paiera, à travers le fonds d’aide aux victimes», a conclu l’avocat.

Au parquet, la substitut Mottard a estimé que Myriam était forcément au courant des faits, d’autant que Caroline s’automutilait et souffrait de crises de spasmophilie. «Le prévenu, lui, affirme qu’il voulait revivre l’histoire d’amour qu’il a vécu avec son aînée. Mais Caroline n’était pas d’accord. Elle ne jouissait pas comme son autre victime, mais il a continué quand même», a précisé la magistrate, avant de requérir le maximum pour le récidiviste, soit 25 ans de prison avec une mise à disposition du gouvernement. Pour Myriam, le parquet a réclamé 4 ans.

Me Knoops, qui défendait la mère, a pour sa part plaidé l’acquittement. Selon l’avocat, il faut se remettre dans le contexte de cette famille du quart-monde, où l’on ne parle pas et où les rôles sont stéréotypés. «Cela dépasse notre éducation, mais il est possible qu’elle n’ait rien vu. Il n’y a pas de preuves du contraire, en tout cas.»

Ce mercredi, le tribunal a suivi la plaidoirie de Me Knoops et acquitté la mère au bénéfice du doute. Le père, lui, a écopé de 15 ans de prison, assortis de 10 années de mise à disposition du gouvernement.

Source: http://www.lavenir.net/

 

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