Orléans | Pas de prison pour le père incestueux qui a imposé des attouchements à sa fille

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Pédocriminel En liberté

7 ans de clavaire et pas un jour de prison pour le pédocriminel reconnu coupable d’inceste
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Il mettait la main dans la culotte de l’enfant, lui malaxait les fesses. L’observait sous la douche. Il l’a aussi, en une occasion, plaquée contre un lit avant de monter sur elle à califourchon. C’est contre son propre père que cette femme âgée aujourd’hui de 34 ans a porté plainte, en 2016.

Un homme de 59 ans a été condamné ce mardi 18 janvier par le tribunal correctionnel d’Orléans, pour avoir caressé les fesses de sa fille lorsqu’elle était âgée de 3 à 10 ans.

Témoignant d’attouchements subis de l’âge de 3 à 10 ans, de 1990 à 1998, à Orléans, puis Villepensier, puis Blois, dans le Loir-et-Cher. Des actes subis après la séparation de ses parents, lorsqu’elle passait des week-ends ou vacances chez son père.

L’affaire était jugée, ce mardi 18 janvier, par le tribunal correctionnel d’Orléans.

Après tant d’années, les faits sont difficiles à prouver.

La victime (qui s’est portée partie civile mais était absente à l’audience, laissant à son avocate le soin de la représenter) bénéficie du témoignage de son frère. Ses accusations sont étayées par une plainte déposée par sa mère en 1998 – puis retirée. Par ses discussions avec différents psychiatres, mais aussi avec une amie en CM2, une prof au collège, des amis au lycée, un de ses ex…

Ane-Flore Bouvard, Présidente du tribunal :

“Elle en avait parlé bien avant d’avoir porté plainte. Pourquoi mentirait-elle ? Qu’est-ce qui l’inciterait à mentir si longtemps ?”

Le prévenu, Fabrice, qui nie catégoriquement les faits depuis le départ et s’énerve,  répond :

“Je ne sais pas, elle raconte des bêtises”.

“J’ai pu lui donner des tapettes, mais par-dessus les vêtements. Ça n’avait pas un caractère sexuel. Je n’ai pas caressé ma fille, je n’ai pas d’attirance pour les enfants, je ne suis pas comme ça.”

Il pointe avoir peu vu sa fille quand elle grandissait (“une dizaine de visites tout au plus, je ne la connais pas”).

Et de passer à l’attaque.

“C’est sa mère qui la pousse. Toujours, depuis le début. Depuis notre séparation, sa mère vise l’héritage de mes parents.”

Il accuse la mère d’avoir mal élevé leur fille (“Elle avait des attitudes sexuelles quand elle était petite”), de chantage également, sans pouvoir le prouver :

“C’est parce que ma mère lui avait donné 3.000 francs en liquide qu’elle a retiré sa plainte en 1998.”

Anne-Flore Bouvard l’interroge :

“Pourquoi avoir payé s’il n’y avait rien à cacher ?”

Sur fond de conflit d’héritage, le prévenu rage :

“Je ne sais pas, ma mère n’aurait rien dû lui donner”.

La victime et son père sont engagés depuis 2015 dans un conflit judiciaire concernant l’héritage de la grand-mère paternelle. 2015, un an avant que la femme ne porte plainte.

L’avocat du père déclare :

“Je ne plaide pas le complot. Je plaide que dans ce type de dossier, le matériau est extrêmement fragile”.

“Son interprétation de tapettes a pu être transformée en toute bonne foi, dans un contexte familial tendu, sous la pression de sa mère. Ou la deuxième hypothèse, c’est le mensonge.”

Et de pointer que les jeunes demi-frère et sœur témoignent d’une attitude “irréprochable” du père.

Sans convaincre le tribunal, qui condamne Fabrice à un an de prison avec sursis, le fait inscrire au fichier des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes, et lui impose de payer 9.000 euros de dommages et intérêts à sa fille.

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