Nîmes | Un père incestueux condamné pour viol sur sa propre fille de 6 ans

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Fille abusée, père emprisonné : “Il faut qu’on leur foute la paix”
photo d'une fillette de dos avec son nounours
Attablées à un café proche du palais de justice, la mère et la grand-mère de la petite fille abusée par son père, attendent le verdict de la cour d’assises.

Elles s’accordent une pause pendant que les jurés sont en train de délibérer. L’occasion de vider leur sac sur cette affaire de viol et les commentaires entendus dans leur commune ou sur les réseaux “sociaux”.

“Les commentaires sur les réseaux sociaux sont néfastes, les gens ne pensent pas à l’enfant. Je sais qu’il y a des gens qui vont réagir et commenter. Mais ces personnes ne connaissent pas l’histoire dans sa totalité. Il faut qu’on leur foute la paix”,

souligne la grand-mère de la victime âgée de 6 ans au moment des faits.

“Je voudrais leur dire pour notre bien-être à toutes les deux, pour qu’on essaie de se reconstruire, de nous foutre la paix”,

ajoute la mère dont la fillette a été violée.

“Quand l’affaire a été révélée personne n’est venu les aider alors qu’on les laisse tranquille ! “,

insiste la grand-mère venue soutenir sa fille durant les 2 jours d’audience au terme desquels, le père a écopé de 15 ans de réclusion criminelle.

En marge de la condamnation, la fille et la mère ne cachent pas une forme de culpabilité face à cette affaire d’inceste.

” Je me sens coupable car on a jamais rien vu, ma petite-fille venait en vacances chez nous, elle était heureuse de venir chez nous mais elle n’a jamais rien dit et nous n’avons rien décelé “,

ajoute la septuagénaire.

La mère aussi ne cache pas son sentiment de culpabilité.

“Je me sens coupable car je n’ai pas réagi plus tôt, je m’en veux “,

ajoute-t-elle face à la révélation initiale de la fillette. En fait, l’enfant avait tenté d’alerter sa maman mais le propos n’a pas été compris.

” Elle m’a dit “Papa m’a touché le minou” mais la façon dont elle l’a dit (en rigolant) ne m’a permis de penser que c’était vrai… “

La vie durant les 2 ans de procédure ?

“Mon caractère, c’est d’encaisser et ne pas forcément exprimer ses sentiments. Je n’extériorise pas. Je ne suis pas là pour me plaindre de ce qui arrive en ce moment. Je vis mon histoire, ça reste entre moi et ma fille. Des gens m’ont questionné sur l’affaire dans un registre malsain et c’était pas pour nous aider mais pour obtenir des détails et certains ont même colporté des rumeurs comme quoi il était libre. Il n’y a pas plus tard que deux semaines “,

précise la mère qui ajoute qu’on lui a posé beaucoup de questions sans jamais vraiment lui proposer un soutien.

“De l’aide ? À aucun moment j’en ai eu. Je me suis débrouillée seule avec notre famille et deux amis très proches qui ont toujours été là pour nous”,

ajoute-t-elle. L’avenir ?

“Je vis en concubinage, on essaie d’avoir un enfant. Mon concubin est très proche de ma fille et lui donne l’affection qu’un père doit donner à sa fille même si ce n’est pas son enfant. Pour le reste, je ne veux plus qu’on m’en parle.”

La grand-mère ajoute :

“Qu’on leur lâche la grappe maintenant !”

Un téléphone portable se met à sonner. Elle répond, un avocat à l’autre bout du fil la prévient que le procès va reprendre et avec le verdict. Le président revient avec les jurés. L’huissier annonce :

“La cour ! Veuillez vous lever !”

Visage grave, le juge commence à lire le délibéré. Dans le prétoire, on comprend vite que l’accusé est coupable de tout ce qui lui était reproché, les viols comme les agressions sexuelles.

Le verdict tombe : “et en répression vous condamne à 15 ans de réclusion criminelle” dont les deux tiers incompressibles. Ce qui interdit en théorie toute libération conditionnelle durant 10 ans.

La mère essaie de se faire expliquer ce que signifie la période de sûreté. Un policier tente de lui faire comprendre quand sortira son mari qui est aussi déchu de l’autorité parentale.

L’accusé retourne en prison escorté par les surveillants pénitentiaires qui passent par le sous-sol du tribunal. Fin du procès, mais pas de l’épreuve judiciaire pour cette femme qui doit maintenant terminer son divorce.

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