Nevers | Jugé pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans

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L’accusé nie, comme son père par le passé, condamné en première instance, mais acquitté en appel
Dès l’ouverture de son procès devant la cour d’assises de la Nièvre, mercredi 10 mars, un Nivernais de 35 ans réfute les accusations reprochées de viols et d’agressions sexuelles sur trois mineurs de 15 ans. Comme son père, plusieurs années auparavant, acquitté pour des faits similaires prétendument

Il dit avoir été victime de viols, d’agressions sexuelles et de sévices corporels de la part de son père, lorsqu’il était âgé de 8 à 12 ans.

Un Nivernais de 35 ans se présente à son tour dans le box des accusés.

Mercredi 10 mars, au premier jour de son procès devant la cour d’assises de la Nièvre qui l’accuse de viols et d’agressions sexuelles sur les deux frère et sœur de son compagnon ainsi que sur un enfant d’amis de la famille, l’homme persiste à dire qu’il est innocent.

Son père, condamné en première instance, mais acquitté en appel, avait lui aussi toujours nié les crimes pourtant dénoncés par l’accusé d’aujourd’hui.

À l’origine de la dénonciation des faits qu’il prétend avoir subis enfant, une première condamnation, en 2005, à trois ans de prison dont deux ans et demi avec sursis, pour agressions sexuelles sur mineurs de 15 ans, lui ouvre les yeux.

« J’étais mineur à l’époque et ne connaissais pas mon corps », confie l’accusé. « J’avais 16 ans, lui en avait 14. Lors de mon incarcération, j’ai appris les règles, les lois. Oui, ça a déclenché l’affaire avec mon père. »

S’il ne reconnait aujourd’hui qu’une agression sexuelle, la justice l’avait pourtant condamné pour des faits de même nature contre six mineurs de 15 ans.

Des faits qu’il ne cache pas à l’audience et dont il a parlé sans détour aux experts qui l’ont rencontré.

À 12 ans, il rompt les relations avec son père.

« J’ai vécu difficilement l’acquittement de mon père. J’ai beaucoup pleuré. Je suis entré en dépression. J’ai eu du mal à me reconstruire… »

Me Delphine Debord-Guy, avocate de deux des trois parties civiles à l’audience, saisit l’occasion pour faire le parallèle  :

« Quelle était la position de votre père sur les faits ? ».

Il répète : « Il les a niés ».

Elle poursuit : « Et pourtant, vous avez dit la vérité. »

L’homme répond : « Oui. »

Aujourd’hui, je sais ce qui est interdit, ce qui ne l’est pas.

Le trentenaire ne comprend pas pourquoi de telles accusations sont proférées à son encontre.

« Tout ça c’est à cause de mon passé », avance-t-il devant l’expert psychiatre.

Un parcours de vie auquel s’ajoute, en 2013, une condamnation à six mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques. « Aujourd’hui, je sais ce qui est interdit, ce qui ne l’est pas. »

Autre hypothèse devant le juge d’instruction :

« Les enfants sont manipulés par leur mère. »

Me Nathalie Bouvier-Longeville, avocate de la troisième partie civile, tente d’en savoir plus auprès de l’expert psychiatre sur la teneur des propos de l’accusé au sujet des faits.

« Comment pourrait-il se justifier de faits qu’il nie avoir commis ? »,  lui répond-il.

Rejeté à cause de son homosexualité

Du côté maternel, les relations ne sont pas meilleures. À 18 ans, alors qu’il projette de quitter le domicile familial pour rejoindre son compagnon à Paris, il est mis à la porte avant même de passer le baccalauréat.

Son orientation sexuelle n’est pas du goût de sa mère, ni de son frère, peu avares en propos homophobes. Le seul ancrage affectif dont il bénéficie est incarné par sa grand-mère.

Le verdict est attendu vendredi 12 mars. Vingt ans de réclusion criminelle sont encourus.

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