Narbonne | Cinq ans de prison pour avoir agressé sexuellement une fillette
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
non
- 13/01/2026
- 17:32
Catégories :
Mots clés :
Au total, une dizaine d’enfants auraient subi ses agissements
Un homme de 67 ans a comparu le vendredi 12 septembre 2025 pour des agressions sexuelles sur une fillette commises il y a plusieurs décennies. La victime, aujourd’hui adulte, a vu ses souvenirs ressurgir après des années de silence et de souffrance. Il écope de 5 ans de prison.
Une affaire sordide a été jugée au tribunal judiciaire de Narbonne. Dans la salle d’audience, l’ambiance, pesante, est en accord avec la gravité des faits.
La victime est nerveuse. Entourée de deux amies, elle se tient les bras comme pour se rassurer.
Le prévenu, âgé de 67 ans, apparaît en visioconférence depuis son centre pénitentiaire. S’il est impossible pour la trentenaire de le regarder en face, elle écoute attentivement le rappel des faits la tête baissée.
Alors âgée de 8 ans, elle accuse cet homme hébergé chez sa mère, de l’avoir agressée sexuellement à trois reprises.
La première fois, alors qu’elle regarde la télévision avec lui sur le sofa, il lui prend les pieds, les place contre son pénis et effectue des mouvements. La deuxième fois, les vêtements sont ôtés, il va plus loin en posant sa main sur sa vulve. La dernière, il lui demande de le suivre sous la douche.
Dans sa déposition de 2020, elle se souvient “l’avoir vu nu puis c’est le vide. Un voile noir cache la suite”.
À l’âge de 30 ans, elle tombe en dépression. Lors d’un séjour de repos à l’hôpital, des flashs viennent la frapper de souvenirs jusqu’ici cachés.
Elle les livre à la barre :
“Tout a refait surface. Sur le canapé, il a poussé ma culotte et m’a pénétré avec ses doigts. Dans la salle de bains, il m’a mis sous la douche et m’a forcé à lui faire une fellation”
, livre-t-elle en fondant en larmes.
Des allégations de zoophilie
Le prévenu conteste les faits et livre un récit ubuesque.
“La mère et la fille avaient des pratiques étranges. Un jour, j’ai vu la petite en train de se faire lécher le sexe par le chien”
, déclare-t-il.
La juge lui demande avec scepticisme :
“Comment se fait-il que vous ne disiez ça que maintenant ?”
Pour elle, tout porte à croire qu’il ment dans ses déclarations, modifiées à maintes reprises.
Déjà sur l’hébergement. Il aurait habité chez la mère trois mois, puis un, et au final, il n’y serait resté que pendant les week-ends.
La mère témoigne avoir hébergé cette ancienne relation durant trois mois, puis l’avoir mis à la porte pour les faits que lui reproche sa fille. Il rétorque :
“En tout cas, je n’ai jamais été seul avec la petite”.
La mère affirme le contraire :
“Je l’ai laissée seule avec lui une heure ou deux, le temps de faire des courses.”
Un prédateur sexuel
Le profil psychiatrique du prévenu fait état d’une attirance dangereuse vis-à-vis d’enfants prépubères : des tendances pédophiles à caractère incestueuses.
D’après l’expert, il découle de sa personnalité un comportement post-traumatique. Dans sa déclaration, il affirme avoir subi des agressions :
“Quand j’étais jeune, mes deux grands frères m’ont masturbé et un a tenté de me pénétrer.”
Pour l’avocate de la partie civile, il n’y a aucun doute quant à la véracité des faits avancés.
“Monsieur est un prédateur sexuel. Il a reconnu avoir violé ses trois enfants. Il a pénétré sa fille de 6 ans, a fait de même sur son fils de 4 ans et a touché son autre fils de 2 ans. D’autres plaintes sont venues s’ajouter”
, poursuit-elle.
Au total, une dizaine d’enfants auraient subi ses agissements.
Une dizaine de victimes dont ses propres enfants
“Quand j’ai appris que ses enfants le poursuivaient en justice, je n’ai pas pu me taire”, confie la victime.
Ce déclencheur aboutit à un dépôt de plainte en 2018, classé par prescription. En 2020, elle conteste cette décision et “se bat pour que l’enquête soit réouverte”.
Un combat autant judiciaire que personnel :
“Le parcours de la plainte à l’enquête a été difficile. Elle revoit son agresseur pour la première fois”
, explique l’avocate.
Son ex-copain de jeunesse se rappelle de confidences à ce sujet :
“On en a parlé à cause des blocages qu’elle avait lors de nos rapports charnels et affectifs. Je la sentais en souffrance, elle se scarifiait, faisait des cauchemars et était persuadée que quelqu’un était dans la pièce”.
Face à ces éléments, le parquet requiert 18 mois d’emprisonnement, l’interdiction de voir la victime pendant 3 ans et d’exercer une activité auprès de mineurs durant 10 ans.
La défense affirme que le dossier est à charge et l’enquête approximative.
Elle ajoute : “Il a reconnu les faits pour les autres affaires, pourquoi ne le ferait-il pas pour celle-là ?”
La relaxe est demandée.
Après délibération, les juges tranchent pour 5 ans de prison et s’alignent sur les autres réquisitions du procureur.
À cette annonce, la victime et ses accompagnantes fondent en pleurs :
“Je ne m’attendais pas à autant”
, s’émeut la plaignante.
“On va enfin pouvoir tourner la page”, réplique la mère.
Source(s):
Les articles en liens
Tahiti | Deux ans de prison avec sursis pour avoir agressé sexuellement sa fille
Verton | Un an de sursis pour le grand-père incestueux
Sainte-Pazanne | Un an de prison pour avoir agressé sexuellement 2 adolescentes




