Mulhouse | Relaxé du délit de corruption de mineur, condamné pour violence
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 02/03/2026
- 13:05
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« Elle a du mal à comprendre que ce qui s’est passé, c’est grave », observe la salariée de l’association Themis qui accompagne à l’audience Margaux (*).
« Elle est amoureuse de cet homme, elle ne voit pas où est le problème et elle n’accepte pas les poursuites que le parquet a estimées utiles à l’encontre de Monsieur »
, complète Me Véronique Dupré, avocate de Themis.
Margaux a 17 ans. Pendant plusieurs mois, au second semestre 2025, elle a entretenu une relation de couple avec Franck (*), un habitant d’une commune de l’agglomération mulhousienne âgé de 41 ans qu’elle a rencontré sur TikTok.
Et jeudi 19 février, au tribunal correctionnel de Mulhouse, ce quadragénaire était jugé pour corruption de mineur de plus de 15 ans et pour violence par conjoint ou concubin n’ayant pas entraîné d’incapacité.
Une jeune fille fragile
Pour viser le premier délit, le parquet s’est basé sur la grande différence d’âge qui sépare la mineure du majeur, 24 ans, mais aussi sur la vulnérabilité de Margaux et l’ascendant que l’adulte a pris sur elle.
Les éléments de fragilité et de vulnérabilité de la jeune Haut-Rhinoise, ils sont dépeints dans une expertise psychologique de 2023, réalisée dans le cadre d’un autre dossier dans lequel un homme est mis en cause pour viol sur l’adolescente.
Il y a le vécu traumatique lié à ce viol ; le deuil de Margaux après le décès de son père ; ses relations à l’époque « très compliquées » avec sa mère ; une tentative de suicide…
Cette vulnérabilité, Franck affirme qu’il n’en avait pas conscience. La différence d’âge ?
« C’est la personne en elle-même qui fait qu’on s’attache à elle, pas son âge […] Comme on dit toujours, l’amour n’a pas d’âge », dit à la barre le quadragénaire, père de plusieurs enfants et salarié en CDI.
Saisie par le col et poussée contre une table
Pour les violences, est particulièrement visé un épisode survenu lors d’une dispute, un soir d’octobre dernier, entre Margaux et Franck, au domicile de ce dernier. Elle voulait discuter, lui voulait dormir. Énervée, la première a lancé de l’eau sur le second, qui a alors saisi la mineure par le col et l’a poussée contre une table.
« C’était juste pour qu’elle se calme. Pour moi, ce n’était pas des violences »
, commente le prévenu, qui se défend sans avocat.
« Pour le tribunal, ce sont des violences »
, recadre Christine Stengel, la présidente d’audience.
Lors de son audition par les gendarmes, Margaux a aussi évoqué des insultes ainsi qu’une autre dispute lors de laquelle Franck a rabattu une portière de sa voiture sur elle, involontairement dit-elle à l’audience.
La mineure a encore évoqué devant les enquêteurs plusieurs épisodes lors desquels Franck s’est montré très insistant pour obtenir d’elle des relations sexuelles dont elle n’avait pas envie à ces moments-là. Franck reconnaît avoir pu être insistant.
La présidente lui rappelle fermement ce qui devrait être une évidence :
« Non, c’est non. »
Son interlocuteur reprend avec ces mots :
« Une fois qu’elle dit non, qu’elle hausse le ton et dit ‘‘j’ai pas envie’’, j’arrête. »
Quatre mois avec sursis
De son côté, Margaux, tour à tour énervée ou émue au point de quitter la salle à deux reprises au fil des débats, revient sur une bonne partie de ses déclarations antérieures et voudrait dédouaner Franck.
Elle lance aux juges : « Vous êtes en train de l’accabler alors qu’il y a des gens qui font pire que ça. »
Aux yeux du procureur, Nicolas Heitz, les éléments au dossier permettent de caractériser les deux infractions.
Le magistrat requiert à l’encontre de Franck un an de prison assorti d’un sursis probatoire, avec, entre autres, une obligation de soins et une interdiction de contact avec la victime.
Le tribunal décide de relaxer le prévenu pour le délit de corruption de mineur.
« Nous avons considéré que les éléments ne sont pas réunis »
, explique la présidente.
Pour l’infraction de violence sans incapacité, le quadragénaire est condamné à quatre mois de prison avec sursis et interdiction lui est faite d’entrer en contact avec Margaux, par quelque moyen que ce soit, pour une durée d’un an.
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