Montréal | Gilles Provencher demandait sa libération mais il restera détenu jusqu’à la fin de son procès
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
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- 26/02/2026
- 09:42
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Le juge Christian M. Tremblay il a affirmait vendredi au palais de justice de Montréal que,
« L’accusé aurait recruté des dizaines d’enfants vulnérables avec l’aide de complices. Il a versé de l’argent pour les amener petit à petit à satisfaire ses fantasmes ignobles, odieux et pervers. Il ne s’est pas limité à se servir de fillettes, puisque deux enfants de moins de 2 ans sont impliqués ».
Gilles Provencher fait face à 13 chefs d’accusation, dont production de pédopornographie, incitation à des contacts sexuels d’un mineur et leurre. Détenu depuis environ un an, le Montréalais de 77 ans souhaitait recouvrer la liberté pendant le processus judiciaire.
Toutefois, le juge Tremblay a conclu que la confiance du public envers l’administration de la justice serait minée si Gilles Provencher était libéré. Il s’agit de l’un des critères prévus à la loi.
Les crimes reprochés à Gilles Provencher sont très graves. Figure respectée du monde communautaire, il a longtemps dirigé le Carrefour Solidarité Anjou, un organisme qui aide les nouveaux arrivants. Or, il vivait vraisemblablement une double vie.
Jour après jour, il cherchait en ligne de nouvelles victimes. « C’était son hygiène de vie », a témoigné l’enquêteuse à l’enquête sur remise en liberté.
Pendant des années, Gilles Provencher aurait recruté une trentaine de fillettes et d’adolescentes au Mali avec l’aide de complices. Il ciblait des enfants « démunis et vulnérables », selon le juge Tremblay. Dans un cas typique de « grooming », l’accusé désensibilisait graduellement ses victimes à la sexualité, selon la Couronne.
Au fil des mois, Gilles Provencher amenait les fillettes à se dévêtir, puis à faire des gestes sexuels avec d’autres enfants ou avec des femmes.
« On a des photos de l’enfant avec en haut : “Mme Provencher”. On a des photos de production de pédopornographie avec l’accusé en gros plan », a indiqué le juge Tremblay.
À l’enquête sur remise en liberté, le procureur de la Couronne Me Hugo Rousse a évoqué une peine potentielle d’au moins 8 à 10 ans de pénitencier. La défense n’a soulevé aucun moyen de défense sérieux, a relevé le juge.
« La preuve est solide et démontre clairement l’implication de l’accusé », a-t-il ajouté.
Au début de l’audience, l’avocat de la défense, Me Jonas Fadeu, s’en est pris aux médias en suggérant au juge Tremblay qu’un article de La Presse sur cette affaire était une « tentative de faire pression sur le Tribunal ».
« Personne ne me met de pression. Les journalistes sont les bienvenues dans ma salle en tout temps. La justice est publique », a tranché le juge Tremblay.
Le dossier sera de retour en Cour en juillet prochain.
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