Montpellier | Un ancien serveur jugé pour proxénétisme et proxénétisme aggravé

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“Pervers narcissique, manipulateur” 
Décrit comme “pervers” et “manipulateur”, un Montpelliérain de 24 ans comparaissait ce lundi 28 novembre devant le tribunal correctionnel pouravoir aidé deux jeunes femmes à se prostituer. L’une d’entre elles était mineure au moment des faits, qui remontent à 2020. Il écope d’un an ferme.

L’ancien serveur cocaïnomane condamné à Montpellier

“Pervers”, “manipulateur” : des mots entendus à plusieurs reprises, lundi 28 novembre au tribunal correctionnel, où un Montpelliérain de 24 ans était jugé pour proxénétisme et proxénétisme aggravé, l’une des victimes étant mineure lors des faits, en 2020.

Au jeune homme cocaïnomane et alcoolique, ancien serveur dans la restauration, il était également reproché des faits d’usage illicite de stupéfiants et de vol (concernant le véhicule d’une des parties civiles).

Le 11 octobre dernier, quatre jeunes femmes, âgées de 20 à 27 ans, portent plainte au commissariat pour viols, agressions sexuelles, administration de substances nuisibles (des infections sexuellement transmissibles) et pour deux d’entre elles, proxénétisme.

Convoqué à l’hôtel de police, le jeune homme se présente sous l’emprise de l’alcool et des stupéfiants.

Le parquet ne retient contre lui que le proxénétisme, le proxénétisme aggravé et le vol.

“Il poussait pour avoir des rapports non protégés”

Lundi, en début d’audience, l’avocat des parties civiles, Me Paul Gallix, a demandé un renvoi au fond de ce dossier, estimant qu’il méritait davantage d’investigations, compte tenu des faits révélés par les jeunes femmes.

L’avocat met en avant des écrits du prévenu (blog, SMS, messages Whatsapp) qui, selon lui, établissent la contamination volontaire aux infections sexuellement transmissibles.

Me Gallix souligne :

Le prévenu “était au courant qu’il était porteur d’IST”

“Il poussait pour avoir des rapports non protégés”

Après avoir délibéré, le tribunal n’a pas accédé à cette requête.

Une “protection” contre la moitié du montant de la passe

Le prévenu, au casier judiciaire vierge et incarcéré depuis le 19 octobre, reconnaît le proxénétisme, déclarant qu’il “aidait” les jeunes femmes à se prostituer, sans les contraindre.

Il leur assurait une “protection”, prenant la moitié des 400 € de la passe.

La jeune femme âgée de 17 ans à l’époque des faits (entre juin et août 2020) confirme à la barre l’absence de contrainte.

Elle déclare :

“Je lui ai dit que je cherchais à me faire de l’argent”

Le procureur Jean-Christophe Tixier l’interroge :

 “Vous l’avez fait uniquement pour l’argent ou pour lui ?”

la partie civile assure :

“Pour l’argent”

Dans les éléments de procédure que rappelle le président, se dessine un certain portrait du prévenu.

La perquisition de son domicile a révélé des écrits de sa main, où il se décrit comme “pervers narcissique” et raconte des rapports sexuels violents.

Le président s’adresse au prévenu :

“C’est inquiétant, d’autant qu’il est aussi question de tendances suicidaires”

Le jeune homme répond calmement :

“C’est parce que j’étais alcoolique et toxicomane”

Le juge reprend :

“Prostituer des filles, ça ne vous pose pas de problème ?”

Le Montpelliérain répète :

“Au moment des faits, j’étais déconnecté de la réalité par la consommation d’alcool et de toxiques”

“La prostitution n’est pas un outil d’émancipation”

Me Gallix tient à rappeler que “la prostitution n’est pas un outil d’émancipation, il est important que ce soit dit”.

Il est rejoint par le procureur :

“La prostitution est un vrai outil de soumission, c’est de la traite d’êtres humains, nonobstant l’accord des deux victimes”.

L’avocat du prévenu, Me Cuenant, insiste sur la démarche “consentie” des deux parties civiles qui se sont prostituées, et souligne, au sujet de son client, que “depuis un an et demi, il n’y a pas eu d’autre fait de proxénétisme.

” Enfin, il cite l’une des deux expertises psychiatriques, qui ne relève “pas de traits psychopathique ou narcissique”.

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur : deux ans de prison, dont un avec sursis, obligation d’indemniser les victimes et interdiction de séjour à Montpellier pendant 5 ans.

Deux causes de nullité, qu’avait fait valoir Me Cuenant, ont été rejetées.

La première visait le fait que son client était sous imprégnation alcoolique lorsque sa première garde à vue lui a été notifiée.

La seconde, le fait que, selon lui, le parquet n’a pas été avisé de la seconde garde à vue.

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