Limoges | Agressions sexuelles et viols incestueux au sein d’une famille de 15 enfants

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Pédocriminel En liberté

Aucun d’eux ne savait que l’autre aussi commettait des actes odieux sur cette petite sœur
Dans deux procédures distinctes, deux frères de 42 ans et 39 ans sont jugés pour avoir agressé leur sœur dans les années 90 et 2000.

La jeune femme assise juste devant son avocate, dans la salle d’audience de tribunal correctionnel de Limoges ce mardi 6 juillet est une survivante.

Il n’y a pas d’autre mot.

Pour elle, la juridiction a fait en sorte de regrouper les affaires dans lesquelles elle est partie civile.

Pendant que ses deux frères se succèdent à la barre pour répondre des atteintes sexuelles qu’ils lui ont fait subir, elle reste là, silencieuse.

Silencieuse, mais pas impassible. Si les faits sont anciens, entre 1997 et 2001 pour le premier frère et entre 2000 et 2004 pour le second, la blessure est encore brûlante et les larmes couleront à la chaîne sur son visage.

Deux sœurs victimes du même frère

Pour la première affaire, sa sœur de dix ans sa cadette sera à ses côtés, elle aussi victime du fils de leur beau-père entre 2006 et 2015.

Elles avaient toutes les deux environ 5 ans quand les faits ont commencé.

Le « jeu » dira le prévenu, âgé de 42 ans aujourd’hui.

À l’abri des regards, ce “frère” aura touché, masturbé, aura été masturbé, aura pénétré digitalement ses petites sœurs.

Ce grand frère qui leur a dit à chacune pendant qu’il commettait ces actes que ce qu’il leur faisait était normal.

Elles se sont tues sans savoir qu’elles ont été deux à souffrir.

Le grand frère reconnaît les faits, mais parle encore et toujours de « jeu »:

« Le jeu s’arrêtait quand elles disaient “stop” »

Sauf que selon elles, il ne s’arrêtait pas.

À la barre, il présente ses excuses.

La plus petite des sœurs, la vingtaine aujourd’hui, sert la manche de son pull, l’aînée pleure en silence.

La petite repart dans le public.

La grande, âgée de 31 ans, reste sur sa chaise et écoute son autre frère reconnaître l’avoir battue et s’être masturbé entre ses fesses.

Elle avait environ 10 ans.

Lui aussi dit regretter ses actes.

Fratrie de 15 enfants

Les avocats des prévenus, Me Frugier et Me Magne-Gandois, évoqueront notamment le contexte familial particulier de cette famille composée de 15 enfants issus de différents mariages des parents, répartis dans deux appartements et où le père (ou beau-père pour les victimes) passe d’un appartement à l’autre.

Ils parleront du manque de repères, de structures pour ces enfants livrés plus ou moins à eux-mêmes.

Problème de repères, certainement puisque selon l’aînée, elle a été violée à l’âge de trois ans par son beau-père, décédé depuis.

Trois agresseurs dans sa propre famille durant toute sa jeunesse.

Pendant longtemps, elle ne comprendra pas que ce qu’elle a subi est inadmissible et puni par la loi.

Ce n’est qu’à l’adolescence, en fréquentant d’autres jeunes de son âge que la vérité s’imposera à elle.

Mais elle gardera le silence, jusqu’à ce qu’une amie l’alerte sur le mal-être de sa petite sœur.

Enfin, en 2017, les deux jeunes femmes découvriront qu’elles ont subi le même calvaire.

L’aînée portera plainte.

Après en avoir délibéré, le tribunal a décidé de condamner le premier prévenu à 3 ans de prison dont deux ans assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans avec une obligation de soins, et d’indemnisation des victimes.

Interdiction lui est faite d’entrer en contact avec ses deux sœurs et d’exercer une profession en lien avec des mineurs.

Une expertise psychologique a été ordonnée pour connaître les répercussions des faits sur les deux victimes.

Le second a été condamné à 5 mois avec sursis probatoire pendant deux ans avec une obligation de soins, d’indemnisation de sa sœur et interdiction d’entrer en contact avec elle et d’exercer une profession en lien avec des mineurs.

Il a été relaxé pour les faits allant de 2002 à 2004.

Les deux frères ont été inscrits d’office au fichier automatisé des auteurs d’infractions sexuelles.

Malgré cette histoire de vie particulièrement effroyable, la jeune femme n’a pas attendu que la justice passe pour tracer sa voie.

Depuis, elle est devenue médecin.

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