La Réunion | L’éducateur de la PJJ condamné à 18 ans de réclusion criminelle
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
non
- 04/02/2026
- 18:45
Décrit comme une figure emblématique du service de la Protection Judicaire de la Jeunesse, il était un éducateur auquel les jeunes accordaient leur confiance et un collègue fiable pour des conseils.
Une peine lourde car, selon l’avocat général, le risque de récidive ne peut être écarté face au manque d’empathie dont a fait preuve l’accusé face aux victimes durant le procès.
L’accusé n’a versé de larmes qu’au moment où son sort est évoqué ou lorsque l’on évoque son passé.
Après avoir longtemps suggéré que les victimes auraient pu être consentantes, c’est finalement dans sa dernière prise de parole, la gorge nouée, que l’éducateur de la PJJ semble avoir enfin pris ses responsabilités.
Il a tenu à présenter ses excuses, non seulement aux victimes mais aussi à ses collègues et à l’institution.
« Je vais être jugé pour des faits graves, très graves, ces faits je dois les dire.
J’ai touché au sacré, à l’intime des intimes.
J’ai trahi la confiance de tant de gens, mes collègues, la PJJ, ces jeunes qui ne demandaient qu’à s’épanouir.
J’ai touché leur intégrité, j’étais l’adulte, le professionnel.
J’en porte seul l’entière responsabilité.
J’espère fortement que ces jeunes trouveront les ressources, les moyens d’avancer.
Je réitère mes regrets les plus sincères.
Je tiens à leur présenter mes excuses, je me dois de le faire et je le fais en conscience. »
Des excuses qui n’ont pas suffi à convaincre les juges.
Sa peine comprend une injonction de soin et interdiction de contacts avec les mineurs.
En cas de non-respect de son suivi, il risque aussi cinq ans de peine supplémentaire.
R.D sera inscrit au fichier des délinquants sexuels et interdit d’exercer des fonctions en relation avec des mineurs.
Le quinquagénaire aurait même payé ses victimes à plusieurs reprises.
Même sans récurrence, “cela peut s’apparenter à de la prostitution” estiment les parties civiles :
“Quel meilleur appât pour des mineurs pauvres que l’argent ?”.
Dans la salle d’audience de la cour d’assises de Saint-Denis, les anciens confrères de R.D étaient encore sous le choc.
Selon eux, rien ne permettait de deviner ce qui se tramait.
Les épaules voûtées et fuyant le regard de la seule victime présente dans la salle, l’accusé acquiesce dans le box lorsque les avocats des parties civiles déclarent qu’il a “trahi ces jeunes, sa famille et ses missions.”
« J’ai tellement trahi de monde dans cette institution, je ne peux que comprendre leur réaction. » déclare l’ancien éducateur spécialisé.
L’avocate a aussi évoqué certains détails des relations sexuelles.
Des rapports forcés, avec des jouets sexuels, provoquant des douleurs physiques clairement exprimées par les victimes.
Ce qui n’a pas empêché le passage à l’acte de l’accusé.
Honteux, il se cache le visage et secoue la tête de droite à gauche.
Pour rappel, hier, lors de la deuxième journée de procès, l’éducateur spécialisé racontait avoir été abusé pendant son enfance.
Un peu plus tard lors des audiences, il avait aussi confié, en larmes, le souvenir de la projection d’une cassette, sur la laquelle son père, entièrement nu, apparaissait en train se masturber.
L’adolescent qui avait permis de porter l’affaire en justice s’est dit très affecté par les viols et agressions subies.
R.D, qui était en charge de son accompagnement l’avait notamment conduit dans un hôtel où il lui a fait subir agressions sexuelles et viols.
“C’était un garçon plein de vie, ce n’est plus le cas aujourd’hui” explique l’avocate des parties civiles.
Il a eu des pensées suicidaires envahissantes, une hospitalisation en psychiatrie avait même été envisagée.
Une autre victime avait déclaré hier :
“C’était un bon éducateur mais il m’a anéanti, c’était comme si j’étais dans un film d’horreur.”
Pour la défense il y avait un réel doute sur le caractère imposé de certaines des relations.
L’avocate estime que certains de ces jeunes “se posaient des questions sur leur orientation sexuelle”.
Concernant la différence d’âge “il existe des exemples dans notre société de couples avec de grande différence d’âge.”
Pour rappel, les agressions et viols ont duré pendant près de dix ans et n’ont pris fin que grâce au courage d’un jeune qui s’est confié à sa mère qui a aussitôt porté plainte.
Une démarche saluée par la PJJ, qui dans une lettre, présente ses excuses pour des faits dit-elle “intolérables, inacceptables et impardonnables.”
La PJJ va plus loin et reconnaît avoir failli à ses missions quand le rôle de maman de la victime, a lui été pleinement rempli.
Source(s):
Les articles en liens
Près de 3 000 profils dangereux écartés après la vérification des antécédents judiciaires
Bar-le-Duc | Un récidiviste de 20 ans condamné à 8 mois ferme pour agressions sexuelles sur un enfant de 4 ans
Lons-le-Saunier | Inceste: Un père de famille jugé pour les viols de deux de ses filles




