Istres | Un père sous bracelet électronique pour des agressions sexuelles sur sa fille
- La Prison avec sursis... C'est quoi ?
oui
Pédocriminel En liberté
- 28/02/2026
- 13:35
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Les juges le rappellent souvent. Lorsqu’il est question de violences sexuelles, il n’est jamais simple de venir, à la barre, témoigner devant son agresseur.
Encore moins lorsque celui-ci n’est autre que le père de la victime, notamment car “il représente la loi et l’autorité aux yeux d’un enfant“, précise l’avocat de Carolina*.
Elle est à peine majeure, le 2 octobre 2025, lorsqu’elle compose le 119, un service public dédié à la prévention et à la protection des enfants en danger, pour dénoncer des faits d’agression sexuelle.
“Je n’en pouvais plus“, détaille-t-elle, craignant que les attouchements qu’elle subit se reproduisent.
La machine se met en route, le procureur de la République saisissant le commissariat d’Istres. Mais Carolina met du temps à venir témoigner, car “elle a peur des représailles“, relate le président du tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence.
Enregistrement d’une conversation
C’est que, quelques mois plus tôt, elle a déjà révélé l’affaire à sa famille et, sous l’impulsion de sa sœur aînée, elle a confronté son père après l’avoir enregistré.
Une discussion durant laquelle il reconnaît quelques caresses sur le ventre, et hurle même :
“C’est pour la main dans la culotte, c’est ça !“
Un certain aveu de culpabilité pour la justice, qui n’empêche pas le prévenu de nier en bloc.
“C’était pour qu’elles me laissent tranquille. Je voulais seulement mettre fin à cette conversation“, assure Mohamed B., 46 ans.
Depuis, Carolina est partie vivre chez ses grands-parents, et n’aurait plus de contact avec son père. Elle explique qu’il lui demandait, le soir, de venir dans sa chambre, et qu’elle subissait des caresses sur ses parties intimes. Presque quotidiennement, lorsque la grande sœur n’était pas là.
De son côté, le petit frère occupait une chambre juste en face de celle de son père, et a confirmé aux enquêteurs qu’il demandait régulièrement à Carolina de venir le rejoindre, avant de fermer la porte.
Pour la majeure partie des faits, elle était encore mineure.
Le prévenu explose :
“Je ne l’ai jamais touchée, je n’ai jamais rien touché ! Je suis son père, pas un monstre quand même. Je n’avais pas besoin de ça.“
“Le huis clos, un cadeau au prévenu”
Dans ses justifications, il évoque le jour où il avait retrouvé de la résine de cannabis dans la chambre de sa fille. C’est pour ça, selon lui, qu’elle l’accuse d’agression sexuelle, car il se serait montré assez sévère.
“Tout ce qu’elle raconte, ce n’est pas moi.“
Les magistrats exhument une recherche qu’il a effectuée sur internet, afin de savoir s’il était “possible pour un musulman de caresser sa fille“.
À la barre, l’avocat de Carolina est fier que sa cliente soit venue :
“La honte doit changer de camp. Demander le huis clos, c’est faire un cadeau au prévenu.”
Suite au décès de la mère de Carolina, alors âgée de 14 ans, elle aurait, aux yeux du père, “pris lieu et place de l’épouse“.
Le procureur requiert trois années de détention à domicile, dont une avec sursis, pour faire comprendre à Mohamed B. “la gravité des faits qu’il conteste“.
Son avocate ne cache pas qu’elle est :
“ici pour plaider une relaxe. Ce qu’il ne nie pas, c’est qu’il est un père violent“.
Des décisions éducatives ont déjà été prises. Mais les atteintes sexuelles, “personne n’y était, et les enregistrements ont été sortis de leur contexte“.
Le prévenu écope d’une peine de trois ans de prison, dont deux assortis d’un sursis, avec une obligation de soins et d’indemniser sa fille. Il effectuera sa période de détention sous surveillance électronique.
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