Havre | Un pédocriminel multi-récidiviste jugé pour détention de pédopornographie

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Pédocriminel En liberté

Il « ne nie pas son attirance pour les enfants, il vit avec »
(photo d'illustration : D.R)
Déjà connu de la justice, un trentenaire havrais a été condamné à dix-huit mois de prison pour avoir téléchargé et consulté un nombre très important d’images à caractère pédopornographique.

C’est ce qu’estiment le président et la procureure à l’audience du tribunal correctionnel du Havre. Lors de l’évocation de ses deux précédentes peines, en 2013 et en 2015, le prévenu à la barre tourne autour du pot.

Le juge évoque la relation que l’homme de 25 ans à l’époque a entretenue avec un garçon de 12 ans rencontré au skatepark au Havre. Avec l’envoi de messages, agrémentés de smileys tendancieux tels que des bisous.

L’homme – âgé de 33 ans aujourd’hui – parle de relation de « grand frère », en précisant qu’il a endossé :

« Un rôle qu’il n’avait pas à prendre. […] Je ne sais pas si c’était un sentiment amoureux, on avait beaucoup de points en commun. »

À la barre, il affirme qu’il :

« N’avait pas de relation pédophile à l’époque ».

Alors qu’au cours de la procédure, il :

« Reconnaissait qu’il y avait un sentiment amoureux en faisant référence au syndrome de Peter Pan », relève le juge.

Après de longues minutes d’échange, le président finit par lui dire que s’il lui pose toutes ces questions par rapport à ses précédentes condamnations, c’est pour savoir s’il y a eu une « évolution » de sa part.

Son avocate tient alors à préciser qu’il n’a jamais touché à un mineur, que la première condamnation fait référence à une soustraction de mineur : il était allé chercher le jeune garçon au collège.

Quelques années plus tard, il s’était rapproché d’un enfant du même âge.

Cette fois-ci, il lui est reproché d’avoir téléchargé, consulté et diffusé des images pédopornographiques de 2009 à 2019, révélés après un signalement « Pharos ».

Des images qu’il a commencé à télécharger parce qu’il :

« Trouvait ça beau, un corps d’enfant ».

En affirmant qu’il n’avait « pas d’excitation sexuelle ». Contrairement à ce qu’il a pu dire au cours de la procédure.

« À la base, quand j’étais plus jeune chez mes parents, je cherchais des photos d’enfants, nus ou pas. […] En consultant un forum, je suis tombé sur une personne qui se disait pédophile et qui m’a proposé une vidéo pédopornographique. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à en télécharger. »

Il se disait « tellement curieux » qu’il « faisait abstraction des images montrant les viols » .

Une « attirance » qui a été « banalisée » après la rencontre, en 2009, d’un homme qui se présentait ouvertement comme pédophile, estime celui qui « ne veut pas non plus [se] chercher d’excuse ».

Un caractère pédophile de son comportement que l’expert psychiatre, lors des précédentes procédures, a « questionné » sans la juger « débordante » et « sans dangerosité criminologique avérée ». Contrairement à aujourd’hui, « malgré sa volonté de remise en question ».

L’homme vit son placement en détention provisoire comme un électrochoc. Il met fin à ses habitudes et consulte une psychologue.

« J’ai toujours une attirance pour le monde de l’enfance, mais je me suis émancipé de beaucoup de choses une fois parti de chez mes parents. C’est toute une vie qui a changé. Je ne télécharge plus, je n’ai plus d’addiction. […] Mon orientation sexuelle m’a ouvert les yeux. »

Il explique avoir compris que son attirance pour les enfants était une manière de ne pas choisir son orientation sexuelle, lui qui a eu un premier émoi avec un garçon dans son adolescence. Une situation pas évidente au regard du milieu familial dans lequel il a grandi, insiste son avocate qui relève que son client :

« Ne nie pas son attirance pour les enfants, il vit avec » .

Alors que la procureure trouvait le prévenu « très en distance » par rapport aux faits reprochés, elle a constaté une « évolution au cours de l’audience ».

« Il est difficile de savoir si c’est la honte, la banalisation ou un manque d’empathie ».

L’homme a apporté par la suite :

« Des réponses plus introspectives, mais on n’en est qu’au début ».

Une évolution qui ne l’empêche pas d’être condamné à dix-huit mois de prison ferme qu’il ne passera pas en détention, un aménagement de peine lui étant accordé.

Il aura également un suivi sociojudiciaire pendant cinq ans, et une interdiction de contact avec les mineurs pendant dix ans.

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