Haute-Saône | La pédo Emmanuel Michaux, 41 ans prend 4 ans ferme

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Les Enfants d’Argus ont mis fin aux activités de cet homme sous contrôle judiciaire
Déjà condamné en 2024, un Haut-Saônois a de nouveau été surpris en train de faire des propositions sexuelles à une mineure. Dans son téléphone, plus de 80 000 fichiers, dont 44 contenus à caractère pornographique, ont été trouvés. Il écope cette fois-ci d’une peine de prison ferme.

C’est une affaire qui fait tristement écho à l’actualité. Un homme de 41 ans, déjà condamné pour des faits de pédocriminalité et sous contrôle judiciaire, a de nouveau été surpris en train d’échanger avec des mineures.

Piégé par un faux profil créé par l’association Les enfants d’Argus, qui lutte contre la pédocriminalité sur internet, l’homme croyait parler avec une enfant de 11 ans.

Ce jeudi, il comparaissait libre pour des faits de diffusion de message à caractère violent ou pornographique, propositions sexuelles à une mineure de 15 ans (11 ans dans cette affaire) et pour détention d’images pédopornographiques.

44 fichiers pédopornographiques

En octobre 2024, les gendarmes se sont penchés sur le profil d’un homme dont le « comportement déviant » avait été signalé aux autorités, par l’association qui l’a piégé. Les enquêteurs ont rapidement identifié cet homme, déjà condamné en septembre 2024 pour des faits identiques.

Plus de 80 000 photos et vidéos, dont celles d’un nombre important de mineures, et 44 contenus pédopornographiques d’une extrême violence ont été retrouvés dans son téléphone.

Le quadragénaire, qui passait tout son temps libre derrière les écrans, entretenait d’innombrables conversations à caractère sexuel sur les réseaux sociaux avec des hommes, des femmes et beaucoup de mineurs. Les faits reprochés se concentrent sur cette discussion avec une enfant de 11 ans, derrière laquelle se cache le faux profil de l’association.

Il envoie des photos de son sexe

Les âges sont clairement mentionnés des deux côtés. Mais ça ne gêne aucunement le prévenu.

« Je suis nu sur mon canapé », écrit-il. « Tu voudrais tenir ma b*** ? »

La jeune fille fictive, choquée, montre sa désapprobation. Mais il insiste, lui demandant

« Si elle a déjà vu un pénis dans les cours de sciences »

Il finit par lui envoyer une photo de son sexe. « Beurk ! » répond l’enfant. « Pourquoi tu fais des photos comme ça. C’est chelou. » La victime coupe court à la conversation.

Le prévenu, lui, continue de demander des « photos dénudées » à la jeune fille.

« Ça vous excite de parler avec des mineurs ? » le confronte la présidente.

« Ça ne me fait rien », répond vaguement le prévenu, loin d’être loquace. La présidente l’interroge sur les photos de viols d’enfants retrouvées dans son téléphone. « J’ai oublié de les supprimer », se défend le prévenu.

« Vous êtes vous-même père d’un enfant de 12 ans. Qu’est-ce que ça vous ferait si c’était votre fils sur ces photos ? »

L’homme baisse la tête et répond après une longue hésitation : « Je serai en colère. » Concernant sa « déviance sexuelle », le prévenu dit « ne pas l’avoir évoquée » avec son psychiatre, chargé de son suivi depuis un an.

« Ça fait un an et demi qu’il n’a rien fait »

« Qu’est-ce qui nous prouve que, si on regarde dans votre téléphone, on ne va rien trouver ? » s’interroge Arnaud Grécourt, procureur de la République, qui requiert une peine de quatre ans de prison dont trois ans de sursis probatoire, assorti d’une obligation de soins et une interdiction de contact avec des mineurs.

« Ça fait un an et demi qu’il n’a rien fait », défend Me Breitner qui a tenté de rassurer le tribunal.

« Il était dans un désert affectif et il est allé chercher le contact et l’écoute un peu partout. Aujourd’hui, il a une vie sociale. Il n’est plus derrière les écrans. »

Emmanuel Michaux a été reconnu coupable et a été condamné à quatre ans de prison ferme, dont trois seront aménagés sous bracelet électronique, ainsi que trois ans de sursis probatoire.

Il est définitivement interdit d’exercer un travail en lien avec des mineurs.

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