Couverture du livre La guerre contre nos enfants
La guerre contre nos enfants
Plus qu’un livre, l’aboutissement de dix années de combat de terrain. Un guide accessible pour comprendre, prévenir, alerter et agir face à la pédocriminalité.

Guingamp | Viol d’une adolescente près de la gare

Le suspect renvoyé devant un juge d’instruction

Un homme devait être jugé ce jeudi 2 décembre 2021 à Saint-Brieuc pour atteinte sexuelle sur mineur et outrage sexiste. Mais le tribunal a estimé que la gravité des faits exigeait qu’un juge d’instruction s’empare du dossier… et l’oriente éventuellement vers la cour d’assises.

Tribunal correctionnel de Saint-Brieuc, ce jeudi.

Entre deux gendarmes, l’homme qui s’avance à la barre n’est pas de la toute première jeunesse.

Il peine à remonter un pantalon qui stagne à la moitié des fesses.

Mais il finit par faire face, du mieux qu’il peut, à la présidente de l’audience.

La magistrate lui explique d’emblée que son cas fait débat.

Il pourrait être jugé ici pour un délit.

Mais ce qu’il a fait pourrait relever davantage du criminel.

Le prévenu habite à Guingamp.

Il est suspecté d’avoir commis des outrages sexistes à l’endroit de plusieurs adolescentes, à qui il a destiné quelques propos ignobles devant l’entrée d’une grande surface.

Mais surtout, il aurait commis un viol dans les toilettes de la gare de Guingamp, en novembre 2019.

Ce jour-là, il importune longuement des lycéennes qui attendent une navette pour se rendre dans leur établissement scolaire.

L’une d’elles, qui est intervenue à plusieurs reprises pour tenter de l’éloigner, se retrouve finalement seule dans la gare.

Il vient s’asseoir face à elle.

Elle prévient les gendarmes, qui se déplacent et chassent l’importun.

C’est lorsqu’elle se rend aux toilettes qu’elle croise de nouveau l’individu.

« La jeune fille présentait des traces de griffures importantes dans le dos. Scolarisée en internat, plusieurs témoins évoquent ses terreurs nocturnes »,

a résumé la présidente.

La procureur a renchéri :

« Je vais vous demander de renvoyer le ministère public à mieux se pourvoir […] On a des faits atroces, qui doivent être examinés par un juge d’instruction, pour savoir si son cas relève d’une cour d’assises ».

En fin d’après-midi, le parquet a ouvert une information judiciaire à son encontre, et le dossier de viol a rejoint de nombreux autres, dans le cabinet d’un juge d’instruction briochin.