Gouvieux | Fernand Jeanclaude, le papy pédophile coupable de viols sur une fratrie

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Lé pédocriminel estime que les enfants étaient « livrés à eux-mêmes » !
photo d'une peluche tenue tristement par un enfant seul sur un banc
Un tiers des Canadiens affirme avoir subi des violences sexuelles ou physiques lorsqu'ils étaient enfants ou adolescents
Selon les enfants, âgés de 11 et 9 ans à l’époque des faits, le voisin se met à leur « faire des trucs ». En l’occurrence, des pénétrations digitales et des palpations du sexe. Des viols qui sont pourtant qualifiés d’agressions sexuelles !

Oise : un octogénaire condamné à trois ans de prison ferme pour agressions sexuelles sur mineurs

L’homme s’en est pris régulièrement à deux enfants dans le camping de Gouvieux.

Alors en grande détresse, leur père pensait avoir trouvé en ce voisin déviant, dont il ignorait les agissements :

« Une épaule sur laquelle s’appuyer ».

En larmes, Nicolas* prend la parole.

« À son âge, il va bientôt mourir et il n’aura jamais dit la vérité. C’est horrible ».

Le visage noyé par les pleurs, cet adolescent de 15 ans est le dernier à s’exprimer à la barre du tribunal correctionnel de Senlis, mercredi 4 novembre.

Il vient d’y passer l’après-midi, à relater les agressions sexuelles dont lui et sa petite sœur Julie* ont été victimes durant au moins une année, entre 2015 et 2016, alors qu’ils étaient âgés de 11 et 9 ans.

Sur le banc des prévenus, Fernand Jeanclaude, 81 ans, l’ancien voisin de leur père au camping de Gouvieux, où se sont déroulés la majorité des faits.

S’il a nié ces agressions sexuelles jusqu’au bout, l’octogénaire a été condamné à quatre années de détention dont une avec sursis.

Nicolas et Julie ont grandi dans l’Oise jusqu’en 2013 et le divorce de leurs parents. S’ils partent vivre avec leur mère dans l’ouest de la France, ils reviennent régulièrement voir leur père, qui s’est installé dans un mobile-home du camping de Gouvieux.

La parcelle voisine est alors occupée par un couple de septuagénaires, Fernand Jeanclaude et sa femme, qui y réside huit mois par an. Père de deux enfants, grand-père de cinq petits-enfants, l’homme dira s’être pris d’affection pour les deux petits voisins, qu’il estime « livrés à eux-mêmes ».

Fernand endosse alors le rôle de la figure paternelle.

Il plaide aujourd’hui :

« Ce n’était pas normal de les voir regarder la télé toute la journée ».

Mais, selon les enfants, les choses dérapent rapidement et le voisin se met à leur « faire des trucs ».

En l’occurrence des pénétrations digitales. Nicolas évoquera également des palpations sur son sexe, tout comme sa sœur.

Par ailleurs, l’homme aurait lavé plusieurs fois les enfants, profitant de l’occasion pour poursuivre ses sévices.

Nicolas relatera :

« C’était aussi gênant quand on allait à la piscine, il me savonnait sous les douches ».

Des faits qui, selon lui, se seraient produits une soixantaine de fois.

Paraissant étonné par ces accusations, Fernand ne reconnaît qu’une fessée ou deux données au garçon.

« C’est vrai que je n’aurais pas dû. Mais il se promenait toujours nu chez son père ».

Une défense surprenante et réfutée par l’ensemble de la famille qui décrit, au contraire, un enfant pudique.

Un témoignage renforcé par celui de Julie qui, alors que Fernand Jeanclaude s’est glissé un matin dans la chambre qu’elle occupe avec son frère, assiste à une scène.

« J’ai fait semblant de dormir pour l’éviter mais je l’ai vu mettre sa main dans le caleçon de mon frère. »

Lors de l’enquête, l’entourage de l’octogénaire tombera des nues, assurant que rien dans son comportement n’avait jamais laissé penser à la moindre dérive pédophile. Mais, si sa femme confirme avoir souvent vu Julie chez eux, elle assure que Nicolas était rarement présent.

L’inverse du récit livré par le prévenu à la barre, qui disait avoir surtout tissé des liens avec le garçon.

Le père, qui vit avec la culpabilité de ne rien avoir vu, assure avoir été victime d’un abus de faiblesse. Isolé au sortir de son divorce, en proie à de graves problèmes de santé, il pensait avoir trouvé chez Fernand une épaule sur laquelle s’appuyer.

« Avec le recul, c’est vrai que j’aurais dû me poser plus de questions, souffle-t-il. Les enfants m’avaient assuré que tout allait bien mais j’aurais dû faire mieux. J’étais tellement seul que je n’ai peut-être pas voulu le froisser. La solitude c’est terrible. »

La question du discernement des enfants aura longtemps occupé les débats.

Pourquoi n’ont-ils rien dénoncé avant ? De sa voix fluette mais assurée, Julie aura coupé court sur ce point.

« À l’âge que j’avais, je ne me posais pas toutes les questions qu’on me pose aujourd’hui. J’essaye d’oublier mais ça me serre encore le ventre quand j’y pense. »

 

* Les prénoms des victimes ont été changés

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