Genève – Suisse | Il viole son neveu et son fils de deux et trois ans pendant quatre années

Comment cela a pu se produire pendant aussi longtemps, sans qu’on s’en aperçoive ?

C’est la question qui a été martelée par deux couples, hier au tribunal correctionnel genevois.

Leur interrogation était adressée à Mario*, un Genevois de 38 ans accusé d’avoir fait subir des actes pédophiles à leurs fils respectifs, entre 2011 et 2015.

Nous n’avons rien vu, rien soupçonné.

Nous lui faisions confiance

ont insisté les divers membres de ces familles, tous présents pour cette audience haute en émotions.

 

Des proies rapprochées

La première victime de Mario a été son neveu, âgé de 2 ans au moment des faits.

Il était très présent dans notre famille, raconte le beau-frère de cet homme incarcéré depuis un an à la prison de Champ-Dollon.

Il venait tous les week-ends à la maison et partait en vacances avec nous.

Nous nous sommes fait totalement berner.

Avocate de la famille, Me Laura Santonino a pour sa part dénoncé la fréquence des agressions.

Pendant toutes ces années, vous avez profité du petit à au moins septante reprises, a-t-elle souligné, devant la cour.

Dès l’âge de 5 ans, le garçon commence à s’opposer aux attouchements pervers de son oncle.

Il a donc cherché une autre victime

relève Me Robert Assael, qui représente la deuxième proie du prédateur.

La nouvelle cible de Mario n’est autre que le fils âgé de 3 ans d’un de ses proches amis.

Pour lui, cet enfant était un jouet sexuel, s’est énervé l’avocat.

Il a sciemment manipulé mes clients pour parvenir à ses fins.

Il s’en prend à des tout jeunes, parce qu’ils sont vulnérables et dociles.

Ils ne résistent pas.

 

«Longue thérapie»

Le Ministère public a requis 7 ans de peine privative de liberté, assortie d’une thérapie d’au moins cinq ans.

La prise de conscience du prévenu n’est pas assez aboutie, a estimé la procureure Fabienne Hugener.

L’accusé souffre de pédophilie, avec un risque de récidive à long terme.

Il a donc besoin d’une psychothérapie avec un long suivi.

Malgré les témoignages accablants des victimes, Mario a tenu à exprimer son «envie de reprendre contact» avec son neveu, à sa sortie de prison.

Interrogé sur ses futurs objectifs professionnels, cet ancien employé de commerce a manifesté une volonté de travailler dans les parcs et dans les jardins «par amour du plein air».

Des déclarations balayées par sa sœur, mère du premier garçonnet.

Tant que mes enfants sont mineurs, Mario ne les verra jamais, a-t-elle affirmé.

Aujourd’hui, mon fils va bien.

Mais quelles seront les répercussions sur sa vie ?

Nous devrons rester attentifs à son comportement dans les années à venir.

Verdict aujourd’hui.

Source: Le Matin

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