Évreux | Le calvaire d’une petite fille de 7 ans dans une école rurale

Calvaire. Pendant un an et demi, Léa a été harcelée, insultée, frappée, humiliée par deux garçons de sa classe. Au point d’avoir formulé des envies de suicide. À seulement 7 ans…

Dans les dessins de Léa, des envies de suicide pour échapper aux deux garçons qui la tourmentaient

Sur la table du salon, sa maman étale les dessins de Léa (prénom d’emprunt). Des cercueils, des petites filles étranglées, un ventre sanglant : difficile d’imaginer que ce soit l’œuvre d’une fillette de 7 ans.

Et pourtant… C’est de cette façon que Léa a pu exprimer ce qu’elle vivait au quotidien, au CP puis en CE1, dans une école rurale au sud d’Évreux. Ce qui aurait pu passer dans un premier temps pour de la phobie scolaire est devenu un cas avéré de harcèlement scolaire.

Pendant un an et demi, Léa a été la cible des insultes et aussi des coups de Théo et Maxime (prénoms d’emprunt). Jusqu’à ce qu’elle rentre et craque : « Elle a dit : ‘‘soit ça s’arrête, soit je mets une corde autour de mon cou’’, raconte sa maman. On avait essayé de parler aux parents des garçons, mais sans résultat. Là, on en était arrivé à un point tel que nous avons vu un médecin. » Léa raconte son calvaire ; ses parents la soutiennent. Le médecin de famille puis un praticien mandaté en arrivent à la même conclusion. Cela se traduit par 48 jours d’ITT. L’affaire est portée à la connaissance de la gendarmerie locale, « où nous avons été très bien reçus et écoutés, souligne la maman. Les gendarmes ont auditionné tout le monde. »

Le cas de Léa remonte aussi à l’inspection académique. Qui prend également l’affaire au sérieux. « C’est ce qu’on voulait vraiment, assure la maman. Que l’académie reconnaisse que notre fille était bien une victime. La procédure judiciaire, c’est autre chose. » Dans son rapport, l’inspection académique est catégorique : Léa « a été identifiée comme victime de faits graves ayant engendré des troubles de l’équilibre psychologique et émotionnel. » Les professionnels, notamment psychiatres, qui ont discuté avec Léa, ont confirmé son état. « Il y avait un vrai risque de passage à l’acte. Quand vous avez votre fille de 7 ans qui parle de se pendre ou de prendre un couteau et de se le mettre dans le ventre… C’est comme ses dessins : ça ne devrait pas exister. On a vraiment failli perdre notre fille. »

Depuis quelques semaines, Léa a changé d’école. Elle est aujourd’hui dans le privé. « Quand ça a été confirmé le 29 mars, on a senti qu’un poids énorme était retiré à notre fille. Aujourd’hui, même si elle va redoubler son CE1, elle retrouve le sourire, l’envie de faire ses devoirs », même si un suivi pédo-psychiatrique continue, avec des anti-dépresseurs entre autres. Quant à Théo et Maxime, ils vont être placés dans deux établissements différents à la rentrée des vacances de Pâques.

Pour des raisons de protection des victimes mineures, tous les prénoms ont été modifiés.

Source : paris-normandie.fr

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