Dunkerque | Jugé pour récidive de viols, agressions sexuelles et violences sur mineurs

non

L’enquête permettra de révéler que trois autres enfants ont subi viols, violences et agressions
photo d'une femme agressée plaquée au sol maintenue et molestée
Ce mercredi 1er septembre s’ouvre, à la Cour d’assises du Nord, un procès impliquant un Dunkerquois accusé de viols, agressions sexuelles et violences sur quatre enfants. Son ex-femme est, quant à elle, accusée de ne pas avoir dénoncé les faits.

Les faits:

Les 1er, 2, 3 et 6 septembre, deux Dunkerquois seront présentés à la cour d’assises du Nord.

Les faits retenus sont : récidive de viols et d’agressions sexuelles, ainsi que violences pour l’accusé et de non-dénonciation de crime pour son ex-femme.

Quatre enfants sont concernés par ces faits.

Tous sont aujourd’hui encore placés.

Le papa de l’un d’entre eux s’est constitué partie civile:

«Cette affaire a cassé la relation que mon client avait avec sa fille. Et il en souffre énormément. »

C’est la colère d’un père que portera maître Anaïs Pascal devant la Cour d’assises du Nord durant quatre  jours, à compter de ce mercredi 1er  septembre.

L’avocate dunkerquoise représente le papa d’une jeune fille, aujourd’hui âgée de 14 ans, qui s’est constitué partie civile dans un dossier aussi sombre que malsain.

Des traces de coups et des rougeurs

Le 21 mars  2013, une mère de famille constate la présence de marques sur le visage de sa fille.

Son mari, qui est le beau-père de la petite*, alors âgée de 6 ans, explique l’avoir récupérée dans cet été, alors qu’elle était gardée dans la sphère familiale.

L’enfant, elle, raconte que son frère est à l’origine des sévices.

Le lendemain, alors qu’elle fait la toilette de sa fille, la maman constate des rougeurs au niveau de son sexe.

La petite fille désigne alors son beau-père et précise que les faits se sont produits une fois ou deux.

Elle ne sait plus vraiment.

La mère se rend au commissariat de Dunkerque et dépose plainte, le 22 mars, pour violences et agressions sexuelles.

L’enquête permettra de révéler que trois autres enfants, de pères différents, ont subi pour l’un des viols et des agressions sexuelles, pour le deuxième des violences, et pour le troisième des agressions sexuelles et des violences.

L’accusé nie les faits

Des menaces de violences, afin que les enfants gardent le silence, sont aussi rapportées.

Des faits, niés par l’accusé, qui ont conduit au placement des enfants et au divorce du couple.

La mère de famille*, aujourd’hui remise avec le papa de sa fille – qui s’est porté partie civile -, est accusée de ne pas avoir dénoncé les faits.

Maître Anaïs Pascal souligne:

« Mon client attend qu’il soit condamné. Que justice soit faite (…). Il lui en veut énormément. »

« C’est une instruction qui a duré longtemps, souligne maître Anaïs Pascal. L’accusé a fait de la détention provisoire. »

Aujourd’hui, il est placé sous contrôle judiciaire.

Et les enfants (à l’exception du dernier), toujours placés, sont encore traumatisés par cette terrible affaire. « Ce sont des enfants qui vont mal, qui sont carencés. »

Si le papa de la fillette a décidé de se porter partie civile, c’est d’abord pour son enfant, mais aussi dans son propre intérêt.

L’avocate fait valoir:

« Sa fille est placée. Les liens sont presque rompus. Mon client est quelqu’un qui a connu des galères, c’est compliqué sur le plan financier, mais c’est un homme courageux. »

Privé de son enfant, il entend pouvoir profiter de ce procès pour exposer la haine qu’il ressent pour l’accusé.

Elle rajoute:

« Mon client attend qu’il soit condamné. Que justice soit faite. Il veut lui dire qu’il a gâché la vie de sa fille et la sienne. Il lui en veut énormément. »

*Contactés, les avocates et les accusés ne souhaitent pas s’exprimer.

Le Département se constitue partie civile

Les 1er, 2, 3 et 6 septembre, l’homme accusé de faits de viols, agressions sexuelles et violences sera représenté par maître Amandine Buczinski.

Son ex-épouse, accusée de non-dénonciation de crime, sera quant à elle représentée par maître Loreleï Vitse.

Sur le banc des parties civiles, on retrouvera maître Anaïs Pascal aux côtés du père d’une des victimes. maître Frédéric Dartigeas assistera, quant à lui, le Conseil départemental du Nord.

Lors d’un procès, les mineurs sont habituellement représentés par les parents titulaires de l’autorité parentale.

Mais il arrive que ces derniers ne soient pas en mesure de représenter leur enfant.

Dans ce cas précis, l’article 706-55 du code de procédure pénale prévoit la possibilité de désigner un administrateur ad hoc pour les représenter.

La désignation est réalisée par un magistrat.

Le recours à un administrateur ad hoc peut être nécessaire lorsque les intérêts de l’enfant sont en opposition avec ceux de ses représentants légaux ou lorsque la protection de l’enfant n’est pas complètement assurée par ces derniers.

C’est alors cet administrateur qui va être chargé de représenter les intérêts de l’enfant.

Source(s):